Partager cet article

Les MGTOW ou la haine des femmes poussée à son comble

Montage Slate.fr avec le logo des MGTOW.

Montage Slate.fr avec le logo des MGTOW.

Ce groupe d'activistes développe une vision particulièrement haineuse des femmes, qui sont vues comme des ingrates vilement intéressées par l’argent des hommes, et considérées comme des fardeaux financiers.

Dans la galaxie des masculinistes, voici un groupe que vous ne connaissiez peut-être pas: les MGTOW, abréviation pour Men Going Their Own Way en anglais, soit «les hommes qui se débrouillent tout seuls» (sous-entendu: sans les femmes) ou encore les «hommes qui tracent leur propre chemin», selon une traduction des intéressés. Ils affirment «refuser de s’incliner, de servir et de s’agenouiller (pour une femme, ndlr) pour être traité en échange comme un objet que l’on peut jeter»selon leur site, et pensent pouvoir se passer du sexe féminin.

Le mouvement est né en Amérique du Nord, mais essaime aussi depuis peu en France, avec une page Facebook, ouverte en janvier 2015, qui les décrit ainsi:

«Le concept du Mgtow réside dans le fait de refuser de se laisser croquer par les mantes religieuses, les croqueuses de diamants qui estiment les hommes inutiles une fois un contrat signé (mariage, reconnaissance de paternité donnant droit à vingt ans de pension alimentaire)»

Pluie d'insultes

Parcourir cette page lorsque l’on est une femme ressemble à une séance de masochisme, où l’on doit affronter clichés, insultes et moqueries antiféministes. Un commentaire d’un article sur le sexisme est par exemple suivi de cette remarque: «Les pleureuses sont de sortie». Un autre utilisateur affirme sous un lien de Marie Claire sur la «paternité forcée» que «quand on lit les commentaires écris (sic) par les femmes, on comprends (sic) bien qu'il est urgent de se protéger et de ne jamais leur faire confiance.»

Ce sont aussi une pluie d’insultes qui pleuvent sur les femmes (nous avons laissé les fotes d’ortograf):

- «Et l'autre poufiasse qui en rajoute une couche , voilà pourquoi elles cherchent toutes un mec avec de ‘l'ambition’…»

- «Ça pourrie tres vite ces bestioles»

- «Encore une malade mentale de plus»

Des montages ridiculisent les femmes, comme celui-ci, qui insinue qu'elles sont toutes des menteuses, et qui est suivi d’un commentaire emblématique de la culture du viol que ce groupe prône: «Je la monte même avec les boutons sur la gueule! J'ai un problème Docteur?»

Une femme est un fardeau financier

La page Facebook en français des MGTOW n’a pour l’instant que quelques 300 abonnés, mais sur des plateformes comme Reddit, ce sont plus de 15.000 personnes qui suivent les éructations antiféministes et profondément sexistes de ces adeptes.

Le journal The Independent s’est immergé dans les profondeurs de ce forum, et dessine un portrait tout aussi inquiétant de ces masculinistes. Ils encouragent les autres hommes à divorcer de leur femme. Certains s'enorgueillissent d’être vierges, tandis que d’autres affirment réduire leurs relations avec des femmes à des prostituées, ou des rencontres d’un soir qu’ils s’empressent ensuite de jeter et d’humilier. Ils se voient comme de fiers étalons, et fonder un couple revient pour eux à devoir porter une charrue, toute femme représentant forcément un fardeau financier, et une ingrate qui leur pompera leurs sous:

 

À quoi The Independent conclut que…:

«Faire défiler cette page, c’est s’enfoncer dans des ténèbres de plus en plus noires.»

Guerres intestines au sein des masculinistes

Les MGTOW ont une position particulière dans la galaxie des masculinistes, ces groupes d’hommes anti-femmes. «Ils sont considérés comme des "bêtas" par d'autres masculinistes», nous explique Stéphanie Lamy, co-fondatrice du collectif Abandon de Famille –Tolérance Zéro!, qui scrute attentivement sur les réseaux ces groupuscules. Et ils détestent les «Pick Up Artists» (PUA), ces pro de la drague teintée de haine qui enseignent la séduction dans le monde en humiliant les femmes, parce que selon les MGTOW, les «PUA» sont encore trop dépendants des femmes.

S’il veulent rester entre eux, grand bien leur fasse, pourrait-on leur répondre. Mais s’ils pouvaient garder pour leurs conversations privées leur vomi de haine sans les étaler en public, les femmes leur en seraient reconnaissantes. 

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte