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Airbnb parviendra-t-il enfin à déloger le racisme de sa plateforme?

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 15.09.2016 à 16 h 48

Repéré sur Fusion

Le site de location de logements a dévoilé un plan ambitieux pour lutter contre les discriminations. Suffira-t-il à régler cet épineux problème?

Capture Airbnb

Capture Airbnb

«En tant que mecs blancs, il y a un tas de choses auxquelles nous n’avions pas pensé quand nous avons lancé cette plateforme», concédait Brian Chesky, le cofondateur d’Airbnb, à Fortune.

Le hashtag #AirBnBWhileBlack, lancé pour dénoncer la discrimination dont feraient preuve de nombreux hôtes, aura suffi à mettre l’entreprise de la Silicon Valley au pied du mur. À partir du mois de novembre prochain, plusieurs mesures seront appliquées pour éradiquer le racisme de la plateforme de location de logements, selon un rapport réalisé par Laura Murphy, ancienne membre de l’Union américaine des libertés civiles, et publié sur le site d’Airbnb.

«Je déteste les nègres alors j’annule»

Cela faisait déjà plus d’un an que des utilisateurs de Twitter ne cessaient d’alimenter le hashtag #AirBnbWhileBlack lancé par Quirtina Crittenden, une jeune femme noire, après qu’elle se soit vue refuser plusieurs réservations.

«Les hôtes trouvaient toujours des excuses comme “oh, ma famille doit venir passer quelques jours ici. Mais j’étais suspicieuse quand je consultais leurs disponibilités quelques jours plus tard et que le logement était toujours libre», raconte-t-elle au micro de NPR

Certains hôtes ne s’embarrassent même pas de fausses excuses: le 31 mai dernier, une utilisatrice de Twitter signalaient les propos ouvertement racistes qu’a reçu l’une de ses amies sur Airbnb. Alors que cette dernière avait déjà réservé un logement pour quelques jours en Caroline du nord, le propriétaire a annulé sa réservation quand il a appris qu’elle était noire, en l'invectivant: «Je déteste les nègres alors j’annule. C’est le sud chérie, va reposer ta tête de nègre ailleurs.»

Onze mois après le tweet de Quirtina Crittenden, Brian Chesky s’exprime enfin sur le sujet: «Le racisme et la discrimination n’ont rien à faire chez Airbnb.» L’hôte a été définitivement exclu du site.

Des mesures efficaces?

Pour éviter que ce genre de déconvenues ne se reproduise, les hôtes devront signer à partir de novembre prochain une charte de non-discrimination (basée sur l’origine, la couleur de peau, les handicaps, l’orientation sexuelle et le genre) et disposeront d’une moindre visibilité sur les photos des locataires. La réservation instantanée, qui permet de ne pas attendre de l’approbation du propriétaire, sera mise en avant.

Aussi, pour répondre aux plaintes selon lesquelles les hôtes inventent parfois de fausses excuses pour mieux discriminer, Airbnb prévoit d’introduire une nouvelle fonctionnalité en 2017: si le propriétaire refuse une réservation sous prétexte que le logement est indisponible, cette date serait automatiquement bloquée pour toutes les autres demandes de réservation. Enfin, AirBnB s’est engagé à diversifier ses employés et a promis de créer une équipe entièrement dédiée à la lutte contre le racisme.

Mais toutes ces résolutions pourraient se révéler insuffisantes, voire inefficaces. Selon une étude de l’université d'Harvard, les propriétaires sont 16% moins enclins à accepter une réservation de locataires fictifs dont les noms ont une consonance afro-américaine par rapport à d’autres avec des prénoms stéréotypés plus blancs sur Airbnb. Quirtina Crittenden en avait fait l’amère expérience… 

Des expériences qui ont donné des idées à d'autres: deux sites concurrents –l'un, Noirbnb, réservé aux afrodescendants du monde entier; et l'autre, Innclusive, qui n'aura pas de portraits photo– sont en préparation.

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