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Le FBI a-t-il rendu un site de pornographie enfantine plus populaire en l'infiltrant?

Temps de lecture : 2 min

Les agents ont piraté les ordinateurs de milliers d'utilisateurs mais certains les accusent d'avoir contribuer à la popularité de la plateforme.

Sweetie, le bot néerlandais anti-pédophiles I Capture twitter
Sweetie, le bot néerlandais anti-pédophiles I Capture twitter

En février 2015, le FBI s’infiltre dans la plus grande plateforme de pornographie enfantine du dark web et prend le contrôle de celle-ci. Mais au lieu de fermer le site, l'agence en devient son gérant pendant deux semaines. Dans une situation déjà assez WTF, il s’avère que durant cette période où le FBI était aux commandes, les utilisateurs de Playpen ont remarqué une amélioration du fonctionnement du site, rapporte Newser.

Dans une liste glauque de commentaires obtenus dans des documents judiciaires par Motherboard, des utilisateurs se félicitent des changements survenus.

«Ca marche VITE aujourd’hui :-)», écrit l'un d'eux.

Si le FBI a gardé ouvert l'accès au serveur de Playpen c’est parce qu’il voulait identifier et poursuivre en justice les prédateurs qui rejoignent la plateforme. Du 20 février au 4 mars 2015, l'agence déploie un outil de hacking et pirate les ordinateurs de plus de 215.000 utilisateurs afin d’obtenir leurs adresses IP pour les démasquer. Au final, le bureau d'investigation poursuit en justice 137 individus en janvier 2016.

Bien que plusieurs pédophiles présumés ont été arrêtés, les actions du FBI se heurtent à de nombreuses questions de morale et d’éthique, selon des experts qui qualifient cette opération comme du «jamais vu».

«Il s’agit d’une nouvelle et effrayante frontière en matière de surveillance. On ne devrait pas mettre en place ce genre de méthodes sans avoir eu de débat public, et sans que le Congrès évalue avec attention si ces techniques ont vocation à être utilisées par les forces de l’ordre», explique Christopher Soghoian, expert en technologie à l’Union de Libertés Civiles Américaine (ACLU), à Motherboard.

L’avocat d’un individu arrêté contre-attaque usant d'arguments qui remettent en question la moralité de cette opération de piratage. Selon Peter Adolf, les améliorations qui ont eu lieu lors de l’intervention du FBI ont augmenté le trafic vers le site de 11.000 à 50.000 visiteurs en une semaine, faisant du FBI un complice dans la distribution de contenu pornographique enfantin.

«Les agents du gouvernement ont travaillé dur pour augmenter la capacité de distribuer de grandes quantités de pornographie enfantine de manière rapide et efficace, entraînant plus d’utilisateurs à recevoir du contenu plus rapidement que si le site était tenu ‘’illégalement’’», écrit-il dans une motion en août 2016.

Pour l’instant, les éventuelles améliorations et changements apportés par le FBI restent flous. Mais le bureau d'investigation continue de défendre ses tactiques. Pour le FBI, fermer un site empêche les pédophiles de partager du contenu sur ce site mais ceux-ci restent libres de le faire sur de nouvelles plateformes.

L’appel à des techniques non-traditionnelles pour interpeller des pédophiles se fait de moins en moins rare. En 2014, une ONG hollandaise avait créé l’animation d’une fillette ultra réaliste qui engage une conversation webcam avec des pédophiles afin de récupèrer des informations sur eux.

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