Parents & enfants / Monde

Arrêtons d’emmerder les femmes politiques sans enfant

Temps de lecture : 2 min

Comme la chancelière allemande Angela Merkel ou la Première ministre du Royaume-Uni Theresa May, Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, est sans cesse questionnée sur le fait qu’elle n’a pas d’enfants. Pour mettre fin à cette curiosité malsaine, elle a choisi de s’expliquer une bonne fois pour toutes dans un livre à paraître, pour, espère-t-elle, «contribuer à créer un climat de tolérance».

Nicola Sturgeon le 28 juin 2016. Andy Buchanan / AFP
Nicola Sturgeon le 28 juin 2016. Andy Buchanan / AFP

Pour les femmes, ne pas avoir d’enfants les expose, à partir d’un certain âge, à tout un tas de remarques désagréables. C'est particulièrement le cas des femmes politiques, qui sont accusées, plus ou moins directement, d’être des égoïstes qui auraient privilégié leur carrière. Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, en a fait les frais pendant longtemps, devant se justifier à chaque interview. En avril 2015, elle a fini par dire que le fait de ne pas avoir d’enfants avec son mari Peter Murrell n’était pas un choix «conscient».

Et voilà maintenant qu’elle raconte tout dans un livre à venir, expliquant avoir subi une fausse couche à l’âge de 40 ans, pour, dit-elle, changer un peu le regard que l’on porte sur le femmes politiques sans enfants:

«En partageant mon expérience, j’espère (...) pouvoir contribuer un petit peu à créer un climat de tolérance, et à faire en sorte que ces situations soient considérées comme strictement personnelles plutôt que d’être au centre des conversations comme elles le sont maintenant», a-t-elle tweeté.

De nombreux hommes politiques sans enfants

Le même reproche n’est que rarement fait aux hommes, à tel point qu’on connaît très bien les noms des femmes politiques qui n’ont pas d’enfants, et absolument pas les noms des hommes qui sont dans la même situation.

Cette discrimination a été illustrée dès les premières interviews accompagnant la sortie du livre de la Première ministre, par une infographie du journal britannique Sunday Times datée du 4 septembre, intitulée «Les femmes politiques sans enfant»:

L'hebdomadaire mentionne la chancelière allemande Angela Merkel, la Première ministre du Royaume-Uni Theresa May, l'ancienne secrétaire d'État Angela Eagle, ou encore Ruth Davidson, chef du parti conservateur écossais. Mais oublie que de nombreux hommes sont dans le même cas, comme Alex Salmond, ancien premier ministre d'Écosse, Humza Yousaf, ministre écossais des Transports, ou encore Liam Fox, secrétaire d'État au commerce international du Royaume-Uni, comme l’a fait remarquer l'association Women 50 : 50.

Traduction: «Image de gauche: aujourd’hui dans la presse. Image de droite: jamais publiée dans aucun média. #sexismeordinaire»

«Je suis également un politique sans enfant. Mais j'imagine que comme je suis un homme, cela n'a pas d'importance», s’est moqué le député Chris Elmore.

«Oh, j'adore TELLEMENT être catégorisée comme "femme politique sans enfant"...», a ironisé Ruth Davidson.

Le Sunday Times s’est finalement excusé: «Après réflexion, nous aurions pu présenter cet encadré de façon plus sensible», a déclaré un porte-parole du journal selon le site Les Nouvelles News.

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