France

Le candidat Sarkozy victime d'un réchauffement climatosceptique

Temps de lecture : 2 min

L'ancien chef de l'État qui militait en 2009 pour la taxe carbone trouve aujourd'hui que l'on parle trop d'environnement et que l'homme n'est pas le seul responsable du bouleversement climatique actuel.

Nicolas Sarkozy en meeting le 12 septembre 2016 à Provins. Thomas SAMSON / AFP
Nicolas Sarkozy en meeting le 12 septembre 2016 à Provins. Thomas SAMSON / AFP

Jamais à court d’un marqueur transgressif, comme aurait dit Patrick Buisson, pour se singulariser dans la campagne de la primaire à droite, Nicolas Sarkozy vient de franchir un nouveau cap en tenant des propos considérés comme climatosceptiques.

Devant le think tank l’Institut de l’entreprise, proche comme son nom l’indique des milieux d’affaires, l’ancien président a semblé regretter l’attention portée au changement climatique, et surtout a émis des doutes sur son origine humaine, considérant que «ça fait 4,5 milliards d'années que le climat change, [mais que] l'homme n'est pas le seul responsable de ce changement».

L'évolution de Nicolas Sarkozy sur l'environnement est donc à 180 degrés si on se réfère à ses engagements précédents sur l'écologie. On rappellera une déclaration faite il y a un peu plus de sept ans jour pour jour, le 10 septembre 2009:

«Pendant des décennies, l'Homme ne s'est préoccupé de la nature que pour mieux l'exploiter. L'héritage de ces excès, c'est à notre génération qu'il appartient de le gérer, désormais. Et le plus terrible des défis qui nous est posé, est celui du réchauffement climatique. Sans action corrective de notre part, le réchauffement en cours menace de s'accélérer: entre +1,8° et +4° d'ici à 2100, avec un risque d'une nouvelle élévation du niveau de la mer compris entre 18 et 59 cm. Il est temps d'agir.»

Alliant le diagnostic à la volonté de changement, Nicolas Sarkozy annonçait lors de ce discours l’instauration de la taxe carbone à laquelle il s’était engagé lors du Grenelle de l’environnement en 2007, et qui sera finalement enterrée après rejet du Conseil constitutionnel. Rappelons que le principe de la taxe carbone étant justement d'imposer des biens dont le processus de production est gourmand en énergies fossiles, le ralliement à sa cause revient à reconnaître l’origine humaine du changement climatique.

Tirade anti-bobos

L'outing climatosceptique de Sarkozy est en vérité le résultat final d'une inversion de tendance amorcée lors de son mandat, souligne Le Figaro, puisqu'en 2011 déjà le président s'exaspérait qu'on parle trop des questions d'environnement, et que «ça commenç[ait] à bien faire».

Plutôt que de s’attarder sur ce défi écologique, Nicolas Sarkozy préfèrerait que la France prenne en main le dossier du «choc démographique» planétaire à venir, avec des prévisions de 11 milliards d’êtres humains. «Là, l'homme en est directement responsable. Et personne n'en parle.» Curieusement, souligne Marianne présent lors de la rencontre, le candidat à la primaire de la droite juge important de s’occuper des migrations en provenance du continent africain, poussées par la désertification, mais sans relier ces évolutions aux questions climatiques. Comprenne qui pourra.

Selon Bruno Roger-Petit sur Challenges, peu importe l'enjeu écologique sur le fond, Nicolas Sarkozy ne lance pas une controverse scientifique sur la base de convictions, il «raconte aux électeurs de la droite d’aujourd’hui l’histoire qu’ils ont envie d’entendre: “On s’en fiche de l’écologie politiquement correct défendue par les bobos, on fait ce qu’on veut, comme on veut, c’est ça notre identité

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