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Et là, l'agence d'information syrienne vante la «vie nocturne animée» d'Alep (malaise)

Capture twitter

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Alors que la ville d’Alep est sous le feu des bombes, pour l'État syrien, tout va bien, les boîtes de nuit sont toujours bien remplies.

Alep, la ville martyr. Celle où les bombardements russes et syriens sont quotidiens depuis plusieurs jours, où les hôpitaux sont détruits et où les corps s'amoncellent. Les Syriens d'Alep tentent de s'en sortir et d'évacuer les blessés encore et encore, dans une horreur continue, comme le montre le New York Times avec une série de vidéos impressionnantes. La ville manque de tout

Mais au milieu du sang et des larmes, l'agence d'information syrienne (SANA) tweete le 24 septembre, une vidéo presque aussi terrible que celles de survivants blessés et des corps ensevelis,r apporte le Washington Post: des jeunes souriants et dansants en boîte de nuit accompagné d'un message encore plus nauséabond.

«Alep, désormais surnommée la “Ville la plus dangereuse du monde” possède encore une vie nocturne en plein essor, comme le montre un des événements de cet été.»

La vidéo a probablement été filmée dans les quartiers ouest de la ville, occupés par le régime. Il y a six mois, la correspondante en chef du Post à Baghdad a pu voir la vie s’écouler dans ces quartiers –sous bonne garde bien entendu.

«Les familles pique-niquent tandis que les enfants font la queue pour acheter des ballons et du pop-corn. Quelques kilomètres plus loin, dans un campus universitaire tentaculaire, des milliers d’étudiants attendent pour entrer en classe. Au centre-ville, les cinémas projettent les derniers films d’Hollywood. Dans la soirée, les restaurants se remplissent. Au Foresta, dans le quartier le plus hype, un morceau de David Guetta retentit, tandis que la jeune Hadeel Kasabji apprécie sa soirée en famille. Elle dit que le manque d’électricité est une épreuve», raconte t-elle.

Si les quartiers tenus par le régime sont aussi sous le coup d’attaques, ce n’est rien comparé à celles subies à l’est d’Alep, là où vivent les rebelles. Pas plus tard qu’hier, une correspondante du Post a tweeté une vidéo prise après un bombardement ayant fait une vingtaine de morts, majoritairement des femmes et des enfants, selon les médecins sur place.

Comme le rapporte CNN, ce n'est pas la première fois que le gouvernement est accusé de montrer une fausse image de la Syrie. Il suffit de voir les vidéos du ministère du Tourisme. 

Cette schizophrénie, entretenue avec l'aide de la Russie, devient même complètement absurde, comme le souligne John Kerry, secrétaire d'État américain:

«Quand j'entends mes collègues russes, je me dis qu'il y a un monde parallèle ici.»

Lors d'un sommet réuni en urgence dimanche 25 septembre, François Delattre, le représentant français au sommet, a déclaré qu'Alep est devenu un symbole de ville martyr, au même titre que «Sarajevo pour la Bosnie ou Guernica pour la guerre d’Espagne».

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