De plus en plus de médecins anti vaccin contre la grippe
Les médecins sont plus d'un sur trois à refuser la vaccination. Pourquoi?
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«Enfants gâtés». Ainsi une Roselyne Bachelot en colère qualifiait-elle, il y a quelques jours, ceux qui avaient d'ores et déjà décidé de ne pas se porter volontaires pour être vacciné contre le nouveau virus responsable de l'actuelle pandémie de grippe. En appelant à la raison de tous et de chacun la ministre de la Santé s'exprimait devant les responsables français de l'industrie pharmaceutique. Rappelons que le gouvernement français a, cet été, pris la décision d'acquérir (pour environ un milliard d'euros) cent millions de doses de ce vaccin de manière à ce que (avec deux doses par personne) chaque Français qui le souhaite puisse être protégé. La ministre de la Santé apprendra bientôt quelle est l'actuelle proportion d' « enfants gâtés » au sein du corps médical français. Quelle formulation trouvera-t-elle alors pour qualifier le comportement des médecins, hospitaliers ou généralistes qui refusent de se faire vacciner ; des médecins qui, corollaire, ne montrent guère d'enthousiasme pour inciter leurs patients (ou les membres de leur équipe) à le faire.
Cette tendance au refus avait, ici ou là, commencé à être perçue depuis quelques semaines. Elle est aujourd'hui amplement confirmée avec un sondage dont Slate.fr donne, en avant-première, les résultats. Ce sondage a été conduit sous l'égide de trois organisations qui ne sont en rien (bien au contraire!) contre la nouvelle vaccination anti grippale (1). L'étude nationale a porté sur les 3.530 réponses recueillies entre le 17 et le 27 octobre. Ses résultats ne manqueront pas d'irriter Roselyne Bachelot comme d'inquiéter l'ensemble de ceux qui ont la responsabilité du plan national de vaccination anti grippale.
Résumons.
- En France aujourd'hui plus d'un médecin sur trois (36,8%) déclare ne pas vouloir se faire vacciner (33,4% chez les hospitaliers, 41,8% chez les libéraux).
- Chez les opposants à la vaccination, ils sont 70,3% à redouter les possibles effets des «adjuvants» présents dans les vaccins.
- 60% critiquent le principe de la double injection vaccinale devant être pratiquée à trois semaines d'intervalle.
- Plus inquiétant peut-être encore, ils sont 71% de ce tiers de médecins à redouter les possibles complications vaccinales.
Résumons encore. Tous ceux qui sont volontaires pour se faire vacciner ne sont pas de militants décidés à prêcher la bonne parole immunisante.
Ainsi près de 24% des médecins hospitaliers ne feront pas la promotion de la vaccination auprès des membres de leur équipe. 28% «ne se prononcent pas» sur ce point. Plus important, peut-être, encore, chez les libéraux concernant les messages destinés à leurs patients ces proportions sont de 25 et 33%.
Sans doute est-il bien trop tôt pour parler ici de fiasco. Une soudaine aggravation de la situation épidémiologique ou (comme on a pu ces derniers temps l'observer dans différents pays) la mise en scène médiatique de morts inexpliquées (concernant des personnes jeunes infectées auparavant en parfaite santé) pourraient sans doute modifier la donne actuelle. Il n'en reste pas moins vrai que nous sommes aujourd'hui en France dans une situation doublement inédite. On découvre ainsi qu'une fraction nullement négligeable du corps médical refuse de se protéger (et donc de protéger les patients) contre un risque d'infection virale.
Et on découvre dans le même temps qu'une fraction encore plus importante de ce même corps se refuse à jouer l'un des rôles traditionnels qui, depuis les miracles anti-infectieux de Louis Pasteur, est le sien: celui de précieux, d'indispensable, relais pédagogique entre les autorités sanitaires et la population. Tout se passe comme si en parallèle d'une «crise identitaire française» le corps médical français vivait une forme, toujours dangereuse, de dédoublement de personnalité.
Les clefs de compréhension sont sans doute nombreuses. On peut, pour l'heure, en retenir deux principales. La première est pratique et vaut surtout pour les médecins généralistes à qui la puissance publique interdit de pratiquer la vaccination. Il ne s'agit certes pas ici d'une remise en cause de leurs compétences mais, assurent les services de Roselyne Bachelot, de questions pratiques: on ne pouvait, dans l'urgence des décisions estivales, associer les «officiers de santé» à la lutte contre l'ennemi viral. L'heure était à la réinvention des dispensaires, au rappel des militaires retraités ou des jeunes étudiants en médecins toujours heureux de «se faire la main».
Imaginez un instant les réponses aux deux questions - dissociées - suivantes. N°1:«Et vous, docteur, vous êtes vacciné contre la nouvelle grippe? N°2: «Vous allez bien pouvoir me vacciner vous, docteur, contre la nouvelle grippe?»
