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Jusqu'où ira Elon Musk avec ces projets fous?

Vincent Manilève, mis à jour le 29.09.2016 à 9 h 11

Avec le multimilliardaire, c’est «vers l’infini et au-delà».

Image issue d'une vidéo de présentation de SpaceX.

Image issue d'une vidéo de présentation de SpaceX.

Le 27 septembre 2015 restera peut-être comme l’une des grandes dates de la conquête spatiale. Peut-être. C’est ce jour qu’a choisi le multimilliardaire fantasque Elon Musk pour dévoiler son plan de colonisation de la planète Mars. SpaceX, la mission qu’il tease depuis des années, commencera son voyage vers la planète rouge en 2018 avec les premières navettes non habitées. Elle entrera dans une phase décisive cinq ans après en envoyant les premiers humains.


Chaque navette transportera 100 personnes, avec des voyages prévus tous les vingt-six mois et des billets coûtant 500.000 dollars pour les premiers colons. Musk a estimé qu’il faudrait attendre entre quarante et cent ans pour que la vie sur Mars devienne auto-suffisante.

Ce projet fou de Musk est sûrement le plus attendu, mais il est loin d’être le seul. Le multimilliardaire, que l’on compare souvent à Tony Stark (Iron Man pour les intimes), a trouvé bien des façons de dépenser sa fortune.

Musk touche-à-tout

Citons d’abord Hyperloop, un projet de train digne de films dystopiques comme Snowpiercer. Annoncé il y a plus de trois ans, écrit le Huff Post sur son site, ce train consiste en un tube presque entièrement vidé d’air dans lequel on propulse une capsule à l’aide d’aimants. «C’est un croisement entre le Concorde, un canon électrique et une table de hockey à air», a-t-il expliqué lors du dévoilement du projet.

Musk voulait utiliser ce système, qui permettait de se déplacer jusqu’à 1.200 km/h, pour relier Los Angeles et San Francisco. «Elon Musk publie donc son livre blanc en “open source”, précise le Huff Post, ce qui veut dire que tout un chacun est libre de réutiliser ce concept et de construire son propre Hyperloop.»

Le projet suscite ainsi de grandes ambitions dans de nombreuses entreprises, et alors que les États-Unis rechignent à lui donner les autorisations d’exploitation, l’Inde a récemment proposé à l’homme d’affaires de tester son tube dans son pays, comme l’explique Mashable.com. Si le projet voit vraiment le jour, Bombay et Nagpur pourraient être reliés en trente-cinq minutes à peine, contre quatorze heures actuellement.

Vient ensuite SolarCity, une entreprise créée en 2005 dont le but est de développer des panneaux photovoltaïques et des batteries pour les particuliers. En 2020, la Gigafactory, cette usine électrique sur laquelle planchent les équipes de Musk dans le Nevada, produira grâce à l’énergie solaire et au vent des batteries au lithium pour fournir les véhicules électriques et les maisons équipées. Il s’agira de la plus grande usine de batteries dans le monde. Avec pour objectif, au final, de créer des villes capables de subvenir seules à leurs propres besoins.

Son entreprise la plus aboutie –elle a notamment acquis Solar City– reste pour l’instant Tesla et ses voitures de luxe électriques et autonomes. Régulièrement, on entend parler de nouveaux modèles de Roadster ou de Model S, attendus comme le dernier iPhone par les fans de la marque. Si l’entreprise a frôlé la banqueroute en 2008, elle a d’ores et déjà encaissé 400 millions de dollars pour les précommandes de la berline Model 3, dont la production n’a pas démarré.

Et bien sûr, qu’il s’agisse du train Hyperloop, des panneaux solaires, des batteries, ou des véhicules électriques, le but est de réduire la consommation d’énergies fossiles et, in fine, de lutter contre le réchauffement climatique.

Après Mars, le fantasme du cerveau augmenté

Elon Musk a aussi évoqué à droite et à gauche d’autres projets, souvent de manières cryptiques. En février il dessinait les contours d’un avion électrique, et dans un tweet publié en juillet il évoquait un «nouveau super plan» secret autour de Tesla, alimentant toujours plus les fantasmes et suspicions qui font sa marque de fabrique.

Mais son projet parallèle le plus intriguant reste OpenAI, une organisation dédiée à l’étude de l’intelligence artificielle. Dans une interview très intéressante donnée à Y Combinator, le milliardaire détaillait sa volonté d’étendre les capacités du cerveau humain en mettant à son service l’I.A. Selon lui, la technologie pourrait servir à dépasser la contrainte actuelle qu’il y a «entre le cortex et les formes numériques tierces de nous-même», à savoir les téléphones et autres ordinateurs.


Pour l’instant, le cerveau augmenté est encore loin. L’entrepreneur le plus aimé et détesté du monde concentre tous ses efforts sur la planète rouge. En revanche, note le New York Times, Musk a expliqué ne pas vouloir être du premier voyage vers Mars, parce qu’il veut voir ses enfants grandir. Il a également avoué que le risque de mourir lors du premier voyage était «assez élevé». Les projets d’Elon Musk sont fous, pas lui. 

Vincent Manilève
Vincent Manilève (316 articles)
Journaliste
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