Partager cet article

Vidéo. Voilà pourquoi les Américains n'ont pas vu l'une des plus importantes photos du 11-Septembre

Lorsque les tours s'effondrent, le 11 septembre 2001, la ville est bouclée, les corps jonchent le bas des tours du World Trade center sous une épaisse fumée grise, dans la poussière. Peu de journalistes peuvent accéder au carnage. La plupart des images montreront la skyline de la ville, étouffée. Elles montreront les immeubles, les pompiers, la ville emmurée dans le silence des décombres. Très vite, les Américains ne voudront plus voir les morts.

Mais le photographe Richard Drew, qui couvrait pour AP un défilé de mode à Manhattan, ce jour-là, et qui s'est très vite rendu sur les lieux, a saisi un corps qui tombe. Un cliché qui deviendra connue sous le nom de «The Falling Man», après avoir accompagné sous ce titre un article du magazine Esquire. Un cliché unique, montrant un inconnu, dont on déduira, sans jamais connaître son nom, et après beaucoup de fausses pistes, qu'il était un employé du restaurant Windows of the World,  aux 106e et 107e étage de la tour Nord. 

Beaucoup d'Américains oublieront cette photo, ou ne la verront jamais. Car comme le raconte Le Monde, si dans les jours qui ont suivi l’attaque terroriste, la photographie est reprise dans des journaux du monde entier, très vite elle va disparaître: «de la presse, des films et des documentaires sur le 11-Septembre, comme toutes les images ou enregistrements des personnes ayant sauté du haut du World Trade Center ce jour-là (entre 80 et plusieurs centaines, selon les estimations contradictoires du New York Times et USA Today). L’écrivain Don DeLillo, qui a peut-être été celui qui a le mieux capturé l’atmosphère de chaos et de résilience du New York post-11 Septembre, n’a pas utilisé l’image, alors même qu’il titrait son livre Falling Man. Un acte d’autocensure national qui concerne en particulier cette photo. Elle n’est pas gore, pleine de sang. Elle est belle et insoutenable à la fois»

Richard Drew explique:

«Ce n'est pas comme d'autres photographies de situations violentes, d'autres désastres: il n'y a ni sang, ni coups de feux. Mais les gens y ont une réaction très forte parce qu'ils s'identifient, ils auraient pu être dans la même situation. Ils auraient pu sauter comme l'homme de la photo.»

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte