Santé

Innovation alimentaire: quel rôle pour les industriels du secteur?

Temps de lecture : 4 min

Les acteurs traditionnels de l’agroalimentaire veulent participer à l’invention de l’assiette de demain. Cela passe notamment par un travail en partenariat avec des start-up innovantes

 Fotolia Kondor83 libre de droits
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Contenu sponsorisé - Livraison à domicile, impression alimentaire en 3D, agriculture connectée, nouveaux circuits courts, produits novateurs… L’alimentation est aujourd’hui un vaste terrain de jeu pour l’innovation. La «food tech», liant alimentation et nouvelles technologies, est d’ailleurs un secteur qui attire de plus en plus d’investissements.

Les start-up imaginent de nouveaux modèles et usages qui modifient nos modes de vie. Mais des acteurs bien installés, comme les industries agroalimentaires, veulent aussi contribuer à inventer l’assiette de demain. L’Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires) se penche d’ailleurs sur la question, en organisant par exemple le colloque «Innovation et Créativité alimentaires» sur l’innovation dans le secteur (technologique mais aussi marketing, organisationnelle, environnementale ou de service) ou en devenant partenaire du Food Lab, un incubateur européen.

Des équipes créatives

En pratique, comment les grandes entreprises aident-elles au développement d’initiatives innovantes? D’abord, en créant des entités spécifiques en interne. Par exemple, chez Lesieur, un «pôle Innovation et Développement» travaille sur le packaging de demain.

Chez Danone, François Colomban a créé l’entité «Food Discovery» : trois personnes, une équipe «agile et créative», chargée de travailler à des «innovations de rupture». C’est un labo «où l’on va créer les aliments d’après-demain, dans des cadres géographiques différents», avec des méthodes différentes de celles de la R&D traditionnelle. «Le schéma classique consiste à générer une invention et dire que ça va marcher. Notre démarche rentre plus dans le design thinking. Nous partons des questions des consommateurs pour créer des solutions», explique François Colomban.

Il s’agit d’abord de faire de l’«immersion», pour comprendre les consommateurs (le sens qu’ils donnent à leur alimentation, leurs goûts, leurs besoins,…). Puis d’imaginer des produits, fabriquer des prototypes. Avant de retourner voir les consommateurs, pour les faire réagir, voir si l’essai est pertinent, utile, comment l’améliorer. On parle de «co-création» des solutions, qui doivent être à l’interconnexion de trois axes, «la désirabilité, la faisabilité et la viabilité». En prenant soin du degré de rupture: «Si on dépasse 50% d’innovation, on est dans une grande zone de risque. Il vaut mieux partir de l’existant, et l’améliorer en le rendant plus pratique, plus nourrissant, plus sain, plus équilibré... Par exemple avec des chips ni grasses, ni salées», souligne François Colomban.

Jeunes pousses et grands groupes

Mais la nouveauté se construit aussi à l’extérieur des grandes structures. Repérer et accompagner des jeunes pousses, plus souples et agiles, peut aussi être une opportunité à saisir: un moyen efficace pour les grands groupes de détecter, soutenir et capter l’innovation, via diverses formes de collaboration. Par exemple, plusieurs grands acteurs traditionnels, comme Elior ou Lavazza, ont été partenaires de Seed and Chips, un salon international organisé en mai à Milan et consacré à l’innovation dans le domaine de l’alimentation.

Le soutien aux jeunes start-up innovantes peut aussi passer par la participation à des pôles de compétitivité. Ainsi des entreprises comme Cargill, Fleury Michon, Bel, Lesieur ou Pernod Ricard sont membres (avec des acteurs de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la formation), du réseau Vitagora. Dans cette entité basée à Dijon, on fait entre autres «de l’accompagnement pour faire émerger des projets d’innovation».

Autre bon exemple liant start-up et grands acteurs: Smart Food Paris, l’incubateur de Paris & Co (l’agence de développement économique et d’innovation de Paris) dédié à l’alimentation. Jimini’s, Kwalito, Prêt à Pousser, … : après un appel à candidature lancé en janvier, 20 start-up ont été sélectionnées pour bénéficier d’un accompagnement spécifique. Clément Chevrette, responsable de la plate-forme, explique qu’il s’agit de construire «un espace identifié comme étant un carrefour des innovateurs dans le secteur de l’alimentation, avec l’ambition de devenir une référence mondiale». Dans les projets sélectionnés, l’innovation n’est pas seulement technologique. Elle peut être sociale et solidaire, par exemple avec Les Cuistots Migrateurs ou Nos grands-mères ont du talent.

Résultat «gagnant-gagnant»

Danone et d’autres groupes (Elior, Carrefour…) sont «partenaires fondateurs» de Smart Food Paris. «Pour les acteurs traditionnels, c’est un moyen d’aller chercher de l’innovation en externe», souligne Clément Chevrette. Ces entreprises contribuent financièrement, participent à la sélection des projets, et sont ensuite en contact avec les jeunes sociétés via des «dispositifs formels ou informels». Le but? «Faciliter les liens entre les start-up et les grands acteurs traditionnels du métier de l’alimentaire dans une logique d’innovation ouverte, pour faciliter la diffusion de l’innovation», lit-on sur le site de Paris & Co.

Chaque entreprise a sa manière de faire. Dans un article récent, LSA expliquait que chez Fleury Michon, un comité de sélection en interne identifie les jeunes pousses à suivre. Le site rapportait aussi les propos de Guillaume du Gardier, directeur digital chez Ferrero, qui déclarait : «nous n’investissons pas dans les start-up dans un mode structuré, mais nous identifions les jeunes pousses dans les médias, le marketing et leur confions des programmes pilotes, puis les modélisons au niveau national pour l’ensemble des marques».

Christophe Breuillet, directeur de Vitagora, expliquait en mai à ce même site LSA que les grands groupes «ont tout intérêt à accompagner et à prendre des participations dans des start-up pour capter l’innovation. Cela devient un jeu gagnant-gagnant: la start-up se développe, l’innovation se développe, et en même temps le grand groupe profite de cette innovation, et change petit à petit son business model». Voilà bien l’objectif de ces collaborations autour de l’innovation: que chacun y trouve son compte, pour un résultat «gagnant-gagnant».

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