Jean-François Copé: identité nationale, réussir le débat
Il est vital de retrouver les raisons de vivre et de réussir ensemble.
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En pleine campagne législative, en mai 1997, j'ai vécu une rencontre qui m'a profondément ébranlé. J'avais 32 ans et j'étais pétri des certitudes que m'avaient transmises mes professeurs: le culte de l'Etat infaillible au service de la Nation éternelle. Nouvellement élu, je pensais que la politique était facile. J'avais alors été abordé par une jeune mère de famille française d'origine algérienne, que j'avais déjà rencontrée à plusieurs reprises.
A la fin de notre discussion, elle s'était tournée vers son fils, âgé d'une dizaine d'années, en lui disant: «Regarde, c'est le maire. Si tu veux lui demander quelque chose, profites-en.» Encore bercé par les grands principes appris à l'ENA, j'avais voulu donner à ce garçon une belle leçon de civisme en lui citant la fameuse phrase de Kennedy: «Tu ne dois pas te demander ce que ton pays peut faire pour toi mais ce que tu peux faire pour ton pays.» La ficelle était un peu grosse mais c'était ma manière de contribuer à l'éducation à la citoyenneté que tout élu local doit à ses jeunes administrés. La réponse du petit garçon ne se fit pas attendre: «Mais maman, quand est-ce qu'on rentre dans mon pays?»
Depuis, je me demande encore ce que ce petit Français, né en France, avait dû entendre dans sa famille pour croire qu'il était en exil et que son pays n'était pas la France, alors qu'il n'avait jamais vu aucun autre pays. Cette réflexion m'avait tétanisé. Je prenais soudain la mesure de la fragilité de notre communauté nationale. Toute la construction intellectuelle que je m'étais faite sur le thème de l'intégration s'écroulait.
Depuis, je suis convaincu que la question de l'identité nationale doit être un thème structurant du débat dans notre pays. C'est une question qui ne se pose pas seulement pour les Français issus de l'immigration récente mais qui interpelle chaque citoyen, quelle que soit sa région, son origine, sa couleur de peau, sa confession... Notre nation se fissure en silence parce qu'il n'y a pas de discours sur l'identité.
Depuis une trentaine d'années, nous avons commis l'erreur de ne pas expliquer ce que cela signifie «être Français aujourd'hui». On a fait comme si la population d'aujourd'hui était la même qu'il y a cinquante ans, en oubliant l'évolution de sa composition, de ses origines, de ses pratiques religieuses, de ses modes de vie... La population issue de l'immigration de la seconde moitié du XXe siècle n'a toujours pas reçu les codes d'accès. Cela a conduit à des tensions grandissantes au sein d'une population composée de gens qui sont tous Français mais qui, parce qu'ils n'ont pas eu les repères nécessaires, ne se parlent pas, ne s'écoutent pas, ne se respectent pas.
Il est vital de retrouver les raisons de vivre et de réussir ensemble pour prolonger l'aventure française en tenant compte de la diversité de notre société. C'est ma conviction profonde et c'est pour cela que j'ai lancé Génération France.fr dont la réflexion depuis 2006 porte sur l'identité. J'avais encore évoqué ce thème sur Slate en mai dernier en proposant une grande concertation auprès de tous les Français, qui pourrait s'inspirer de la démarche lancée au Canada en 1991, «le forum des citoyens pour l'avenir du Canada.»
Le Gouvernement a lancé le débat sur l'identité nationale. C'est une opportunité à saisir. Avec les députés UMP d'une part, et GénérationFrance.fr d'autre part, j'y apporterai ma contribution. Mais ce débat n'aura d'intérêt que si l'on ne se trompe pas sur la méthode et les enjeux. Il y a à mon sens trois écueils à éviter et trois idées cruciales à assumer totalement.
Premier écueil: faire de ce débat un prétexte politicien. De ce point de vue, je regrette de voir qu'on est malheureusement mal parti. Je m'inquiète de voir, de tous côtés, la course à celui qui s'appropriera le débat au détriment des autres. Or l'identité nationale n'appartient à personne. Elle concerne chacun d'entre nous, bien au-delà des clivages partisans. Ce débat ne doit pas servir à diaboliser ou diviser. Il doit être l'occasion de réfléchir tous ensemble.
