Tech & internet

À quoi ressemble le «darknet»?

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 23.09.2016 à 16 h 38

Repéré sur Gizmodo, Artsy

Disons qu'il porte vraiment très mal son nom.

Des images issues de sites du darknet.

Des images issues de sites du darknet.

Une précédente version de cet article écrivait à tort que 80% des sites du darknet concernaient des contenus pédophiles. Nous avons fait une mise à jour pour corriger cette erreur.  

Quand on prononce les mots «darknet», on évoque cette partie du web inaccessible via les moteurs de recherche et les logiciels habituels, et l’on imagine immédiatement un endroit sombre où règnent les vilains hackers, les tueurs à gages, les pédophiles, les trafics de drogue et les vente illégales d’armes. Mais il faut savoir qie le darknet sert aussi beaucoup aux activistes, aux lanceurs d’alertes et aux citoyens qui refusent que les États et les entreprises collectent leurs données.

Beaucoup de détritus

Le site Gizmodo a décidé d’explorer cette partie immergée du web qui alimentent beaucoup de fantasmes et spéculations pour savoir ce qu'elle représentait concrètement. Et il a découvert que, derrière l’expression consacrée des médias, se cache une réalité bien plus complexe, inattendue même. En réalité, le darknet ressemble à l’internet d’il y a vingt ans avec des pages web manquant de fonctionnalités:

«Un simple mot sur une page blanche, décrit le journaliste de Gizmodo. Un gif stupide avec du son qui passe en boucle, cette mode agaçante qui a quasiment disparue avec MySpace.»

De plus, étant donné que les informations circulent par différents nœuds pour éviter d’être tracées, le chargement des pages et des images animées peut prendre une éternité. Pour se retrouver parmi le milliard de sites existants, quelques pages recensent les plus connus, mais un bon nombre d'entre eux n'existent même plus.

«Pour la plupart, les pages ne sont pas finies, abandonnées, sans aucun sens, avec simplement un seul mot ou un gif, écrit Gizmodo qui regrette également l’absence totale de “net art” dans ce joyeux bordel. Il y a encore une chance pour que le darknet devienne un paradis pour les nouvelles formes d’expérimentation et de net art, mais pour l’instant il y a surtout beaucoup de détritus.»

Exemples d'images de sites trouvés sur le darknet.

Un néant artistique qui inspire les artistes

Et pourtant, il y a de l’espoir: le darknet et son esthétique très simpliste, très «Word Art» que l’on retrouve aussi sur le web «classique», inspirent les artistes. En 2015, le site Artsy a écrit un portrait de l’artiste et ancien hacker James Howard qui a décidé de montrer le «merveilleux» dans le darknet.

«Ces travaux sont nés des détritus cachés dans les profondeurs de l’internet, Howard trouve ses images dans les dossiers spams, dans les stocks d’images et dans le darknet, écrit le site. Les images qu’il sélectionne, instantanément reconnaissables avec les portraits en haute résolution de personnes trop heureuses et des images de couchers de soleil trop lumineux, sont mélangées pour relayer leur message sous-jacent.»

Il a ainsi proposé le terme de «schizo-core» pour désigner son travail, ce mélange schizophrénique d’images qui permet de leur donner sens sans le faire complètement, et de livrer quelque chose de nouveau dans le monde à partir de cet autre monde qu’est le darknet.

Œuvres de James Howard, via Artsy.

 

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