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Présidence de l'UE: Blair n'est pas fait pour le job

Temps de lecture : 2 min

Le débat s'active outre-Manche autour de la candidature supposée de Tony Blair au poste de président du Conseil Européen. Après le soutien affiché le weekend dernier par David Miliband, ministre des Affaires etrangères britannique, les avis contraires se font connaître.

Le Financial Times titre ainsi «Blair n'est pas la bonne personne pour le job», contestant les arguments de Miliband. Le quotidien souligne que les dirigeants européens pourraient bien être rebutés par l'idée d'un président de l'Europe aussi connu que Tony Blair, qui pourrait bousculer l'agenda tranquille des 27. D'autant plus que le premier président du Conseil Européen sera celui qui établira véritablement les contours de cette nouvelle fonction.

Même dans le cas où le choix d'une personnalité d'envergure serait plébiscité par les chefs d'Etat européens, il existe de nombreuses raisons, selon le Financial Times, de ne pas choisir Blair. Il y a bien sûr la guerre en Irak, qui reste un point noir dans le parcours de l'ancien Premier ministre, mais aussi et surtout son manque de zèle sur la question européenne, un peu gênante pour le rôle auquel il aspire. Il aurait «capitulé» face aux eurosceptiques de son pays et manqué là une occasion d'emmener pour de bon les britanniques sur le chemin d'une intégration européenne plus enthousiaste. Il a failli, en ce sens, à son rôle de leader. Bref, sa candidature n'est pas convaincante.

Les Tories sont bien sûr en tête de la campagne anti-Blair. Ils ont clamé par la voix de William Hague, ministre des affaires étrangères du «shadow cabinet» de l'opposition, que la nomination de Blair serait vécue comme un «acte hostile». Cet ancien leader des conservateurs a même fait le tour des ambassadeurs pour leur expliquer qu'un tel dénouement serait à même de saboter les bonnes relations de la Grande-Bretagne avec l'Europe si le parti conservateur regagnait le pouvoir.

Non content de déclencher une vague d'opposition dans son pays, Tony Blair doit aussi composer avec une fronde de cinq eurodéputés, qui ont lancé mercredi une pétition anti-Blair.

Dans ce contexte pour le moins mitigé, le gros avantage de Blair est sans doute la faiblesse de la concurrence. Plusieurs noms ont bien été évoqués: le Belge Guy Verhofstadt, le Finlandais Paavo Lipponen ou encore l'Irlandaise Mary Robinson - mais point de Français à l'horizon. Seule la candidature de Jean-Claude Juncker, qui a dévoilé ses ambitions dans le Monde de mardi, est venue relever la compétition. Le président de l'Eurogroupe a pour lui un parcours très européen, et n'a pas manqué d'épingler les lacunes de son concurrent sur ce point: «Je ne distingue pas les domaines dans lesquels le Royaume-Uni aurait fait preuve d'une véritable inspiration européenne au cours des dix dernières années, hormis des avancées sur la défense. Je me réfère à un modèle téhorique voulant que l'Europe soit représentée par quelqu'un qui aurait comme souci principal de la servir, [...] et qui ne ferait pas semblant de la représenter à l'extérieur sans avoir assuré sa cohésion interne», a ainsi déclaré le Premier ministre luxembourgeois, qui dans un cadre plus informel se montre encore plus incisif.

La course pour le poste de premier président du Conseil Européen est au centre des discussions lors du sommet européen qui se déroule aujourd'hui et demain.

[Lire l'article complet sur le Financial Times]

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Image de une: Tony Blair au forum économique mondial 2007, par World Economic Forum via Flickr

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