Deuxième écueil: réduire cette grande réflexion structurante pour notre pays à un petit gadget ponctuel. Mener un débat sur deux mois et demi dans toutes les préfectures et sous-préfectures et terminer sur un colloque c'est un point de départ, un « tour de chauffe » ! Mais cela ne suffit pas. Ne croyons pas que nous aurons clôturé en deux mois une réflexion qui doit être permanente !
Dernier écueil: impliquer uniquement des experts et des responsables politiques. Nous avons bien sûr besoin des avis éclairants d'historiens, de philosophes, d'intellectuels... mais surtout ce sont les Français qui doivent s'approprier ce débat, dans leurs cercles d'amis, dans leurs associations, dans leurs entreprises... Avec les députés UMP, nous avons décidé d'organiser des consultations dans nos circonscriptions et de créer un site de débat sur Internet pour aller à l'écoute des Français au plus près du terrain. Je salue l'initiative de Slate qui invite chacun à contribuer à cette démarche ici-même.
Au-delà de ces écueils de méthode, ayons toujours en tête que l'identité est une réalité complexe. Elle renvoie autant à des aspects collectifs qu'à des questionnements très intimes. Elle ne se substitue pas à toutes les identités mais peut s'articuler avec d'autres éléments identitaires. Elle ne se décrète pas, elle se construit. Davantage par la réflexion personnelle, le dialogue, la transmission que par la loi. Je veux insister sur trois piliers qui constituent l'identité et devront structurer le débat. Si on en oublie un, on passera à côté du sujet.
Etre Français, c'est s'approprier l'histoire de ce pays, riche de sa diversité, quand bien même nous ne sommes évidemment pas tous descendants des Gaulois. Tous les Français, quelle que soit leur origine, doivent pouvoir s'inscrire avec fierté dans cette histoire, en assumant ses heures de gloire et ses parts d'ombre. Jeune Français né de parents algériens, petit Français de sang mêlé dont le grand père est arrivé en France pendant l'entre-deux-guerres, comme c'est mon cas, ou Corses Français depuis des générations, nous sommes tous légitimes à nous reconnaître dans cette histoire pour mieux la prolonger aujourd'hui. Cela n'empêche pas le débat sur le passé. Bien au contraire, l'histoire est faite de plusieurs voix et c'est par la recherche permanente d'une meilleure connaissance de notre passé, dans toute sa complexité, que se construit l'héritage commun. Je suis par exemple persuadé que nous avons besoin de parler sans tabou de toutes les blessures cachées liées à la guerre d'Algérie qui marquent aujourd'hui des millions de Français - rapatriés, harkis, anciens soldats ou appelés, immigrants, et tous leurs enfants...
Mais une identité ne peut pas se confondre avec des origines. Elle se ne résume jamais au passé ! Etre Français, c'est partager des valeurs. Nous devons refaire le point ensemble sur ce qu'implique notre devise « Liberté, égalité, fraternité » en ce début de 21ème siècle. Il y a des principes républicains qui fondent le vivre ensemble et sur lesquels nous ne pouvons pas transiger. Le port de la burqa dans l'espace public, par exemple, est incompatible avec nos valeurs et contraire à la dignité de la personne humaine. Je me suis ainsi prononcé pour une loi d'interdiction, précédée d'une phase de dialogue avec les personnes concernées. Mais la République doit aussi être capable de s'adapter à la société française d'aujourd'hui.
Par exemple, il y a eu un temps où la République a construit son unité sur la négation des différences et des particularités régionales. Devons-nous continuer à considérer la culture bretonne comme une menace pour la Nation? Evidemment non! Tout en rejetant le multiculturalisme, faut-il refuser à des élèves d'origine maghrébine la possibilité d'apprendre à l'école républicaine la langue de leurs grands-parents surtout lorsqu'elle leur ouvre des débouchés professionnels? J'ai la conviction qu'il faut offrir à ceux qui le souhaitent la possibilité d'apprendre l'arabe au sein de l'Education nationale, plutôt que dans les caves ou dans les garages. Ayons donc ces débats en profondeur. Il s'agit de se mettre au clair sur les droits et les devoirs des citoyens de ce pays pour renforcer la communauté nationale. Parmi les devoirs à l'égard de notre pays, je milite pour la création d'un service civique obligatoire pour tous les jeunes Français. Chacun pourrait contribuer pendant quelques mois à un service d'intérêt général et manifester ainsi son appartenance à la Nation de façon constructive. Là encore, je considère que cette question mérite d'être abordée dans le cadre du débat sur l'identité nationale.
