Dick Cheney rattrapé par l'Angolagate?

Slate.fr, mis à jour le 31.10.2009 à 10 h 04

Le Tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi 27 octobre Charles Pasqua, Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak à des peines de prison ferme dans l'affaire dite de l'Angolagate.

Il s'agissait de la vente d'armes de guerre à l'Angola dans les années 1990, quand le pays se déchirait dans une guerre civile opposant l'Union pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) de Jonas Savimbi au Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) dirigé par Eduardo Dos Santos alors à la tête du gouvernement angolais. Ce dernier, qui avait désespérément besoin d'aide contacte Paris, en pleine cohabitation entre François Mitterrand et Jacques Chirac. «On ne livre pas d'armes à un pays en guerre» (sous embargo de l'ONU) est la réponse officielle de la France. La réponse officieuse est différente: une diplomatie parallèle se met en place.

Pour Newsweek, cette affaire et les décisions de la justice française éclairent le monde dans lequel évoluait Dick Cheney, ancien vice-président des Etats-Unis dans l'administration de George W. Bush, quand il dirigeait à la fin des années 1990 la société Halliburton après avoir été Secrétaire à la défense dans l'administration de George H. W. Bush... père. En 1998, Dick Cheney s'était même rendu lui-même en Angola pour y signer des contrats.

Newsweek souligne aussi que Pierre Falcone, 55 ans, dont le nom a souvent été utilisé pour rebaptiser l'Angolagate en «Affaire Falcone», avait de nombreuses relations politiques et d'affaires aux Etats-Unis. Il été jugé coupable de trafic d'armes illicite, d'abus de biens sociaux et de trafic d'influence pour son rôle dans la livraison, entre autre, de 170.000 mines et 450 chars d'assaut au gouvernement angolais en dépit de l'embargo. Des contrats évalués à 793 millions de dollars de l'époque.

Avant d'être arrêté en France en décembre 2000, Pierre Falcone et sa femme Sonia, une ancienne miss Bolivie, s'étaient installés luxueusement à Paradise Valley en Arizona, une banlieue chic de Phoenix. Selon des sources françaises citées anonymement par Newsweek, des documents trouvés dans les bureaux de Pierre Falcone montrent que ce dernier avait promis en 2000 au président angolais José Eduardo Dos Santos, une introduction spéciale auprès du nouveau président des Etats-Unis.

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Image de Une: Dick Cheney Joshua Roberts / Reuters

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