Parents & enfants

Prends ça T’choupi, les enfants peuvent lire des livres qui ne sont pas de leur âge

Temps de lecture : 2 min

Un Américain le recommande pour les initier à la complexité du langage et des idées.

lecture | Monica H. via Flickr CC License by
lecture | Monica H. via Flickr CC License by

Dans les rayons jeunesse des librairies, l’organisation spatiale est quasiment toujours la même. Les ouvrages sont répartis, sur les étagères ou dans les bacs, en fonction de l’âge recommandé pour la lecture. Docilement, la grande majorité des parents se plie à cette catégorisation. Votre enfant a 5 ans, vous lui choisirez assez naturellement un livre classé pour les 4-6 ans. Quand l’enfant sait lire, il n’a qu’à piocher dans le bac correspondant.

On imagine, à raison, que les éditeurs classent un livre jeunesse dans telle ou telle catégorie en évaluant le niveau de difficulté de l’œuvre et les capacités supposés des enfants selon leur tranche d’âge. Il paraît a priori évident que les livres mis entre leurs mains doivent être adaptés à leur compréhension. Et qu’il faut alors laisser le jeune lecteur apprécier le plaisir de la lecture solitaire et autonome.

Préparer à l'avenir

A priori seulement. Car il existe une autre hypothèse. On peut aussi continuer à leur lire des histoires, (et oui, désolé, vous ne serez JAMAIS TRANQUILLE) mais celles issues de livres compliqués, avec des tas de choses qu’ils ne comprendront pas d’emblée et qui sont destinés à des enfants plus âgés.

C’est en tout cas ce que défend Doug Lemov, père de famille et auteur de Teach Like a Champion –ne vous fiez pas au titre, l’homme n’a rien d’un coach obsédé par les performances et interroge plutôt brillamment notre façon d’enseigner. Il a théorisé l’idée selon laquelle, au moment où l’enfant commence à savoir lire seul avec facilité, il faudrait alors lui lire (à voix haute donc) des œuvres compliquées, et même très compliquées par rapport à son âge.

«Bien sûr, il faut les encourager à lire des textes accessibles qu’ils n’auront aucun mal à décoder. Mais il faut aussi comprendre que leur lire des livres qui sont au-dessus de leur capacité de compréhension va les préparer à la compréhension d’idées compliquées et de textes complexes.»

Les effets de la manœuvre seraient multiples, selon lui, comme le rapporte le site Quartz. Bien sûr, cela les expose à des mots nouveaux et enrichit donc leur vocabulaire. Il s’agit de bien d’éclairer l’enfant quand le sens d’un terme lui échappe.

Énigmes et défis

Lire à voix haute à l’enfant des livres difficiles en adoptant les bonnes pauses et les inflexions justes les confronte également à des phrases à la syntaxe compliquée, voire, franchement alambiquée, Et à terme, les encouragera à comprendre qu’il est possible de s’exprimer ou de faire un récit autrement qu’en alignant les phrases avec sujet-verbe-complément.

En réalité, ce que Lemov bat en brèche, c’est l’idée communément admise que pour qu’un enfant aime lire, cela doit être facile pour lui, que rien ne doit lui faire obstacle et qu’il faut lui faciliter la tâche en le laissant seul découvrir des textes parfaitement calibrés. Il suggère plutôt qu’en faisant de la lecture d’un texte difficile un défi, une suite d’énigmes à percer et de pièges à éviter avec l’un ou l’autre parent, cela lui apportera davantage de confiance en lui. Et tant pis si ça implique de faire durer l’interminable rituel de l’histoire du soir.

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