Etre Français, c'est surtout vouloir construire un avenir ensemble. Comment faire de la France une terre de réussite individuelle et collective, pour tous les Français? Comment assurer l'égalité des chances de chacun? Qu'ils viennent du centre de Paris, des quartiers populaires de Meaux ou d'un hameau de Lozère, je suis triste quand je vois certains jeunes Français considérer qu'ils n'ont pas d'avenir ici, parce qu'ils sont persuadés qu'on leur fera davantage confiance ailleurs.
Je crois qu'en respectant ces quelques points de méthode, nous pouvons sereinement nous engager dans ce débat. Il doit poser les bases d'une réflexion qui ne peut évidemment pas s'arrêter à la fin du mois de février. Vous l'avez compris, mon désir, ce qui motive mon engagement politique, c'est qu'en recroisant dans quelques années le jeune Meldois que j'évoquais plus haut, il puisse me dire sa fierté d'être Français, son bonheur d'avoir construit sa vie dans ce pays, son envie de transmettre les valeurs nationales à ses enfants. Et naturellement sa volonté de rendre un peu de ce qu'il a reçu de son pays, la France...
Jean-François CopéVous pouvez lire également sur Slate.fr et sur la question de l'identité nationale ces articles et ces témoignages présentant des points de vue très différents: Les raisons du retour du débat sur l'identité nationale, L'identité nationale de la France, c'est de ne pas en avoir, Combien d'étiquettes devrais-je encore porter? et Il ne faut pas confondre nationalité et sentiment d'appartenance.
Slate.fr lance un appel à ses lecteurs: C'est quoi, pour vous, être français? Envoyez-nous vos contributions, vos témoignages, à etrefrançais.slate @ gmail.com. Nous publierons vos tribunes à raison d'une par jour pour qu'elles soient visibles et lues.
Image de Une: Supporter français en 1998, lors de la Coupe du monde de football/Reuters, Ian Waldie
Mis à jour le 06/11/2009 à 0h01













































a garder
"Notre nation se fissure en silence parce qu'il n'y a pas de discours sur l'identité."
Croyez-vous vraiment que notre peuple manque de discours ? Et qu'ajouter des discours aux discours pourra arranger les choses ?
Je suis d'accord avec cet article dans son ensemble, mais une fois de plus, vous ne parlez pas de la langue française comme socle de l'identité française.
Et pourtant, qu'y a-t-il de commun entre un énarque, un paysan de la Lozère, un jeune Français de banlieue originaire du Maghreb, un planteur de bananes à la Martinique, un Caldoche de Nouvelle Calédonie, si ce n'est la langue française.
Comment, ainsi que vous le dites "s'approprier l'histoire de ce pays" si on n'en maîtrise pas la langue ?
Actuellement j'essaie d'aider un jeune élève de classe de seconde d'origine maghrébine, de dix-sept ans.
Il n'a jamais lu un livre de sa vie !
Je lui ai demandé de se procurer un Jack London de son choix, (en français) en s'aidant de la quatrième de couverture. Il l'a fait. Mais quand quelques jours plus tard je lui demandai : "Alors, ça avance ton livre ?" Il me répondit penaud :"Non, parce que je ne comprends pas ce que je lis ! "
Alors les discours...
Ben alors Mr Copé, en voila un billet sympathique comme on en voudrait plus souvent: du réalisme, du refus de la polémique, des idées... A garder comme l'ecris un precedent commentatuer à unbémol près.
"Je me suis ainsi prononcé pour une loi d'interdiction, précédée d'une phase de dialogue avec les personnes concernées" Si vous donnez le score du match avant la fin de la redif', on a plus envie de la voir. Et si, tout a fait par hasard, on peut rêver, le dialogue pouvait vous faire revenir sur ce projet de loi visant à l'interdiction...Je n'ai jamais aimé les débats inutiles et c'est ce que vs proposez par cette simple phrase.
