Tech & internet / Culture

Profitez du «pic» de séries, car il ne durera pas éternellement

Temps de lecture : 2 min

Le spectateur de séries est le grand gagnant de la concurrence exacerbée entre réseaux de télévision et services de streaming. Mais la tendance pourrait s'inverser et la production décroître.

Image extraite de la série «Stranger Things» | Netflix
Image extraite de la série «Stranger Things» | Netflix

Si vous avez l’impression qu’il y a trop de séries à voir, c’est normal. Le marché américain, plus grand pourvoyeur en la matière, a accouché de 419 séries originales en 2015, soit le double de la production six ans plus tôt en 2009 (avec «seulement» 210 séries), selon des données provenant du réseau télévisé américain FX récemment dévoilées.

Les sériephiles du monde entier s’en réjouissent pour le moment, puisque la production n’a jamais été d’aussi bonne qualité, et que ce catalogue sans fin a l’avantage de permettre à chaque amateur de trouver un genre qui lui correspond (ce qui pose aussi la question de la fonction que remplit la série). Symptôme visible de cette course à l’audience, le service de streaming Netflix, qui ne cesse d’investir dans des projets onéreux et risqués (comme dernièrement Stranger Things ou… Marseille) pour conserver ses abonnés et élargir sa base. Mais, rappelle le site Fast Company, les réseaux traditionnels de télévision américaine pourvoient encore plus de séries que les pure players comme Netflix, avec en 2015 pas moins de 186 séries originales diffusées… contre 66 en 2009.

La concurrence est donc généralisée, et il se pourrait que la «bulle» de séries en train de se former éclate dans les deux prochaines années. Selon le président de la chaîne FX (qui a produit American Horror Stories, The Americans ou Fargo), John Landgraf, qui s’est exprimé sur le sujet durant l’été, un pic de séries devrait être atteint en 2017, excédant le nombre de 500 productions originales, pour décroître ensuite, au plus tard en 2019, affirme-t-il.

Si ce spécialiste du secteur est si confiant dans ses prédictions, c’est qu’il a analysé l’évolution des budgets des séries rapportés à leurs audiences, et a constaté une hausse de 20% des coûts de production d’une heure de série en cinq ans, soit 4 à 5 millions de dollars par heure! Ce budget pharaonique, qui incorpore les coûts de marketing, condamne en conséquence chaque série à entrer dans la gamme des programmes les plus regardés pour être rentables, c’est-à-dire autour de 4 millions de spectateurs. Toutes ne réussiront évidemment pas un tel pari, et perdront beaucoup d'argent. Côté consommateurs enfin, l'explosion de l'offre devrait se heurter à une limite: la capacité humaine à absorder un certain nombre d'heures quotidiennes de séries.

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