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Que se passera-t-il quand l'Etat Islamique sera tombé?

Temps de lecture : 2 min

Après un attentat à Mogadiscio, en Somalie, le 25 août 2016, après un attentat par des rebelles Shebab liés à Al-Qaida.MOHAMED ABDIWAHAB / AFP
Après un attentat à Mogadiscio, en Somalie, le 25 août 2016, après un attentat par des rebelles Shebab liés à Al-Qaida.MOHAMED ABDIWAHAB / AFP

«Que se passera-t-il quand l'Etat Islamique sera détruit? Le futur du Moyen Orient dépend sans doute de cette question: qui remplira le vide laissé sur le terrain, et peut-être plus important encore, le vide laissé dans l'imagination des djihadistes du monde entier?»

C'est ce qu'écrit le spécialiste du Moyen-Orient du Wall Street Journal, Yaroslav Trofimov, dans un long article publié le 9 septembre. Car l'Etat Islamique recule, incontestablement. Mais son rival idéologique, Al-Qaida, qui s'est opposé aux ambitions d'Abu Bakr al-Baghdadi, calife autoproclamé de l'Etat Islamique, pourrait entuite le remplacer. Et bénéficier d'un terreau fertile après son élimination.

Trofimov précise notamment que:

  • les combats contre Daech ont retardé des conflits et des mouvements de protestation dans tout le Moyen-Orient, qui verront le jour une fois l'ennemi détruit.
  • la chute de l'EI enhardira les populations qui depuis des années ne demandent plus de réformes à leurs gouvernants parce qu'ils sont trop préoccupés par le terrorisme
  • l'opposition entre sunnites et chiites –qui a concouru à l'émergence de l'EI– ne va pas disparaître, elle pourrait même s'accroître.

Une organisation toujours forte et renouvellée

Vendredi 9 septembre, le leader d'Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri est revenu sur les attentats de 2001 (des attentats «bénis» selon lui, et à l'époque desquels il était le second de Ben Laden) et a appellé à de nouvelles attaques sur les etats-Unis. Dans le Wall Street Journal, Trofimov ajoute qu'«Al-Qaida pourrait déjà être en train de fomenter une nouvelle vague d'attaques terroristes dans le monde occidental et ailleurs».

L'organisation rivale de l'EI a été éclipsée ces dernières années, mais n'a pas chômé: sous le leadership du docteur égyptien Zawahiri, très probablement basé au Pakistan, «l'organisation s'est saisie d'une approche plus pragmatique, consistant à décentraliser ses opérations, à renforcer son ancrage dans les pays où elle est installée, et à nouer des alliances avec des groupes moins radicaux».

En avril dernier, le chercheur Charles Lister du think tank Middle East Institute, expliquait à la BBC:

«Al-Qaida s'est adapté pour jouer sa partie sur le long terme. Elle se focalise sur la construction d'alliances, et sur les liens tissés avec les communautés locales, pour devenir une base durable, à partir de laquelle elle pourra ensuite poursuivre ses objectifs internationaux».

Dans le même article de la BBC, Katherine Zimmerman, chercheuse du think tank américain conservateur American Enterprise Institute, notait qu'Al-Qaida est une organisation «bien plus solide» qu'on ne le croit souvent. Notamment financièrement.

Dans le WSJ, Daniel Benjamin du Dartmouth College, qui a travaillé au Ministère des affaires étrangères américain, coordinateur de l'anti-terrorisme sous l'administration Obama, précise: «Voir ISIS disparaître ne veut pas dire que le problème djihadiste disparaît. Éliminer le caliphat sera une réussite—mais le plus probable, c'est que ce soit la fin du commencement plutôt que le commencement de la fin».

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