France

Terrorisme: François Molins renvoie une partie de la droite dans les cordes

Temps de lecture : 2 min

Le procureur de la République a recadré plusieurs personnalités dans son entretien au Monde.

François Molins, le 21 juillet 2016. FRANCOIS GUILLOT / AFP
François Molins, le 21 juillet 2016. FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le procureur de la République, François Molins, s'exprime peu dans les médias, mais quand il le fait, il en profite pour faire passer quelques messages. Après s'être plaint avec d'autres procureurs du chiffrement des téléphones dans le New York Times l'année dernière, ce 2 septembre, c'est dans Le Monde qu'il s'explique sur sa stratégie pour lutter contre la menace terroriste en France.

Et au passage, il a pris le temps de répondre à quelques sorties de responsables politiques pour remettre en place leurs fantasmes. Sur le placement en rétention des personnes fichées S demandé par entre autres Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez, ou encore Éric Ciotti, François Molins répond très simplement que «c’est absolument impossible. Il ne peut y avoir de détention préventive en dehors d’une procédure pénale. C’est le socle de l’état de droit. On ne peut pas détenir quelqu’un avant qu’il ait commis une infraction.»


Face à ceux qui critiquent l'efficacité de la justice antiterroriste et préconisent la création d’un parquet national spécial, comme l'ancien secrétaire général de l'UMP à la justice, Jean-Paul Garraud, ou plus récemment Nicolas Sarkozy, dans Tout Pour la France, François Molins se montre un peu plus virulent:

«Je ne sais pas si cela relève de l’ignorance ou de la mauvaise foi! Depuis trente ans, la justice antiterroriste fonctionne de manière centralisée et spécialisée. Le dispositif actuel est un gage d’efficacité et de cohérence: les parquetiers de la section antiterroriste ne font que du terrorisme, les juges d’instruction spécialisés ne font rien d’autre, et tous les procès correctionnels passent devant la même chambre, la 16e. Quant à la cour d’assise spéciale, elle a son propre fonctionnement, sans jury.»

Quant à la cour de sûreté antiterroriste «à l’image de la Cour de sûreté de l’État créée par le général de Gaulle contre l’OAS en 1963 et abrogée par François Mitterrand en 1981, à laquelle serait adossé un parquet national spécialement dédié», proposée par Nicolas Sarkozy dans son dernier livre, le procureur de la République ne se montre pas plus enthousiaste:

«La France a fait le choix d’appliquer les règles de droit commun dans les procédures pénales pour terrorisme avec des régimes dérogatoires sur les techniques d’enquête. Créer une cour de sûreté pour appliquer une justice spéciale avec par exemple des règles différentes en matière de présomption d’innocence serait contraire aux principes de la Convention européenne des droits de l’homme.»

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