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En Chine, l'incontrôlable phénomène des «divorces immobiliers»

Un couple marié à Shanghai. AFP PHOTO/Mark RALSTON

Un couple marié à Shanghai. AFP PHOTO/Mark RALSTON

De plus en plus de couples essaient de jouer sur un biais juridique pour pouvoir acquérir un deuxième logement moins cher.

Depuis quelques semaines, les couples mariés de Shanghai se précipitent pour faire enregistrer leur divorce auprès de l’état civil. Au point que certains bureaux ont limité le nombre de demandes examinées à 60 par jour, selon l'agence French China.

En Chine, divorcer ne coûte que 8 yuans (environ 1 euro), et l’épidémie de divorce constatée est en fait une ruse utilisée par les couples pour augmenter leur patrimoine. La loi prévoit un encadrement de l’apport versé pour un achat immobilier, qui est de 30% seulement pour un primo-accédant contre 70% si l’acheteur est déjà propriétaire d’un bien immobilier. Les taxes sont également réduites pour ceux qui achètent pour la première fois.

En raison de cette particularité législative, le taux de divorce chinois dans les grandes villes a tendance à varier avec les fluctuations de l’immobilier: ces divorces tactiques permettent à l’un des divorcés de se porter acquéreur d’un premier bien immobilier, dans la mesure où le premier achat est au patrimoine de l’ex-conjoint. Les couples séparés se remarient donc aussi après la manoeuvre, comme l’expliquait un article du magazine Forbes.

Or, depuis le 1er septembre, une rumeur circule selon laquelle ces couples divorcés seront considérés comme encore mariés pendant une année entière. Alors que la Chine se retrouve face à un nouveau boom immobilier, le gouvernement chercherait à stopper les effets pervers de sa politique d'encadrement dex prix du secteur. C'est pour cette raison que les couples s’engouffrent dans la brèche juridique avant qu’elle ne se referme. À Shanghai, l’immobilier a progressé de 27% en juillet 2016 par rapport à l’année précédente.

Ces «divorces immobiliers» sont une conséquence périodique des tentatives du gouvernement chinois de lutter contre la spéculation immobilière. En 2013, l'instauration d'une taxe sur la revente de résidence secondaire avait causé une première vague de divorce de couples chinois, qui revendaient leur bien une fois séparés pour ne pas tomber sous le coup de la loi.


Evolution du taux de divorce à Pékin (en violet) et du prix des maisons (en bleu). Source: Quartz.

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