Santé

Peur d'être pédophile ou violent, le cauchemar des personnes souffrant de pensées intrusives

Temps de lecture : 2 min

Grâce à internet, les personnes atteintes de pensées intrusives et obsessionnelles trouvent enfin un espace de parole.

Screaming | thismanruinedmylife via Flickr CC License by
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«Bonjour. Je vais partager une de mes peurs avec vous. J'ai peur d'être pédophile. Pourquoi ai-je peur? Parce que les pédophiles sont des mauvaises personnes et qu'ils sont mis au ban de la société. Quand ils vont en prison, ils sont les gens qui sont le plus systématiquement battus, violés et parfois même tués parce que tout le monde déteste les pédophiles. [...] J'ai peur, par exemple, de parler aux enfants, de les toucher ou de jouer avec eux car j'ai peur que leurs parents pensent que je les touche avec une mauvaise intention.»


Ce genre de pensées, les personnes atteintes de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) suscitant des «pensées intrusives» ont à les affronter au quotidien, rapporte le site Mashable. La peur de faire du mal à leurs proches ou de se faire du mal à eux-mêmes, la culpabilité d'avoir de mauvaises pensées ou de ne pas se considérer comme normaux sont autant d'idées qui les assaillent, les envahissent et les forcent à accomplir de nombreux rituels pour se soulager de leurs angoisses.

Ce double phénomène d'obsessions et de compulsions est davantage connu du grand public lorsqu'il s'agit de répondre à des angoisses par des rituels précis (obsession pour l'hygiène, nécessiter de compter ou de d'effectuer certains gestes pour se calmer). Mais, comme le rapporte Mashable, ces pensées, qui effraient le sujet au point de le torturer psychologiquement comme physiquement, laissent de nombreux malades dans la plus complète solitude. Et sans moyens de réaliser qu'ils pourraient tout simplement être soignés.


C'était sans compter l'arrivée d'internet. En confiant aux moteurs de recherches les symptômes qui les caractérisent, les personnes atteintes de pensées intrusives osent enfin mettre des mots sur leurs pensées les plus sombres ou les plus inavouables.

Conscient de ce fait, Aaron Harvey, 35 ans, a créé le site Intrusivethoughts.org où il rassemble des témoignages et des conseils thérapeutiques à destination des personnes qui souffrent de pensées intrusives ou de leurs proches. Pouvoir partager ses angoisses, les exposer aux yeux de tous et surtout trouver ensemble des solutions, une nécessité pour Aaron Harvey:

«J'essaie de créer le site que j'aurai rêver de trouver il y a vingt-deux ans, explique-t-il en faisant allusion à sa première crise de pensées intrusives. Si je peux sauver quelqu'un de 20 ou 40 ans ou aider ceux qui sont au lycée et qui pensent qu'ils sont fous... Il y a un million de raisons pour lesquelles je peux avoir avoir un impact positif sur autrui.»

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