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Pourquoi les personnes en trouple ont peur de se dévoiler au grand jour

Temps de lecture : 2 min

Difficile pour les polygames et polyamoureux de faire leur coming-out: ils sont confrontés à des préjugés qui les identifient à des obsédés.

Polygamy | Keoni Cabral via Flickr CC License by
Polygamy | Keoni Cabral via Flickr CC License by

Il y a deux types de pensées qui arrivent à l’esprit quand on pense à la polygamie, ou aux polyamoureux. Certains vont immédiatement s’imaginer qu’il s’agit d’une pratique sexiste d’un autre âge, qui s’effectue forcément au détriment des femmes. D’autres vont l’associer à quelque chose de subversif, sexuel et coquin, mais pas très sérieux.

C’est à cause de ces pensées qu’il est très difficile pour les polyamoureux et «trouples» qui sont dans des relations stables de faire leur coming-out, explique un article de Fusion. Le magazine a interviewé plusieurs de ces adeptes et résume ainsi le sentiment qu’ils ont du regard qu’on leur porte:

«Les femmes qui ne sont pas monogames sont trop souvent considérées comme des salopes qui s'abandonneraient à n’importe qui, les hommes comme des Lothaire [un personnage de roman qui séduit sans cesse les femmes, ndlr] démangés par leur désir de mettre au lit n’importe quelle femme qui passe par là.»

Quand Eve Rickert a commencé à voir, ainsi que son mari, d'autres personnes à l’extérieur de son couple, cela ne ressemblait au début qu’à une «relation libre». Avec les années, les amours passagères sont devenues plus exclusives. Un troisième et un quatrième amoureux sont entrés dans leur vie. Si bien qu’à partir d’un certain temps, il lui a paru absurde d’avoir à se cacher:

«On se met à parler tous les jours à quelqu’un et cette personne devient un élément vraiment important de notre vie. Mais on doit la censurer de toutes nos conversations et ne jamais en parler. Et cacher cette part si importante de nous, y compris aux personnes qui nous sont proches.»

Certains polyamoureux ont le sentiment d’être véritablement discriminés par rapport aux couples monogames:

«Parfois, quand j’en parle, les gens me disent “Je ne veux pas que tu me parles de ta vie sexuelle” mais ils ne répondraient jamais cela si quelqu’un leur disait “J’ai un fiancé”», déplore Tikva Wolf, qui a écrit un essai sur le sujet.

Pourtant leur demande n’est pas extravagante: ils ne souhaitent ni imposer un modèle qu’ils savent très peu répandu ni s’épancher sur leurs pratiques sexuelles. Mais simplement pouvoir parler normalement, sans peur d’être jugé. Comme le dit Eve Rickert, qui a également écrit un livre sur son expérience:

«C’est vraiment chiant d’être considéré comme le vilain petit canard qui a un secret qu’il ne doit pas avouer. Nous sommes des êtres sociaux, et nous avons tous besoin qu’on reconnaisse le statut de ceux que l’on aime. C’est même pour cela qu’on porte une bague au doigt.»

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