Monde

Trump a tellement dépassé les limites que ses propos ne choquent plus

Temps de lecture : 2 min

Les injures et mensonges du candidat font partie de la routine médiatique, au point de banaliser la gravité de ses propos

Avec ses propos racistes, xénophobes et misogynes, Donald Trump est devenu un des candidats à l'élection présidentielle les plus controversés de l'histoire du pays. (Getty Images North America / AFP / Brian Blanco
Avec ses propos racistes, xénophobes et misogynes, Donald Trump est devenu un des candidats à l'élection présidentielle les plus controversés de l'histoire du pays. (Getty Images North America / AFP / Brian Blanco

Dans l’espace d’une unique interview télévisée accordée ce lundi 12 septembre, Donald Trump a réussi à placer des propos racistes, à remettre en cause l’intégrité de la Réserve fédérale américaine et à prouver qu’il ne comprend rien à l’économie.

Sa liste d’insultes, propos xénophobes et mensonges est longue. Slate a recensé au moins 140 inepties du candidat qui, dans un cycle électoral «normal», auraient automatiquement disqualifié le magnat new-yorkais. Mais les propos controversés de Donald Trump surviennent si souvent que désormais ça ne choque plus personne, s’inquiète le site Vox.

«Ce qui fait vraiment peur c’est que Trump est en train de redéfinir ce qu’est une gaffe. Si l’on répète quelque chose assez de fois, ça ne devient plus une nouveauté.»

Le magazine cite les médias comme en partie coupables de cette désensibilisation face aux injures de Trump, en particulier la télévision qui offre à ce dernier une plateforme pour se lancer dans de grands monologues souvent bourrés d’imprécisions, et, ce, sans un rappel aux faits systématique de la part des journalistes.

À la suite d'une interview télévisée, le journaliste Matt Lauer a été fortement critiqué en juillet dernier pour ne pas avoir remis à sa place le candidat républicain qui prétendait avoir toujours été opposé à l'invasion de l'Irak (ce qui est faux). Une enquête Buzzfeed fait le constat que bien d’autres médias sont aussi concernés.

À l'inverse, CNN a été applaudie en juin dernier, pour avoir corrigé Trump au sujet de son son soutien à la nucléarisation du Japon. Sur son bandeau, la chaîne précise d'un ton sarcastique que Trump s’était bien prononcé au sujet. Une pratique inédite qu'elle mettre en place pour d'autres déclarations du candidat.

Le Huffington Post, lui, rajoute depuis Janvier la note éditoriale suivante à la fin de chaque article sur Trump, rappelant à ces lecteurs la série de propos hors normes tenue par ce dernier.

«Note du Rédacteur en chef: Donald Trump incite régulièrement à la violence politique et c’est un menteur en série, un xénophobe effréné, un misogyne et un nativiste qui a appelé à plusieurs à bannir les musulmans –1,6 milliard de personnes d’une religion entière– d’entrée aux États-Unis.»

Une politique qui devrait servir aux autres d'exemples, selon Vox.

«Nous sommes engourdis en tant que société face à Trump. Au passage, nous avons normalisé la racisme nonchalant, les insultes personnelles comme approche politique et complètement décentralisé l’idée que les élus devrait se soucier de questions de politique complexes», écrit le magazine.

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