Santé

Nutrition: de l’importance des «1000 jours»

Temps de lecture : 4 min

La période allant de la conception aux 2 ans d’un enfant est cruciale pour sa santé future. L’environnement, et notamment l’alimentation de la mère et du bébé, joue un rôle essentiel. Depuis quelques années, différents acteurs se mobilisent autour de ces «1000 jours».

Fotolia bébé mmphoto
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Contenu sponsorisé - Les «1000 jours» séparant le début de la grossesse et le deuxième anniversaire d’un bébé sont une période clé pour la santé tout au long de l’existence. L’environnement pendant ces quasi trois années a un impact important sur la vie du futur adulte, selon un concept et un champ de recherche récent: les «origines développementales de la santé et des maladies», ou en anglais «developmental Origins of Health and Diseases», correspondant au sigle DOHaD.

De quoi s’agit-il? Le professeur Umberto Simeoni, chef du service pédiatrie et du laboratoire de recherche «DOHaD» au Centre hospitalier universitaire vaudois, à Lausanne, explique:

«L’évolution des maladies chroniques de l’adulte devient épidémique. Le style de vie et l’environnement des adultes, ainsi que certaines prédispositions génétiques sont en cause. Mais il y a en réalité un troisième facteur important: les origines développementales de la santé et des maladies. Le lit se met en place tôt, le développement d’un fœtus et d’un bébé est une période sensible et vulnérable à l’environnement. C’est un moment clé dans la trajectoire de vie».

Des mécanismes complexes

Que se passe-t-il au juste? «Un des mécanismes en jeu est l’épigénétique, une modification qui ne touche pas la séquence du génome, mais l’environnement des gènes. Leur niveau d’activité est régulé, ils sont plus ou moins actifs, en fonction de marques épigénétiques, qui sont en lien avec l’environnement, et notamment l’alimentation», précise Umberto Simeoni. Pendant cette période particulière, ces «marques» restent.

Une des explications avancées est que le développement même d’un être vivant fait appel à l’épigénétique: les cellules souches se spécialisent, même si chacune contient tout le génome humain. Comme on peut le lire sur le site de la SF-DOHaD (Société francophone Origines Développementales de la Santé), durant ces «1000 jours», «la plasticité du génome en réponse à l’environnement permet de façonner les tissus, les organes et de conférer au fœtus, à l’enfant un capital fonctionnel plus ou moins bon».

Heureusement, ces marques épigénétiques sont «en principe, réversibles». Cependant, les conséquences de ces modifications liées à l’environnement, à certains moments clés, «peuvent être irréversibles», notent les chercheurs. L’environnement pendant ces «1000 jours» englobe donc plusieurs éléments, comme le style de vie, le stress, les toxiques, ou encore la nutrition. «Ces stimuli, même s’ils ne sont pas des blessures, sont captés comme des signaux par le bébé. Ainsi, si le contexte de nutrition est déséquilibré, le bébé va l’enregistrer», précise Umberto Simeoni.

Comme l’indique encore le site de la SF-DOHaD, une des premières études de ce nouveau champ de recherche, dans les années 1980, montrait que «le risque de décès par maladie coronarienne à l’âge adulte était corrélé au poids du sujet à sa naissance», et donc en lien avec la nutrition intra-utérine. Plus tard, d’autres études ont montré des liens entre l’environnement alimentaire des «1000 jours» et d’autres pathologies, comme par exemple le diabète.

Politiques de prévention

Pour Umberto Simeoni, ce concept «mène à orienter les politiques de prévention, à cibler les conseils concernant cette période pour agir en amont». Ce qui donne lieu à des recommandations simples, comme éviter les aliments trop denses en énergie et de mauvaise qualité nutritionnelle, rechercher une alimentation équilibrée, éviter les substances toxiques…

Divers acteurs entendent agir: les entreprises privées, comme Danone, qui fait de la nutrition infantile pendant les «1000 jours» l’un des principaux axes pour promouvoir des comportements alimentaires plus sains (notamment dans son rapport annuel 2015), via les produits et des programmes de R&D spécifiques. Mais aussi grâce à des informations: le site Early Life Nutrition (en anglais), lancé par Danone Nutricia Australie, donne ainsi des recommandations pour chaque période clé. Entre autres, l’importance des oméga-3 pendant la grossesse, du fer entre 6 et 12 mois ou encore de la limitation des boissons sucrées entre 1 et 3 ans.

Les associations se fondent aussi de plus en plus sur ce concept de DOHaD. Thousand days (mille jours), par exemple, est «la principale organisation à but non lucratif» travaillant spécifiquement sur la bonne santé de la mère et de l’enfant pendant cette «fenêtre d’opportunité». Soutenue par le gouvernement américain, la Fondation Bill & Melinda Gates et de nombreuses ONG (Acted, Action contre la faim, Save the Children,…), l’organisation travaille spécifiquement à informer et mobiliser différents acteurs sur ces «1000 jours».

Mobilisation internationale

Les grandes organisations internationales se saisissent aussi de ces «1000 jours». L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a publié en 2014 un rapport intitulé «Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant». Le point de départ? «Une nutrition adaptée dès les premiers stades de la vie est d’une importance cruciale pour le bon développement physique et mental et la santé à long terme».

Selon l’OMS, il naît chaque année dans le monde environ 13 millions d’enfants avec un retard de croissance intra-utérine, et 20 millions d’enfants ayant une insuffisance pondérale. Or, «un enfant de faible poids à la naissance est exposé à un risque de morbidité et de mortalité plus élevé et est également plus susceptible de développer ultérieurement des maladies non transmissibles comme le diabète et l’hypertension». Il s’agit donc de mettre en place des «actions prioritaires» pour atteindre des cibles mondiales d’ici à 2025, ce qui passe par une meilleure nutrition des mères, puis des bébés.

L’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) dans son rapport «Améliorer la nutrition de l’enfant, un objectif impératif et réalisable pour le progrès mondial», publié en 2013, affirme également l’importance de ce concept. Dès l’avant-propos, Anthony Lake, directeur général, écrit qu’une «mauvaise alimentation dans les 1 000 premiers jours de la vie de l’enfant peut avoir des conséquences irréversibles. Pour des millions d’enfants, cela implique un retard de croissance qui les affectera à vie. […]Une fois adultes, ils sont plus susceptibles de souffrir d’obésité et de maladies non transmissibles».

Les engagements à promouvoir une bonne nutrition pendant cette période cruciale se multiplient. Car si ces «1000 jours», entre la conception et la fin de la deuxième année du bébé, constituent un moment de vulnérabilité, c’est aussi et surtout, comme le souligne Umberto Sime

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