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Putain d'Iphone et son correcteur de merde

Temps de lecture : 2 min

Apple censure les jurons et les mots qu’il juge vulgaire et c’est franchement pénible.

L'autocorrecteur d'Apple, cette plai qui nous empêche de jurer | Laura Bittner via Flickr CC License by

«Salut, ça va?», «Réunion à 10 heures», «C’est fini, désolée». Nous bombardons quotidiennement nos proches de SMS, messages en chat sur Facebook ou Snapchat. On tapote toute notre vie au bout du doigt, que ce soit pour des informations de première importance ou pour demander à sa moitié d’acheter du pain (ce qui peut aussi être considéré comme capital, mettons-nous d’accord). Auparavant il existait le T9, cet outil qui reconnaissait les mots avec seulement quelques lettres. Aujourd’hui, il y a l’algorithme de reconnaissance des mots d’Apple, cet outil quasi devin, qui fonctionne mille fois mieux que le T9. À un détail près. L’algorithme n’aime pas les gros mots et ça commence franchement à bien faire, accuse Quartz.

Il suffit de taper fuck sur son Iphone pour se rendre compte de l’étendue du problème. «Fuck» devient duck (canard en anglais) et il faut donc taper le mot en entier. Mais Apple ne s’arrête pas là. En 2013, le Daily Beast a repéré que près de 14.000 mots n’étaient pas reconnus par le correcteur. Et on trouve tout type de mots, même des mots du quotidien comme «tampons». Alors maintenant que la nouvelle mise à jour de l’Iphone, IOS 10 vient de sortir, il serait temps que les gros mots et les mots visiblement jugés comme vulgaires ou tabous soient enfin reconnus par l’algorithme de texte.

Bisounours

Au-delà d’un simple désagrément de devoir taper ses mots en entier, cette liste noire pose de vrais questions. Apple cherche-t-il à formater la façon dont ses utilisateurs s’expriment et à imposer une «bonne» façon de parler? Certains de ces mots font partie du vocabulaire médical et anatomique comme «suicide», «sperme» ou «vagin» et se trouvent dans tous les dictionnaires. «Apple juge-t-il ces mots dégueulasses?», s’interroge l’auteur de l’article de Quartz. Au vu des capacités de correction de l’algorithme d’Apple, il est évident que l’exclusion de certains mots est délibérée. Le géant high tech est d’ailleurs bien connu pour censurer à tout va.

Dans An Obscenity Symbol, écrit par Allen Walker Read en 1934, l’auteur écrit que l’obscénité vient surtout de la perception des gens. Visiblement, Apple continue de penser que le vocabulaire du sexe et de l’anatomie est sale et qu’un adulte ne doit pas utiliser. Il semblerait donc que nous vivions dans un monde de Bisounours où les femmes n’ont pas de règles, où nous ne sommes jamais en colère ou déprimés, où d’ailleurs le sexe n’existe pas et où nous ne sommes jamais grossiers. En gros, nous sommes tous des personnages de conte de fées. Bordel de merde, Apple, ouvrez les yeux.

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