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Comment des pilotes peuvent ignorer les appels radio pendant une heure

Brian Palmer, mis à jour le 30.10.2009 à 8 h 37

Des pilotes de la compagnie Northwest Airlines ont oublié d'atterrir.

Mercredi 21 octobre, deux pilotes de la compagnie Northwest Airlines, qui volaient de San Diego à Minneapolis, n'ont pas répondu à des appels radio pendant plus d'une heure et ont dépassé leur destination de 240 kilomètres. Ils n'ont pas réalisé ce qui se passait jusqu'à ce que des membres de l'équipage leur demandent l'heure d'arrivée via l'interphone, quelque part au-dessus du Wisconsin. Le copilote affirme que le commandant de bord et lui-même ne se sont pas assoupis aux commandes, comme certains l'ont soupçonné. L'autorité américaine chargée de l'enquête a expliqué, lundi 26 ocobre, que les pilotes utilisaient leur ordinateur portable personnel pour vérifier leurs nouveaux horaires de travail et qu'«ils n'ont pas vu le temps passer». Si les pilotes s'étaient endormis ou s'ils étaient simplement distraits, les contrôleurs aériens n'auraient-ils pas pu intervenir en leur hurlant dans les oreilles?

Pas si le volume était au minimum ou si l'équipage du vol écoutait une autre fréquence. En vol, la plupart des pilotes de ligne portent un casque, même s'ils ont la possibilité d'activer le haut-parleur du cockpit. Dans les deux cas, une radio est toujours allumée dans la cabine de pilotage. Mais cela ne veut pas dire que l'équipage est toujours à l'écoute des messages vocaux en provenance du sol.

Les pilotes ont le choix entre deux fréquences: l'une pour communiquer avec les contrôleurs aériens et l'autre pour recevoir des informations de navigation en morse provenant de balises situées au sol. (On peut écouter une seule radio à la fois.) De nos jours, la plupart des avions disposent de systèmes de positionnement plus sophistiqués, ce qui rend l'écoute des points et des traits facultative. Néanmoins, de nombreux pilotes continuent de mettre la radio de navigation de temps à autre. Dans des circonstances normales, le copilote reste branché sur la fréquence vocale pendant que le commandant change de fréquence.

Dès lors que le volume est à un niveau audible, un pilote ne peut pas confondre les fréquences qu'il écoute. Il est possible de régler le volume du casque ou du haut-parleur du cockpit grâce à un bouton situé sur le tableau de bord de sorte que le son soit presque imperceptible. Mais il n'y a pas de raison qu'un pilote coupe le son des communications radio quand l'avion est en vol.

En général, les pilotes de ligne communiquent avec les contrôleurs aériens environ toutes les dix minutes, car un avion commercial est suivi par différents contrôleurs aériens. Quand un avion est sur le point de quitter le ressort d'un contrôleur (c'est ce qu'on appelle le «transfert de contrôle»), ce dernier donne la consigne au pilote de changer de fréquence radio. Le pilote confirme qu'il a bien compris l'information en la répétant, puis il effectue le changement de fréquence et contacte le nouveau contrôleur. (Vu la localisation et la vitesse du vol de Northwest Airlines, les pilotes auraient dû communiquer avec le personnel de contrôle aérien au sol au moins cinq fois en une heure - et probablement plus dans la mesure où ils approchaient de leur destination.) Quand les conditions sont bonnes, ce sont souvent les seules communications entre l'avion et les contrôleurs au sol à mi-parcours. Même pendant les délais entre les transferts de contrôle, le pilote doit pouvoir entendre les communications entre les contrôleurs aériens et les autres vols.

Si les contrôleurs au sol n'obtiennent pas de réponse, ils envoient des messages textuels à une unité de données située sur le tableau de bord de l'avion en sus de leurs appels radio répétés. S'ils soupçonnent un problème au niveau de la réception, ils peuvent demander aux autres pilotes se trouvant à proximité de lancer un appel radio au pilote silencieux. Si la radio de l'avion ne fonctionne plus du tout, le pilote est censé prévenir les contrôleurs en leur envoyant un message via le transpondeur de l'avion. En toutes circonstances, les contrôleurs aériens ne s'autorisent pas à crier. Dans la culture aéronautique, transpondeurgarder son calme dans les situations de détresse est de rigueur.

Brian Palmer

Traduit par Micha Cziffra

Image de Une: Deux pilotes de Middle East Airline, REUTERS/Mohamed Azakir

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