Monde

Témoignages de femmes musulmanes: le New York Times répond aux critiques de Valls

Repéré par Agathe Charnet, mis à jour le 06.09.2016 à 11 h 51

Repéré sur The New York Times, Huffington Post

Le Premier ministre estime qu'un grand nombre de témoignages publiés par le New York Times ont été recueillis «à la suite» du camp d'été décolonial. Le quotidien dément.

Manuel Valls, le 5 septembre. PHILIPPE DESMAZES / AFP.

Manuel Valls, le 5 septembre. PHILIPPE DESMAZES / AFP.

«Notre article s'appuie rigoureusement sur les réponses de plus de 1.200 lectrices qui ont réagi à un appel à témoignages diffusé en ligne en anglais, français et arabe interrogeant le ressenti des femmes musulmanes en Europe à la suite de l'interdiction du burkini. Nous maintenons notre article.» Voilà ce que répond Danielle Rhoades Ha, porte-parole du New York Times, à Manuel Valls dans un article publié le 6 septembre.

À l'origine de cette polémique, on trouve la parution, la semaine dernière, d'un article du quotidien américain –dont nous avons publié des extraits– rassemblant les témoignages accablants de femmes musulmanes européennes qui faisaient état de leur détresse face aux discriminations subies au quotidien. Une étudiante toulousaine de 23 ans, Charlotte, expliquait ainsi: «On m’insulte, me crache dessus (littéralement) tous les jours dans le métro, le bus, mon école. Pourtant, je n’ai jamais insulté, frappé quelqu’un. Non, je suis juste musulmane.»

Le Premier ministre a répliqué dans une tribune publiée dans le Huffington Post le 5 septembre, intitulée «En France, les femmes sont libres»:

«Ce que je conteste avec la plus grande vigueur, c'est que la journaliste donne la parole à des femmes de confession musulmane en prétendant que leur voix serait étouffée, et ce, pour dresser le portrait d'une France qui les oppresserait. Par ailleurs, elle n'explique pas ce que sont les principes républicains: liberté, égalité, fraternité, et la laïcité à la française.»

Manuel Valls fustige notamment les méthodes d'enquête de la journaliste Lillie Dremeaux, l'accusant de ne pas avoir «interrogé l'immense majorité des femmes musulmanes qui ne se reconnaissent pas dans une vision ultra-rigoriste de l'islam». Il affirme que la journaliste a enquêté dans un contexte bien précis: 

«Ces témoignages ont été pour la plupart obtenus à la suite d'un événement scandaleux organisé en France: un "camp d'été décolonial". Un camp qui, et cette information a son importance, était interdit –je cite– aux "personnes à la peau blanche"!»

Manuel Valls réaffirme également son opposition au port du burkini (il avait soutenu les arrêtés municipaux l'interdisant au mois d'août), le décrivant comme «une provocation», un symbole de «l'islamisme radical qui surgit et veut s'imposer dans l'espace public!».

Le New York Times dément, dans sa réponse à Manuel Valls, avoir fondé son article sur les témoignages de participants au camp d'été décolonial. Le journal américain rappelle également que de nombreux arrêtés anti-burkinis ont été annulés par la justice française et ajoute:

«M. Valls se montre clair sur le fait qu'il ne prendrait pas en compte l'avis des femmes musulmanes qui considèrent que le burkini constitue une possibilité de participer aux activités estivales. Certaines femmes expliquent en effet que leur interprétation de la foi leur préconise de se vêtir modestement, le burkini leur permettait donc de se rendre à la plage.»

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