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Aux États-Unis, la MDMA est utilisée pour soigner des syndromes de stress post-traumatiques

Repéré par Agathe Charnet, mis à jour le 19.09.2016 à 19 h 41

Repéré sur The Guardian

Cette drogue récréative fait désormais office de médicament dans le cadre de tests pour lutter contre des troubles mentaux.

Saisie de MDAM aux Philippines en septembre 2016 NOEL CELIS / AFP

Saisie de MDAM aux Philippines en septembre 2016 NOEL CELIS / AFP

La MDMA (pour méthylènedioxyméthamphétamine, soit le principe actif de l'«ecstasy» pour les moins jeunes) est une drogue –strictement illégale en France– connue pour ses propriétés récréatives et excitantes. Depuis le début des années 2000 et l'ascension de la culture électro, elle est la compagne de bien des fêtards qui louent sa capacité à annihiler les inhibitions et à les faire danser au bout de la nuit –et parfois au-delà– au rythme des caissons de basse. Une popularité qui n'est pas sans danger puisque près de 50 personnes sont décédées au Royaume-Uni suite à la consommation de MDMA pour la seule année 2014 tandis qu'aux États-Unis près de 10.000 jeunes de moins de 21 ans ont été hospitalisés (le nombre de décès suite à une overdose de MDMA n'est pas répertorié).

Mais la «D», comme on la surnomme en France en comparaison à sa cousine la «C» –cocaïne–, est désormais utilisée sous forme de tests cliniques en Californie pour soigner les patients atteints d'état de stress post-traumatique (TSPT), rapporte The Guardian. C'est Rick Doblin, basé à Santa-Cruz qui a lancé une étude sur près de 136 patients atteints de TSPT. Ce thérapeute de 62 ans a auparavant mené des études sur les propriétés médicales des champignons hallucinogènes ou de la marijuana.

«Je suis ravi de voir que les traitements fonctionnent de façon aussi efficace, a t-il déclaré au Guardian. J'ai toujour su que la MDMA pouvait avoir des propriétés curatives.»

La MDMA, légalisée en 2021?

Alice fait partie des patients traités à la MDMA durant des essais cliniques. Victime d'un TSPT suite aux violences exercées par son père, elle a été invitée à prendre trois fois 125 milligrammes de cette drogue sur une période de trois mois. Durant chacun de ces trips, elle s'allongeait sur un canapé tandis qu'un thérapeute lui posait des questions sur sa vie tout lui faisait écouter de la musique rythmique.

Si certaines des séances se sont révélées très douloureuses, Alice a néanmoins progressivement guéri de ses angoisses, ce que les anti-dépresseurs ne contribuent pas à faire.

«La MDMA vous révèle à vous-même, confie t-elle au Guardian. Cette drogue vous apporte un soutien. Vous apprenez à affronter vos souvenirs et à observer la façon dont ils vous affectent. Il y a eu des moments de libération de la parole, des moments de pleurs, des moments de reconstruction. Physiquement, c'est comme si mon corps entier se mettait à vibrer.»

La MDMA pourrait donc être autorisée aux États-Unis et en Europe pour des traitements thérapeutiques. Mais il faut pour cela que la drogue franchisse la troisième étape des phases d'essais, menés sur un plus large nombre de personnes issues du monde entier. Si cette étape était validée par la Food and Drug Administration aux États-Unis et l'Agence européenne des médicaments, la «drogue de l'amour» pourrait être légalisée en 2021.

Pour ceux qui s'inquiètent des méfaits de cette drogue –notamment des affres la fameuse «descente»–, le psychiatre britannique Ben Sessa, qui s'est lui-même soigné à la MDMA, tient à rassurer ses futurs patients. Il n'y a aucune crainte à avoir s'ils sont accompagnés médicalement dans leur consommation:

«La plupart des gens qui prennent de l’ecstasy boivent des pintes de bières dans des pubs le samedi soir, puis se rendent ensuite dans un club, prennent des stupéfiants, consomment encore de l'alcool et tiennent jusqu'au petit matin. Le dimanche, ils ne font que dormir et peuvent à peine avaler un bol de soupe. Évidemment, ils se sentent horriblement mal le lundi!»

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