Boire & manger

Une liste de courses géante dans Central Park

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 11.09.2016 à 14 h 54

Repéré sur Bon appétit, Huffington Post, Public Art Fund

Pâtes, lait, moutarde, oeufs... L'artiste David Shrigley a gravé dans la pierre une liste de course banale.

Shopping! | joe jukes via Flickr CC License by

Shopping! | joe jukes via Flickr CC License by

Dans le sud-est de Central Park, à New York, l’artiste David Shrigley a installé cette semaine une liste de courses géante. Ce grand bloc de granit de plus de 5 mètres de haut, ressemblant à une pierre tombale (on peut voir des photos ici), est financé par le Public Art Fund, une organisation qui entend apporter de l’art contemporain dans les espaces publics.

David Shrigley

Sur la pierre sont gravés différents items d’une liste de course classique, une grande majorité d’aliments (crackers, fromage, beurre de cacahuète, yaourts, bananes, pain…) et quelques autres produits (bain douche, papier toilette…). L’œuvre s’intitule «Memorial». David Shrigley explique à Bon appétit qu'une liste de course, tout comme un mémorial, a une fonction d'aide à la mémoire. 

Emma Enderby, curatrice au Public Art Fund, observe pour le Huffington Post :

«Les monuments publics sont des éléments familiers dans les parcs et sur les places à travers le monde, et permettent aux communautés de célébrer, de se souvenir, ou de rendre hommage à de grands efforts ou à des individus. Avec Memorial, David a cependant choisi de célébrer un des actes les plus familiers de nos vies quotidiennes: griffonner une liste de courses».

Et de souligner également que l’aspect éphémère d’une liste de courses habituelle contraste avec le matériau choisi. Selon le site du Public Art Fund, l'anonymat, l'absurdité et la banalité de cette liste en font carrément «un mémorial à la fois à personne et à tout le monde, peut-être comme une ode simple mais poignante à l'humanité». 

Nutella poétique

Pour établir sa liste de courses, l’artiste, qui vit en Angleterre, a dû s’adapter aux consommateurs américains:

«J’ai réalisé que ma liste d’origine était très britannique. J’ai demandé à tous mes amis à New York de m’envoyer leurs listes de courses, leurs vraies liste de courses. Nous avons enlevé des choses comme le vinaigre de riz, pour les remplacer par des produits comme le ketchup. C’est devenu un peu plus la liste de Monsieur ou Madame Tout le monde. Nous ne voulions pas une liste bourgeoise d’épicerie fine».

Au final, cela ne correspond pas vraiment aux habitudes de David Shrigley, qui explique à Bon appétit:

«Je ne mange plus de viande, donc pas de saucisses pour moi. Je dirais que ce que j’achète le plus, c’est du pain. J’achète beaucoup de lait d’amande. Je fais partie de ces gens là».

Après les produits pour le ménage, la liste se termine par le Nutella. Pourquoi donc? Une quelconque symbolique se cache-t-elle dans la pâte à tartiner en guise de conclusion? En fait, ce serait plutôt une affaire de poésie de l'inventaire... 

«Dans un sens, quand vous écrivez une liste, il y a une certaine poésie. Il y a un certain rythme, et Nutella arrive à la dernière ligne? Nutella est l’ultime luxe, n’est-ce pas? Bien que personnellement, je n’aime pas le Nutella, mais c’est juste moi. Je préfère un peu de beurre d’amande».

Pour Emma Enderby, «lire une liste dans l’ordre constitue aussi un récit, presque comme un court poème absurde de notre monde contemporain».

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