La seconde clef est de nature plus politique. «Nous sommes confrontés bien malgré nous à un problème conjoncturel qui veut que pour nombre de nos confrères dire que l'on est pour la vaccination anti grippale équivaut à dire que l'on est "pro-Bachelot"», m'explique le Dr François Aubart, président de la Coordination médicale hospitalière. Or être «pro-Bachelot» aujourd'hui dans le corps médical français, c'est être partisan de la dernière loi hospitalière (loi dite « Hôpital, patients, santé et territoires ») défendue par la ministre et dont on peut, usant d'un euphémisme, dire qu'elle n'a pas réuni un large consensus professionnel. «Je suis désespéré d'observer que mes collègues restent l'arme au pied, à ce point réticents à se faire vacciner, confie le Dr Aubart. Nous payons ici le prix d'une politique communication destructrice.» Un propos d' «enfant gâté»?
C'est le 12 novembre que la campagne de vaccination contre la grippe pandémique commencera, en France, à s'élargir. Dans 1.080 centres (dont 22 à Paris) elle concernera d'abord les personnels prioritaires, médecins et infirmières de ville, et professions de secours et de police (pompiers, gendarmes et policiers) en contact avec la population. Combien, alors, seront-ils à offrir leur corps à la prévention vaccinale?
Jean-Yves Nau
(1) Il s'agit de la Coordination médicale hospitalière (CMH) , du syndicat MG France, et du syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux publics (SNAM HP) Parmi les responsables de cette initiative figurent les Dr François Aubart (Président de la CMH), Robert Cohen (professeur de pédiatrie), Olivier Goeau Brissonière (président de la FSM), Bruno Housset (professeur de pneumologie), Martial Olivier Koerhet (président de MG France), Bernard Régnier (professeur de réanimation médicale) et Roland Rymer (président du SNAM HP).
Image de une: REUTERS
Mis à jour le 28/10/2009 à 16h54










































en trainant sur les sites de ces organisations syndicales politiquement engagées, on peux douter de la validité de ces chiffres
Il ne semble pas s'agir d'un vrai "sondage" mais d'une enquete sur internet a laquelle on peut repondre plusieurs fois sans verifications de la qualité professionnelles des repondeurs (j'ai pu repondre trois fois sans etre medecin en exercice)
Bien vu barba-papa
Et de toute façon, quelques réflexions... :
Tout d'abord, quel intérêt de vacciner les 18-55 ans, non enceinte ?? à part engraisser les labos pharmaceutiques ?? La grippe est une maladie bénigne, doit on le rappeler (même la A !). Pour les médecins, c'est pareil...
Ensuite, quels médecins ?? ceux qui soutiennent l'homéopathie et les médecines orientales en rejetant l'occidentale ?? vu le nombre de ces "médecins" (et j'insiste sur les guillemets) qui ont effectivement un diplôme de docteurs, on doit déjà approcher des 10%... sans compter les sympathisants ! Or ceux là sont contre les vaccins de manière générale... l'homéopathie, c'est bien connu, étant suffisante pour tout guérir.
mais bon, moi j'adore voire 1 milliards partir dans les poches des labos, donc ça ne me dérange pas... surtout que le budget de la France peut se le permettre sans problème !
Quand on pense à ce qu'on pourrait faire avec la moitié de cette somme (et donc la moitié de la France vaccinée... ce qui est amplement suffisant !!)
snif, je repars dans mon trou, tiens !
IL est dommage que le doc Nau dans son étude se soit limité à la France et à la population des médecins .En effet le phénomène n’est pas seulement français les IDE de sa majesté se sont violemment opposées contre cette vaccination
La raison principalement évoquée outre manche et citée dans cet article est la méconnaissance des effets des adjuvants contenus dans les vaccins …..