Cordialement,
Mr Copé, à l'instar de ce personnage qui est si peu reconnaissant de vos efforts à le faire élire vous avez l'art de la litote et un goût prononcé pour la glissade. Vous introduisez votre joli discours par une anecdote qui n'a de sens que si l'on ignore la société dans laquelle on vit. Si vous voulez savoir ce qu'on a dit à ce gamin, allez plutôt vivre dans sa famille, dans son quartier, et pas le temps d'un serrage de main. Vivre, pour de vrai ! Vous y fairez une grande découverte, une identité c'est toujours multiple, le résultat de plusieurs influence, qu'elle vienne de notre famille, de là où on vit, de ce qu'on apprend ou même de ce qu'on regarde à la télé. Quand j'avais 5 ans, enfant précoce, je m'affirmais gaulliste, je regardais l'assemblée nationale, à laquelle je ne comprenais pas un mot, mais j'essayais de décoder le langage des adultes. J'ignorais que les hommes politiques le sont rarement, adultes. Mon grand-père était brittanique, jusqu'au bout des orteils, et quand ses frères se sont fait français, invasion allemande oblige, et bien il les a rejeté. Justement lui il ne se sentait obligé de rien, et surtout pas de s'excuser. Pour autant il s'est battu pour ce pays. Mais depuis le portugal, et au service des services secret anglais. On lui a donné la légion d'honneur pour ça, et tous les matins il faisait lever le drapeau, anglais et français... un personnage ! mais il a gardé sa nationalité et croyez bien que lui aussi il était profondément gaulliste et nest jamais retourné en angleterre, même si paradoxelement il se sentait aussi bien anglais que français, quand les Beatles ont été décoré, en bon anglais, il a renvoyé la sienne de décoration, un personnage donc... Pour autant sa nationalité lui interdisait de voter... mais pas de payer des impôts, ni de vivre ici, et d'y mourir. De la multiplicité de l'identité donc.
Ensuite vous venez nous affirmer que cette initiative ne doit pas être un prétexte politicien. Quand on évoque la terre dans l'idée d'identité nationale ça a de forts relants et des plus funestes. D'autant quand ce débat est un cheval de bataille du FN dont votre patron a sabré les voix en polissant un langage trop grossier, en lui donnant des termes assez bien plié pour rentrer dans les foyers sans y mettre complètement le feu. Bref il les a justifié ses thèses, et cette histoire d'identité en est une autre façon.
Pas un gadget dites vous ? Vous avez raison, c'est bien votre intention. Schématique mittérandienne d'un concept de campagne, d'abord on incarne la rupture ensuite on rassemble. On risque donc d'en manger jusqu'en 2012 de votre gadget. Du moment que ça fait élire n'est-ce pas. Parce que ce n'est rien de plus qu'une stratégie électorale, et c'est bien le plus facheux. Une stratégie idéale pour faire parler de soi, et encore de soi. Nicolas Sarkozy aime son égo, pas qu'on y résiste. A terme, quand on aura une idée de la définition approximative on pourra matraquer dans ce sens. Au reste Monsieur Copé ce n'est rien de plus qu'une technique de marché pour vendre des yaourts, et je sais de quoi je parle, j'ai fréquenté Tapiro...
Quand à partager les valeurs de la France, pardonnez mais c'est un peu flou. Lesquels, celle qui permet à Khadafi de faire camping ? Ou celle qui invite comme vous le faites de refaire causerie de l'algérie sans rembourser la dette colossale que l'état doit aux anciens combattants d'afrique du nord ? Celle qui décrit l'Afrique comme n'étant pas assez rentré dans l'histoire, pour citer le discours de Dakar, et qui s'étonne ensuite qu'un gamin ne se sentent pas ici chez lui ? Le port de la burqa ? Je suis contre, je suis athée, mais vous devriez vous faire expliquer le coran par un musulman, et pas un fondamentaliste avant de parler d'atteinte à la dignité humaine. C'est exactement le contraire. Parce qu'ici il s'agit peut-être de défendre des valeurs, celle de notre pays, mais surtout de faire de la retape. Quand à apprendre l'arabe, avec votre mépris affligeant vous nous dites qu'il s'apprend dans les caves et les garages, renseignez vous auprès de l'IMA vous serez surpris que vous aussi vous pouvez l'apprendre, dans une école... Et puis tant qu'à partager les valeurs, moi je me souviens de la loi 1905, c'est une valeur forte ici, la laïcité, pardonnez si j'ai un peu de mal quand votre patron vient nous expliquer qu'un instituteur ne remplacera jamais un curé de campagne...
