Boire & manger

Quoi de neuf au Whisky Live?

Temps de lecture : 5 min

Tout le gratin du malt mondial se donne rendez-vous à la Cité de la Mode les 24 et 25 septembre. Cela vous laisse une petite huitaine de jours pour préparer votre itinéraire, ou pour faire du repérage à distance si vous ne pouvez pas venir.

Photo: Sébastien Gras.
Photo: Sébastien Gras.

C’est l’un de mes petits marronniers de l’année, comme me l’a fait remarquer récemment un twittos un peu vanneur, inquiet de ne pas l’avoir vu tomber. Mais quand on écrit sur le malt, ne pas évoquer le Whisky Live Paris relève de la faute professionnelle, un peu comme si un journaliste politique décidait de ne pas écrire sur la prochaine présidentielle au motif qu’il a déjà emballé l’affaire il y a cinq ans –encore que là, il pourrait plaider les circonstances atténuantes. Bref. Nous avons donc rendez-vous la semaine prochaine, les 24 et 25 (26 pour les pros), à la Cité de la mode, en bord de Seine, pour le pique-nique liquide de l’année.

Car s’il y a bien une édition à ne pas manquer, c’est bel et bien le vintage 2016, qui marque le 60e anniversaire de La Maison du Whisky, organisateur de l’événement en France. Mais au lieu de souffler 60 bougies, nous sifflerons 153 embouteillages exclusifs lancés pour l’occasion. Vous ne pourrez pas venir ? Voici ce que vous allez rater.

Apportez le défibrillateur!

La plupart des flacons estampillés 60 ans LMDW se dégusteront au bar VIP en raison de leur rareté (et de leur prix). Le plus inouï selon la rumeur, un Ben Nevis 1983 de 31 ans affiné en butts de xérès et embouteillé à 56,4% (pas goûté, mais je fais confiance à ceux qui). On se laissera tenter par un Arran 1995 de 21 ans, pleine maturation xérès oloroso (50,4%), distillé l’année de création de la distillerie et épicé à souhait. Au rayon futurs collectors, deux Kilchoman vintages 2011, de 4 et 5 ans, bruts de fût titrant à près de 60% affinés en ex-fûts de Caroni, ce rhum pétroleux et mazouté qui déchaîne l’appétit des spéculateurs. Islay meets Trinidad. Sur le stand d’Edradour, un Ballechin bien tourbé a subi les mêmes outrages en finition. Caroni n’a pas fini de recycler sa mythologie –d’ailleurs, on pourra goûter trois fûts de 20 ans (1996) pour faire un break avec le whisky.

L’année de naissance de LMDW, 1956, est aussi celle d’un Glen Grant joliment encarafé (à 53,9%) par Gordon and MacPhail dans la collection Book of Kells et vieilli en ex-fûts d’oloroso de premier remplissage. Je vous laisse méditer sur la chose. On reprend quand vous aurez cessé d’hyperventiler. All good? Reportons-nous à présent vers un Port Ellen 1982 de 33 ans, huileux et médicinal, embouteillé par Douglas Laing dans la gamme XOP. Ah, voilà que vous tachycardez à présent. Avant d’aller chercher le défibrillateur, je vous glisse donc ici la master class Karuizawa 1965: 2 cl par personne prélevés dans deux flacons, une maturation bourbon et l’autre xérès, à siroter en compagnie de Dave Broom qui a dégoté le best job de l’année (490 euros le ticket, respirez par le ventre). Arrêtons de se faire du mal (ou trop de bien, je ne sais plus): pour le programme de l’espace Collectors, je vous laisse cliquer sur le site.

Agitation et turbulences à l’horizon

Retour dans la vraie vie, sur les stands. Pour la première fois, les scotches et les autres whiskies font presque parts égales dans l’occupation de l’espace, et cela veut dire beaucoup sur l’évolution du marché. Pas mal de bourbons avec, à côté des big guns, les micro-distilleries Westland et Dry Fly (Washington), Widow Jane (Brooklyn), Dad's Hat (Pennsylvanie). Côté Japonais, on ira voir le Komagate single cask 2012 de Mars et le gin de Kyoto Distillery. Kavalan se pointe avec un small batch Peaty Cask, Amrut avec un Port Pipe tourbé (59%) et son premier 12 ans pour LMDW, dernier tome de la série Greedy Angels. Glenfiddich fait déguster IPA (un finish en fûts de bière) et XX, cuvée choisie par ses ambassadeurs de marque. Dewar rassemble ses cinq distilleries avec notamment les derniers embouteillages sortis, ceux de Royal Brackla.

