Égalités / Monde

Pamela Anderson s'allie avec un rabbin orthodoxe pour dénoncer le porno

Temps de lecture : 2 min

Ce duo improbable veut encourager les Américains à promettre qu'ils ne regarderont plus de films à caractère pornographique.

Pamela Anderson, lors d'une soirée en l'honneur de Prince, le 7 juin 2016 à Los Angeles en Californie. | Matt Winkelmeyer / AFP
Pamela Anderson, lors d'une soirée en l'honneur de Prince, le 7 juin 2016 à Los Angeles en Californie. | Matt Winkelmeyer / AFP

L'actrice Pamela Anderson et le rabbin orthodoxe Shmuley Boteach, auteur de plusieurs livres sur la sexualité, ont un message pour les Américains: «le porno, c'est pour les losers».

«De nos points de vue respectifs, en tant que rabbin-conseiller et actrice ancienne mannequin pour Playboy, nous avons souvent mis en garde contre les effets destructeurs de la pornographie sur l'âme des hommes, ainsi que sur leur capacité à fonctionner en tant que maris et par extension, en tant que pères» écrivent-il dans un éditorial pour le très sérieux Wall Street Journal.

Pour l'ancienne star d'Alerte à Malibu et son co-auteur, qui est supporter de Donald Trump, les mésaventures récentes de l'ancien homme politique accro au sexting Anthony Weiner prouvent que le porno est un problème de santé public. Weiner vient en effet de se faire larguer par sa femme, une conseillère d'Hillary Clinton, après qu'il s'est avéré qu'il avait envoyé un gros plan de son slip (avec son fils juste à côté) à une fan de Trump rencontrée sur Twitter.

Une «crise de santé publique»

Alors qu'on ne sait pas si Weiner regardait beaucoup de pornographie, Anderson et Boteach déduisent de cette histoire que le porno est un grave danger pour les États-Unis. Cette position correspond à la plate-forme du parti républicain, qui décrit la consommation de pornographie comme «une crise de santé publique».

«Combien d'hommes talentueux vont-ils détruire leurs relations amoureuses et leurs carrières pour un bref frisson onaniste?» se demandent-ils.

Pour Amy Zimmerman dans The Daily Beast, l'article de Pamela Anderson est «étonnamment conservateur venant d'une femme qui a longtemps été célébrée comme symbole de positivité et de liberté sexuelle féminine.»

Pour défendre leur point de vue d'un autre temps sur les effets du porno, Anderson et Boteach citent des statistiques peu convaincantes. Ils écrivent que 9% des consommateurs de porno ont tenté sans succès d'arrêter, un taux similaire à celui des fumeurs de cannabis.

Un parallèle douteux avec le cannabis

Or, comme le note Jesse Singal dans New York Magazine, ce chiffre est une mauvaise illustration de leur thèse car 9% n'est pas un pourcentage élevé, et le parallèle avec le cannabis, une drogue pas particulièrement addictive, prouve plutôt que le porno ne crée pas de forte dépendance.

A la fin de leur article –qui est intitulé «Faites une promesse: plus de porno»–, Pamela Anderson et le rabbin Boteach appellent à une «révolution sensuelle» qui «remplacerait la pornographie par l'érotisme.» Sur le site de la fondation Pamela Anderson, l'actrice a même écrit un poème sur cette révolution. Elle y écrit que «le porno a tué Playboy».

«En tant que femme sensuelle, je m'inquiète de la façon dont évoluent les choses. Ce n'est pas sexy.»

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