Quand à construire un avenir ensemble, bravo pour le rappel sémantique d'un slogan de campagne, vous féliciterez vos assistants pour moi mais qu'en est-il des SDF qui devait disparaitre en 2 ans ? Des 25% d'augmentation de chômage (et encore le chiffre est largement minoré par les multiples chausse trappe qu'offre un questionnaire de situation assedic, être en stage ce n'est pas travailler). Des mal logés, comment vous concevez "vivre ensemble" quand on propose aux uns un milliard de subvention et ce en dépit 1) de la colossale dette française 2) que l'europe interdit ce genre de dupping tandis qu'aux autres on propose d'augmenter les impôts des collectivités locales ? Et je vous passe des 10 milliards donnés au banques, de cette lois qui devait être voté contre ces mêmes banques et qui a été retiré à une vitesse rare, des 170% d'augmentation de salaire (curieuse façon de concevoir le vivre ensemble) ou des coûts engendrés par des réformes inachevé et faites dans la préciciptaion (le SAMI, les hôpitaux, les tribunaux délocalisés, la réduction des effectifs militaires, même si cette dernière mesure est lucide elle n'en est pas moins organisée n'importe comment) Oui, au reste, si la raison économique et la raison privé ne me bloquaient pas ici je suis tout à fait certain qu'on me ferait plus confiance ailleurs, les pays anglo saxon n'ont par exemple pas besoin d'un blanc seing, avec cachet de vérification pour vous faire confiance, votre compétence et votre ambition compense généralement l'inexpérience. Pas ici. Et je ne suis pas un "jeune".
Et puis non d'ailleurs vous ne féliciterez pas vos assistants, votre dissertation part du particulier au général pour conclure sur l'introduction. Cette façon de faire parler l'anecdote c'est celle qu'on remarque quand dans les conversations on évoque l'autre, le phénomène étranger, extérieur. Luc Besson qui nous raconte qu'il a une gamine de 13 ans, untel qui nous parle de cette dame de l'anpe à qui on refuse des propositions d'emplois. Une dame, vérification faites qui n'a jamais existé mais qui sert bien un discours... c'est une façon d'identifier pour chacun une question un peu abstraite, lui donner un visage mais surtout motiver l'émotion. Et c'est bien ça le soucis, le politique tel que vous et particulièrement tel que votre patron ne tient qu'à susciter l'émotion, et à jouer dessus. Sans bien entendu tenir compte qu'un exemple ne signifie strictement rien, ne fais pas figure de loi ou même de tangibilité. D'ailleurs cette émotion, une nouvelle fois est bien ciblée, avec une couleurs particulière, vous y évoquez un jeune algérien, la burqa, la guerre d'algérie... c'est assez signifiant des intentions. Quand je vous cites mon grand-père par exemple, je ne peux pas en faire une généralité, au plus un contre exemple à vos envolées lyriques. Or si vous voulez parler d'identité le minimum c'est d'essayer d'en incarner un petit bout. . C'est à des philosophes et des historiens qu'il faut s'adresser, pas des pisses copies.
Bref merci pour la flute et le violon mais j'espère bien que votre petit Meldois vous dira un jour je me suis construit mon identité rien qu'à moi, quelle soit française ou serbo croate je m'en cogne, pour le moment j'ai la carte d'identité, je peux travailler ici même si mon coeur est ailleurs, cette identité elle ne vous appartient pas et c'est tant mieux.
L'identité nationale , la Nation , la Patrie sont des concepts à ne point trop approfondir avec le Peuple....lui parler de Renan , de Seyès , de Péguy c'est inutile , élevé qu'il est dans la faillite de l'Éducation Nationale et nourri à la Star Academy..