Comme souvent, l’événement va se créer au stand Compass Box. Non content d’avoir abondamment semé la zizanie l’an dernier, John Glaser se pointe au salon avec «+3 yo Deluxe», un whisky de 3 ans qui devrait coûter une blinde. Pas à une provocation près, l’agitateur a assemblé 0,4% d’un whisky de 3 ans «produit près de Brora»… et 90,3% du même âgé de plus de 30 ans ainsi que 9,3% d’un autre tout aussi vieux «provenant de l’île de Skye près de Carbost» (bonjour le suspense). En vertu de la réglementation, le machin a donc officiellement 3 ans, soit l’âge du plus jeune whisky entrant dans le flacon à hauteur de trois gouttes! Pour LMDW, on découvrira également un «whisky de table» (je vous jure) «à servir frais» (#NotLeGorafi): un blended malt de 3 ans (Clynelish, Linkwood, Benrinnes, Caol Ila, mais c’est probablement secret) à déboucher entre potes. Un Spice Tree Extravaganza, davantage marqué par le sherry que les éditions précédentes, s’invite également sur le stand.

Au rayon made in France

What else? Des petits Français. Chez Armorik, demandez le batch 3 de la cuvée Maître de Chai, 7 ans dont 6 passés en fûts d’oloroso de premier remplissage. Sherry, sherry! Et le Millésime 2002 Gilles Leizour, un single cask en hommage au créateur de la première distillerie de whisky française –monsieur, vous êtes mon héros. Quatorze ans en fûts d’oloroso de second remplissage, livré brut de fonderie (56,3%), 730 bouteilles numérotées: il n’y en aura pas pour tout le monde et la bouteille sera sans doute planquée sous la nappe (à vous de vous montrer persuasif). Pour une expérience inédite, testez le single cask affiné 18 mois en fûts de chouchen, une exclu mondiale –ce conseil ne vous donnera pas le droit de me poursuivre en justice.

La Distillerie des Menhirs vient avec son très original Ed Gwenn, élaboré pour changer avec de l’orge maltée et majoritairement non maltée: ce n’est donc pas un single malt, comme on le lit parfois. Pour les 60 ans de LMDW, on se penchera avec attention sur le Silver Sherry (à base de blé noir), vieilli en oloroso. Et sous la table, on trouvera la cuvée Eddu Diamant, le plus vieux whisky français (15 ans), un must donc. Le Domaine des Hautes-Glaces apporte quant à lui, entre autres, son Tekton, vieilli 4 ans en ex-fûts de saint-joseph blanc. Bio, évidemment.

Il y en a un peu plus, je vous le mets quand même?

Derniers coups de cœur pour la route : en l’absence de Bruichladdich, pas d’Octomore cette année, et c’est donc l’Old Big Peat de Douglas Laing pour LMDW qui dégoupillera sa tourbe avec bonheur à 50% vol., en étant plus généreux sur la proportion de Port Ellen, me dit-on (je ferai comme vous, j’irai vérifier). Tourbe toujours, on se tournera vers un Benromach 2008 brut de fût bien fumé, un AnCnoc Peated 2005.

Avant de se quitter, une confirmation, un voyage et un retour. Wolfburn, dont le distillat vieilli présenté l’an dernier avait ébloui les plus blasés, présente son premier embouteillage, jeune mais impressionnant, et apporte dans sa besace le second, Aurora, qui injecte dans son assemblage un peu de fûts de sherry. LMDW vient nous rappeler que le Whisky Live se dédie à tous les spiritueux vieillis, quels qu’ils soient, et lance officiellement sa gamme de rhums de négoce, la Transcontinental Rum Line, avec des jus vieillis aux Caraïbes et en Europe et des étiquettes qui jouent la transparence. Enfin, Bushmills revient au Whisky Live: et ça aussi, ça se fête.

Whisky Live Paris, du 24 au 26 septembre à Paris. Infos et billetterie sur le site.

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