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A Alep, les familles dorment dans une seule pièce pour éviter de mourir séparément

Temps de lecture : 2 min

Même les hôpitaux et les centres de sauvetage sont bombardés par les aviations russes et syriennes.

Des Syriens réagissent aux bombardements sur Alep, le 27 septembre 2016. KARAM AL-MASRI / AFP.
Des Syriens réagissent aux bombardements sur Alep, le 27 septembre 2016. KARAM AL-MASRI / AFP.

Depuis le jeudi 22 septembre, les bombardements de la ville d'Alep par l'aviation russe et le régime syrien ont fait des centaines de morts. Cette offensive brutale, qui tue de nombreux civils dans les quartiers densément peuplés de l'est de la ville, est considérée comme une des pires depuis le début du conflit il y a cinq ans. Selon l'ambassadeur de Grande-Bretagne à l'ONU, «les Syriens sont atuellement confrontés à une vague de cruauté continuelle et sans précédent».

Après les bombardements, les secouristes du groupe des Casques Blancs cherchent les victimes en vie sous les décombres des immeubles. Certaines de ces opérations de sauvetage ont été filmées, comme ici:

Un des bénévoles du groupe, Ammar al-Selma, a dit au Washington Post qu'il leur arrivait d'intercepter des communications de l'aviation syrienne:

«Parfois, on entend un pilote dire à sa base: “Nous voyons un marché pour terroristes, voici une boulangerie pour terroristes, est-ce que c'est OK de frapper?” Ils disent OK, frappez. A chaque fois, ils utilisent le mot "terroriste".»

Les centres de Casques Blancs sont apparemment aussi considérés comme des zones «terroristes»: l'un d'eux a été bombardé à Alep la semaine dernière.

Les gouvernements russes et syriens accusent les forces rebelles d'Alep de ne pas avoir pris leurs distances par rapport aux groupes djihadistes, mais leurs bombardements visent surtout des civils, y compris ceux qui sont à l'hôpital. Dans les quartiers d'Alep actuellement sous les bombes, les enfants représentent environ 40% de la population.

Toujours selon le Washington Post, «des familles entières dorment dans une seule pièce, parce qu'elles préfèrent mourir ensemble que créer des orphelins, des veuves ou des parents en deuil». Lorsque les équipes de sauveteurs sont trop occupées pour aider après chaque bombardement, les résidents écrivent sur les débris les noms des familles enterrées pour que les corps puissent un jour être retrouvés.

Le travail de sauvetage est d'autant plus difficile qu'il est déjà arrivé qu'une famille sauvée des débris par les Casques Blancs meure le lendemain dans un autre bombardement:

«Cela nous a désespéré. Ils ont tué notre travail, déclare al-Selma. Ils ont détruit ce que nous avions fait pendant plusieurs heures. Cet avion nous a envoyé un message: nous tuons les gens partout où ils vont.»

Slate.fr

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