Monde

La Maison Blanche est à vendre (au profit des démocrates)

Slate.fr, mis à jour le 29.10.2009 à 12 h 23

Barack Obama en campagne en 2007 par tranplanted mounatineer via Flickr

Barack Obama en campagne en 2007 par tranplanted mounatineer via Flickr

8.000 dollars pour regarder le Super Bowl dans la salle de cinéma privée, 100.000 pour être parmi les hôtes d'un banquet, 500.000 pour une partie de golf avec le président (une séance sportive de luxe dont a récemment profité Robert Wolf, cadre de très haut niveau de la banque UBS): Barack Obama donne de sa personne, et surtout un accès V.I.P à la Maison Blanche pour remplir les caisses du parti démocrate avant les élections de mi-mandat de l'automne 2010.

L'utilisation partisane de la Maison Blanche, bien que controversée, n'est pas une nouveauté: Bush et Clinton avant lui offraient aux généreux donateurs des invitation spéciales et autres petits privilèges. Mais les conservateurs ont sauté sur l'occasion pour souligner que les grands discours sur le changement sont facilement oubliés quand les intérêts du parti sont en jeu.

Lenny Davis, soutien enthousiaste du président, le défend avec pragmatisme: «S'agissant des levées de fond, je n'ai jamais entendu Barack Obama dire 'je crois au désarmement unilatéral'. Tant que les républicains lèvent de l'argent nous devons aussi lever des fonds, et nous avons gagné la Maison Blanche, nous avons le droit d'en profiter.»

La Maison Blanche de son côté prétend qu'il n'y a aucune corrélation entre les dons et le fait d'avoir accès au siège de la présidence. Pourtant des dizaines de donateurs ont été invités à la fête donnée pour la Saint-Patrick et 17 au discours de Wall Street du président.

Un document du Comité National Démocrate officialise même les «tarifs» en vigueur: ceux qui s'engagent à lever 30 000 dollars pour quatre années consécutives, et font à ce titre partie du Comité de Conseil National, auront des réunions trimestrielles avec des membres haut placés de l'administration Obama, des conference calls bimensuels, et contribueront à «dessiner l'agenda politique».

C'est ce dernier point qui fait un peu tache. «Offrir aux gens une grande fête où ils peuvent se régaler d'une bonne pièce de poulet mariné est une chose, mais quand vous commencez à amener les gens qui ont donné de l'argent dans les discussions politiques... Je pense qu'il devrait y avoir une limite claire sur ce point», explique Scott Thomas, ancien président de la commission électorale fédérale, interrogé par CBS et le Washington Times.

Reste qu'aucun des deux partis ne renoncerait à l'avantage inestimable que représente la maison blanche dans l'exercice stratégique de la levée de fond.

 


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