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Pour lutter contre le créationnisme, il est temps d’intéresser les gens à l’évolution des espèces

Sculpture représentant Lucy, «la première femme du monde» au Houston Museum of Natural Science, le 28 août 2007. Dave Einsel / Getty Images North America / AFP

Sculpture représentant Lucy, «la première femme du monde» au Houston Museum of Natural Science, le 28 août 2007. Dave Einsel / Getty Images North America / AFP

Alors que le créationnisme envahit l’Europe depuis plusieurs années, des chercheurs tirent la sonnette d’alarme sur l’enseignement de l’évolution à l’école.

La vigueur du créationnisme, doctrine reposant sur une vision religieuse de l’apparition de l’être humain sur Terre, était chose connue depuis longtemps aux États-Unis. Elle a maintenant quitté les frontières. Dans une article publié sur Scientific American, deux chercheurs rappellent que cette doctrine, en totale négation avec la théorie de l’évolution des espèces, s’implante en Europe.

Steefan Blancke, chercheur à l’université de Gand, et Peter C. Kjaergaard, professeur de l’histoire de l’évolution à Copenhague, ont tous deux été confronté à des créationnistes. Ces derniers viennent de toutes les couches de la société ou font partie d’organisations spécifiques ou non. Et contrairement aux créationnistes américains, ceux qui se revendiquent du mouvement en Europe ne font pas partie d’une seule et même entité.

Dans les pays scandinaves, le créationnisme n’a que peu d’impact, puisqu’il se cantonne à de petites communautés religieuses locales. Mais dans d’autres pays du continent, la doctrine est intégrée à de très hauts niveaux, comme en Russie ou en Serbie, où elle est enseignée à l'école. En 2007, le Conseil de l’Europe avait fini par prendre en main le problème, attirant ainsi sur la recrudescence du phénomène.

Les journalistes ont eux-aussi eu leur rôle à jouer. Comment l'expliquent les deux chercheurs, en tentant de comprendre qui étaient les créationnistes et «inconscients de toutes les ruses développées par les créationnistes américains», ils ont traité la question comme l'expression d'un débat ancestral entre religion et sciences. Se faisant, ils ont aidé les créationnistes à en faire un débat et à l’introduire dans la sphère publique. Internet leur a aussi permis de toucher de plus larges publics avec des forums et des sites dédiés. Résultat, en 2009, une étude britannique montrait que les théories créationnistes faisaient leur chemin dans la tête des citoyens. 

La sphère scientifique n’a pas saisi l’ampleur du problème et a été dépassée par les campagnes bien ficelées des défenseurs de l'anti-darwinisme. Désormais, il leur faut prendre le problème à bras le corps et agir sur le même terrain.

«Cela inclut des conférences publiques, écrire des tribunes et des articles dans des magazines et journaux populaires, parler de ce problème à la télévision et à la radio, développer des sites internet sur l'évolution et faire des expositions», explique Blancke et Kjaergaard

Mais le problème cache une réalité sous-jacente. La menace sur la connaissance liée à l'évolution ne vient pas que du mouvement créationniste. Le sujet n'est en effet, selon les deux chercheurs, expliquée que de façon marginale.

«Ironiquement, en étant obligé d'étudier les antiévolutionnistes en Europe, nous savons désormais que nous devons faire plus pour faire comprendre aux gens ce que nous savons des processus fondamentaux de la vie sur Terre. Nous devons travailler sur des plateformes multiples et nous avons besoin de bons exemples. Avec le nombre de visiteurs qui augmentent dans les muséums d’histoire naturelle dans toute l’Europe, nous avons les lieux et l’intérêt du public. Maintenant, nous devons en tirer le meilleur parti.»

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