La pédagogie c'est aller vers l'autre , vers la masse avec des mots simples mais chargés . Etre Français c'est avant tout aimer et par dessus tout préférer la laïcité au communautarisme , c'est adhérer à la liberté , à l'égalité et à la fraternité , c'est respecter les lois de la République .....L'adhésion des nouveaux Français ne se fera que si nos hommes politiques respectent eux-mêmes le triptyque républicain . La loi dans sa rigueur et dans son application sans complaisance ( même et surtout à l'égard d'un Président ou des représentants du Peuple ) ajoutera au succès du concept de la Nation .
Cette "dispute" nationale naît de l'aversion à l'Islam , pourquoi le nier...l'anti-sémitisme est né lui aussi de l'aversion aux écrits talmudiques.
Motalité : l'union nationale se fera par-dessus les croyances religieuses en couronnant la laïcité.
M.Coppé après toutes les affaires depuis des mois après une modification de la constitution qui met les élus aux pas du gouvernement le contraire de l'esprit de la nlle constitution , la ficelle de l'identité nationale est un peu grosse mais il est vrai que le gouvernement et la majorité est incapable de remettre le pays dans un sens de marche productif.
Concernant le sujet de votre article je suis d'abord Français puis Corse.
Mon job me permet de voyager dans de nombreux pays plus de 40 à ce jour, j'ai toujours eu pour devise de défendre l'image de notre France, mais lorsque je reviens quelle tritesse de voir que les grands principes qui ont fondés notre identité LIBERTE EGALITE FRATERNITE sont bafoués et les politiques en sont responsables car comment devant toutes ses affaires à droite comme à gauche oser parler de valeurs.
Non M. Coppé ce sujet est encore une invention politico-politicienne car comme l'a dit M. Hirsch, ce sujet n'est pas d'actualité car il n'y pas de pb d'identité nationale.
Pauvre France ton pb n'est pas l'identité nationale mais ta représentation nationale par des élus qui ont oublié de lever la tête pour voir sur nos monuments LIBERTE EGALITE FRATERNITE.
Je ne vais commenter le fond mais lancer ce débat par M. Besson qui trouve que l'Afghanistan n'est pas un pays en guerre, montre la hauteur de ceux qui prennent ce sujet pour en débattre.
N'oubliez pas les élus doivent montrer l'exemple alors vous avez encore beaucoup de chemin à faire ensuite lorsque la morale politique sera à l'honneur venez voir les français nous serons heureux d'exprimer nos idées sur les sujets économiques et de société.
Non ce sujet ne sera pas celui qui me ramènera vers la majorité actuelle
Bonne soirée Monsieur pour info j'ai demandé un entretien concernant un handicapé mais le député UMP de ma circonscription ne reçoit pas pour des sujets personnel, bravo voilà ou commence FRATERNITE & L'AGALITE et oui Monsieur pas de discours des actes
Il y a une contradiction importante dans cette contribution qui, à mes yeux, reflète l'abdication de la classe politique: On va débattre et ça va résoudre le problème?
Au départ, vous faites un constat intéressant: "Notre nation se fissure en silence parce qu'il n'y a pas de discours sur l'identité". Dont acte. C'est votre avis, je ne suis pas loin de lle partager.
Ensuite, vous donnez votre opinion sur ce que c'est qu'être français. Je trouve l'analyse très superficielle, mais ici encore, dont acte, vous avez vos vues.
A quoi sert le fameux débat dans tout ça? Ce genre d'initiative est la négation même de la politique: On prend le pouls de la population et ensuite, on dit ce que les gens veulent entendre dire? Le métier des politiques, leur supposé savoir-faire, ne sont ils pas de développer une vision de ce que doit être la France ou être français, de la porter en place publique et d'essayer de développer une adhésion à cette vision?
Les politiques ont ils donc si peu de courage qu'ils aient besoin de ce genre d'artifice pour oser proposer leurs idées (s'ils en ont)?
On voudrait (c'est sûr ?) parler de l'identité de la France et voilà que nous parlons de l'identité du français. L'identité n'est pas un discours, ce n'est pas non plus l'identification des parties qui la composent. L'individu qui appartient à la France appartient désormais à un certain nombre d'autres choses. C'est compliqué car c'est assez nouveau historiquement cette idée de multi-appartenance officielle qui fait que la multilatéralité, l'interdépendance, ne sont plus des termes uniquement valables lors de négociations diplomatiques entre nations.
