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Dans la Silicon Valley, mieux vaut faire du porte-à-porte et acheter son logement cash

Gare de Redwood City /slightly-less-random via Flickr CC License by

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La pénurie est tellement criante que les propriétaires sont harcelés par les acheteurs potentiels.

La pénurie d’offre de logements a pris de telles proportions dans la Silicon Valley que les acheteurs ont adopté une nouvelle technique: aller directement taper à la porte de propriétaires dont le bien n’est pas à la vente… en mettant le prix pour les persuader du contraire. Le New York Times a recueilli des témoignages de propriétaires qui, alors qu’ils ne demandaient rien à personne, et n’ont entrepris aucune démarche pour vendre, se sont retrouvés avec des plus-values monstres.

Une infirmière et son mari imprimeur à la retraite ont ainsi, raconte le quotidien, fait une plus-value d’un million en revendant leur maison achetée en 1987 dans une commune pourtant considérée comme une banlieue morne, Redwood City. Le déséquilibre entre offre et demande est la conséquence de l’attraction du la région, première pourvoyeuse d’emplois dans le secteur high tech: dans le comté de San Mateo où la maison a été vendue, le nombre de maisons disponibles à la vente a baissé de 62% en dix ans quand la population a cru dans le même temps… de plus de 70.000 individus.

Limiter la croissance des emplois

Et les projets de nouveaux campus de Facebook et Google vont encore accroître la pression démographique et immobilière. Facebook a d'ailleurs annoncé en juillet la construction d'au moins 1.500 logements, destinés non pas uniquement à ses salariés, mais à la population locale. Le phénomène est d’une telle ampleur que les municipalités, fait rare, demandent à présent de limiter la croissance des emplois dans leur secteur.

La pratique qui consiste à venir sonner à la porte d’un propriétaire pour payer cash sa maison assure aux heureux bénéficiaires des plus-value conséquentes, elle révèle aussi le sentiment de toute-puissance de l’élite numérique locale. L’histoire de Mark Zuckerberg ayant acheté en 2012 une maison qui lui plaisait pour un prix exhorbitant à San Francisco est emblématique de cet état d’esprit. Ironiquement, note le New York Times, ces acheteurs ont recours à des technologies anciennes pour solliciter les propriétaires: le courrier postal, jugé plus formel et plus efficace, au point que certains se lancent dans des campagnes de prospection par courrier. «La technologie rend les gens impatients», statue, avec recul, un agent immobilier de la région.

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