En effet on n’en parle pas ou si on n’en parle c’est pour minimiser ces effets. En fait le choix semble être dicté non par le principe de précaution, mais plus par le coût/bénéfice , il vaut mieux un patient vacciné qui subira des complications plutôt qu’un patient mort de la grippe sans vaccin (depuis les différents scandales sanitaires , les ministres de la santé française non plus le droit à l’erreur) . Dans le cas de nos médecins pointés du doigt par leur ministre ils se retrouvent dans la même situation que leur patient à qui tout les jours, ils imposent de façon plus ou moins élégante des choix thérapeutiques sous prétexte qu’ils possèdent le savoir scientifique qui leur permet de savoir ce qui est bon et correcte pour leur patients alors que le patient est un ignorant .Mais dans le cas de nos médecins ce n’est pas le cas , le doc Nau nous dit clairement que ce refus est motivé par le refus de la carte sanitaire , soit, sur RTL ce matin un journaliste interviewait un ponte de l’industrie pharmaceutique qui est également conseiller auprès de Mme Bachelot et qui affirmait qu’il était capable de séparer équitablement ses deux fonctions CAD intérêt de businessman et aide à la décision , on peut se poser de nombreuses questions à ce sujet ….. Chacun y trouvera sa réponse libre arbitre enfin il faut ajouter que si après une période d’accalmie durant laquelle certains hauts dignitaires semblaient affirmer que l’on faisait trop de bruit autour de cette pandémie en France notamment avec la fermeture des classes , il est surprenant de voir que cette pandémie reprenne du poil de la bête la veille des vaccinations coïncidence …. Enfin peut-on suggérer à Mme Bachelot que si elle aura du rab de vaccins, les pays du tiers monde eux en auront besoin
Les autorités et les scientifiques s’échinent à essayer de nous convaincre à coup de statistiques et de raisonnements plus indiscutables les uns que les autres des bienfait de cette vaccination mais rien n’y fait!
Roselyne Bachelot semble comme sidérée par la résistance des esprits à ces arguments incontestables alors que la culture du principe de précaution, qui semblait être définitivement admise et même caricaturée à l’extrême de nos jours, lui promettait une popularité inespérée.
Pire, s’ajoute au long chapelet des critiques, le reproche d’avoir surévaluer les risques alors que, jusqu’à présent, les crises sanitaires se sont toujours soldées par des reproches de ne pas en avoir fait assez.
Peut-on s’en paraître trop paradoxale affirmer que cette réaction apparemment irrationnelle des français était en fait prévisible si on se réfère à une expérience célèbre connue sous le nom de paradoxe d’Ellsberg(*) ?
Quel est en effet le dilemme devant lequel se trouvent nos compatriotes ?
• D’un côté, une vaccination banale (le virus A(H1N1)2009 sera intégré dans le panel de la grippe saisonnière l’an prochain) qui est une protection réelle, incontestable avec des risques infimes contre un virus dont les effets ne semblent pas pires que ceux de la grippe saisonnière (pour laquelle on ne vaccine que les personnes âgées et fragilisées). La vaccination apporte une quasi-certitude de protection contre une infection généralement banale même si elle est très désagréable à subir.
• De l’autre un risque infime mais bien sûr jamais nul de complications, et surtout des incertitudes soigneusement alimentées par des rumeurs rependues des trypanophobes sur les dangers potentiels de cette vaccination dont on nous rabâche qu’elle est une nouveauté alors que seule la nature du virus est nouveau dans le processus de fabrication du vaccin. Plus l’attitude des autorités et des scientifiques est insistante, plus ils alimentent l’impression de précipitation voire le soupçon de complot entre les politiques et l’industrie pharmaceutique alors même que l’Angolagate avalise la thèse du "tous pourris" .
La réaction des français illustre la double aversion des êtres humains pour l’incertitude et le risque. L’aversion au risque est rationnelle tandis que celle à l’incertitude est irrationnelle. Le paradoxe d’Ellsberg suggère que nous avons tendance à surévaluer les représentations des aléas qui nous sont les moins favorables. Une sorte d’inclinaison naturelle à fantasmer d’autant plus que, dans ce cas précis, on prend l’absence de risque déclarée pour en fait une méconnaissance, voire une volonté de nous cacher les risques réels.
Ainsi entre des risques infimes connus et documentés pour nous protéger d’un risque infime connu de complications graves d’une grippe et les fantasmes sur des risques énormes liés aux vaccins, la loi de la répulsion à l’inconnu prend le dessus.
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(*)Si on présente à des joueurs deux urnes, l’une dans laquelle il ya 50 balles rouges et 50 balles noires et une autre urne dont on ignore la composition et qu’on leur demande de parier, moyennant une récompense en cas de succès, sur la couleur d’une balle à tirer dans l’une ou l’autre des urnes, ils choisissent massivement l’urne dont ils connaissent la composition alors qu’ils n’ont aucune information sur les chances de tirer une boule rouge ou noire dans la seconde urne.
.. qui a surtout fait de la politique et qui a 100 millions de doses à fourguer? quand à parler de vaccination "banale" contre une infection "banale", suivi d'une démonstration statistique "étourdissante", n'est pas forcément de nature à convaincre des indécis!!
la communication est un art, mais qui s'apprend en partie!
En Italie, malgré les appels poussés du ministère de la santé, seul 1 médecin ou infirmier sur 10 s'est fait vacciner. Or mon pays a plein de défauts et un système de santé en faillite à cause des politiques mais c'est un pays qui possède une classe médicale de niveau.