Qu'est-ce que la Nation, française qui plus est lorsque désormais même sa classe moyenne a des envies d'ailleurs, si elle ne se conçoit plus de manière territoriale et par rapport à une appartenance unique ? L'identité de la France ne peut se construire que par rapport à une altérité, et si la France doit avoir une identité par rapport au Citoyen français alors c'est que c'est celui-ci qui représente l'altérité recherchée. Il s'agit d'un projet social et culturel (assez peu économique si ce n'est comme outil d'échange mais surtout de diffusion, ce qui est un peu oublié quand on voit ce qui se fait avec Hadopi), de densification des rapports sociaux, de gestion autonome de ce qui nous fait vivre ensemble, de réappropriation de ce qui fait exister l'individu... donc dans le désordre le vieux projet révolutionnaire (la révolution n'est pas terminée): Liberté, Égalité, Fraternité, notions dynamiques qui se reconstruisent en même temps que l'Histoire ne cesse d'animer nos organisations sociales.
Aujourd'hui la crise fait que le capitalisme se retrouve renforcé de tous côtés au détriment du libéralisme (politique et économique), que les conditions d'accès à la participation au monde de la Cité sont de moins en moins partagées (l'intégration par le travail devient désintégration comme les affaires de suicide chez Orange en montre une représentation spectaculaire, ou un outil de fabrication de rareté), que nous tentons de s'identifier lorsque le fait d'exister, d'avoir sa propre identité, devient un risque plutôt qu'un objectif. Il y a donc négation du projet et une tentative de rematérialiser ce qui constitue la société, comme une communauté, pour, j'ai l'impression, rematérialiser les négociations d'ordre culturel en affrontement physique. Mais il est possible que, comme lors de la première guerre mondiale mais à une échelle bien plus grande, la problématique des nations soit assez rapidement la volonté des peuples de ne pas participer à cette guerre en prévision.
Nous verrons bien, mais j'ai assez bon espoir quant à l'échec des diverses préparations en cours auxquelles le gouvernement français actuel semble vouloir participer.
Monsieur Copé, vous aimez les histoires. Je vous regardais à la télévision, rapidement parce que la télévision ça n'a guère d'intérêt et aussi parce que vous aimez le débat théorique mais j'ai l'impression que c'est très difficile de parler avec vous (dans l'idée de construction collective de la discussion), sur les médias avec modérateur comme internet vous êtes meilleur.
Alors je vous raconte un peu la mienne, d'histoire. Je suis français (parce que vous posiez la question "qu'est ce que c'est qu'être français ?", n'oubliez pas la question de la France monsieur Copé) d'origine pied-noir, c'est à dire plus précisément que ma famille vient d'Algérie autrefois département français. Et bien oui cela fabrique un imaginaire, comme dans toutes les familles d'exilés, que ce soit d'un pays étranger ou d'une autre région de France, comme un breton peut fantasmer de la Bretagne contée autour de lui si il habite en PACA, et il est possible de poser la question "quand est-ce qu'on ira dans notre pays". Peut-être même que, comme les chrétiens ont emmené le Temple avec eux, nous construisons aujourd'hui une notion de Nation sans territorialité. Cela pose en effet la question de l'identité, mais celle de l'individu, cela pose aussi la question de l'appartenance. Aujourd'hui je fantasme de l'Algérie et je fantasme d'un certain nombre d'autres choses. Je suis français et un certain nombre d'autres choses en même temps, mais la question de mon existence par rapport à la France, et inversement (ce qui est incontournable dans l'existence) celle de la France par rapport à moi, se pose aussi. Quel est le fantasme de la France, quel est l'imaginaire à l'origine de sa libido, de la dynamique qui la construit ? Et pourquoi quand je veux faire quelque chose pour la France je me retrouve en face de problématiques qui n'ont rien à voir avec elle, comme si on voulait me soumettre à une identification, parfois à un niveau très local comme dans le travail salarié, m'aliéner plutôt que de me faire exister ?
Après on peut enfoncer les portes ouvertes sans jamais se poser la question des fondements des revendications de désappartenance à la société, ça ne fera pas plus exister la Nation: la question ne se pose pas tant dans l'expulsion de ceux qui aimeraient apartenir à la France que celle de la fuite des personnes qui savent que ce n'est plus dans leur pays désormais que se construit leur projet de vie collective.