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Qui a inventé le bar à chats ne devait pas les aimer tant que ça

Au «Café des chats», à Paris, le 16 septembre 2013     FRANCOIS GUILLOT / AFP

Au «Café des chats», à Paris, le 16 septembre 2013 FRANCOIS GUILLOT / AFP

Alors que les bars à animaux commencent à pulluler dans plusieurs grandes villes du monde, plusieurs associations tirent la sonnette d’alarme: ce n’est pas un environnement pour eux.

La première fois que j’ai entendu parlé des bars à chat au Japon, je me suis dit que l’idée était franchement toute japonaise: caresser des chats en buvant un café tout en discutant avec des amis, jamais l’idée ne se démocratiserait ailleurs. J’avais tort. Il existe désormais des bars à chat un peu partout: à Londres, à Paris ou encore à Toulouse, Nice et Rennes. Je n’ai jamais été dans ce genre d’endroit mais après tout pourquoi pas, même si une pensée me turlupine. Si nous, humains, brûlons d’envie de caresser des chats, est-ce-qu’on a demandé leur avis à ces pauvres bêtes obligées de subir les calins toute la journée?

La BBC a rendu visite à Lauren Pears, la fondatrice d’un bar à chat à Londres. Elle assure que ses résidents –qui viennent tous de refuges– sont bien traités et que leur rythme de vie est respecté: interdiction de prendre des photos avec flash ou de réveiller les animaux endormis.

«Nous avons une méthode qui permet de vérifier l'activité de nos chats toutes les quatre heures. Nous gardons une trace de leurs mouvements, s’ils ont des interractions avec les gens ou d’autres chats, quand ils boivent ou d’autres choses de ce genre. Nous connaissons leur personnalité et nous saurions si l’un d’entre eux n’était pas heureux dans cet environnement», explique-t-elle.

Ce type de bars n’en finit pas de faire des émules. Rien qu’au Royaume-Uni, où il en existe déjà huit, trois autres doivent ouvrir d’ici la fin 2016, en attendant six de plus en 2017. La France suit et tout le monde n’est pas ravi de ce succès. Au Royaume-Uni, plusieurs associations de défenses se déchaînent contre le concept.

«Les bars à chats ne sont pas un environnement convenable pour les chats, parce qu’ils sont confinés dans un espace avec des gens qui changent sans arrêt. Il leur faut un environnement stable», explique Nicky Trevorrow, de l’association Cats Protection.

D’autant qu’il n’existe aucune réglementation sur l’espace attribué à chaque chat, qu'ils ne sortent jamais, et que se faire papouiller et pourchasser par des enfants (qui sont acceptés dans certains bars) est une grande source de stress. Dans beaucoup d'établissements comme celui de Lauren Pears, les animaux qui semblent soumis à trop de stress sont retirés du café et mis dans des espaces plus calmes, mais cela ne semble pas rassurer les associations.

Montrer sa personnalité

Certains bars à chats, comme le Kitty Cafe, sont même devenus des centre d’adoption.

«Le café permet aux chats d’interagir avec les autres et de montrer leur personnalité, ce qu’ils ne peuvent pas faire en cage. Trop de chats sont négligés dans les refuges parce qu’ils ne sont pas beaux», explique sa propriétaire Kate Charles-Richard, qui veut d’ailleurs ouvrir une franchise dans tous le Royaume-Uni.

Mais Nicky Trevorrow n’est pas convaincue. «Je pense que les centres d’adoption doivent améliorer leurs installations, mais je ne pense pas que les bars à chat soient la réponse. Ils ne répondent pas aux besoins des chats.» La RSPCA, association de défense, préfèrerait, elle, que les amoureux des félins en manque de calins deviennent bénévoles dans les refuges plutôt qu’ils se rendent dans les cafés à chat.

Reste que la tendance n’est pas prête de s’arrêter. Le Japon a récemment ouvert un bar à hérisson (ce qui est encore pire puisque rappelons-le, ce petit mammifère est sauvage) et un bar à lapin fait courir les foules à HongKong.

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