Partager cet article

Cette femme a été soulagée d'apprendre qu'elle était autiste à 40 ans

Une petite fille joue lors d'une journée de charité en faveur de l'autisme, en Ukraine, en 2013 | SERGEI SUPINSKY / AFP

Une petite fille joue lors d'une journée de charité en faveur de l'autisme, en Ukraine, en 2013 | SERGEI SUPINSKY / AFP

Nicola Clark n'a été diagnostiquée autiste qu'à 40 ans. Un trouble du développement souvent sous-estimé chez les femmes.

La journaliste et écrivain Nicola Clark a toujours senti qu'elle avait des difficultés à comprendre les autres. Comme elle l'écrit dans une tribune publiée par le Guardian, enfant, elle ne parvenait pas à interagir dans la cour de récréation et préférait s'isoler avec un livre. Elle était également extrêmement sensible aux odeurs, aux bruits et aux détails, ce qui a considérablement conditionné ses choix d'orientation scolaire.

Nicola Clark avait besoin que les membres de sa famille lui expliquent les comportements des êtres humains et leurs émotions. Devenue adulte et mère, lorsque ses deux filles ont été diagnostiquées autistes, elle s'est dit qu'elle présentait peut-être les mêmes symptômes mais a mis plusieurs années avant de consulter:

«Lorsque le diagnostic est tombé, j'ai pleuré de soulagement. J'ai senti que j'avais mené la moitié de la bataille, que j'avais toujours dû me prouver à moi-même que je n'étais pas folle. J'ai réalisé que j'avais toujours su que j'étais autiste –tout comme mon mari et ma fille ainée l'avaient réalisé pour moi depuis longtemps».

Les femmes autistes sous-diagnostiquées

Nicola Clark publie aujourd'hui ce texte dans le Guardian pour alerter les femmes sur le fait qu'elles sont souvent sous-diagnostiquées par les médecins. Un état de fait corroboré par la National Autistic Society (NAS): lors d'une étude menée en 2012 auprès de 8000 personnes autistes et leur famille, la NAS a prouvé que les femmes et les petites filles étaient moins diagnostiquées que les hommes et les garçons.

Dans le cas du syndrome d'Asperger, seules 8% des filles sont diagnostiquées avant leurs 6 ans, contre 25% des garçons. De plus, le fait que les symptômes de l'autisme ne soient pas forcément les mêmes en fonction du genre accentue cette incapacité à déceler l'autisme chez les femmes, explique Nicola Clark:

«En tant que femme, vous pouvez ne pas être diagnostiquée car vous allez tenter de vous adapter à ce que l'on attend de vous, ou à ne pas reproduire ce que l'on vous présente comme inacceptable. Les femmes sont généralement éduquées pour être obéissantes et c'est ce que l'on exige d'elles, les symptômes de l'autisme sont donc auto-censurés et intériorisés. (...) Pour ma part, découvrir que j'étais autiste a été une libération. J'ai mis fin à une vie de censure où l'on brimait des aspects de ma personnalité –que je ne pouvais de toute façon pas contrôler. On me disait souvent que mes pensées et sentiments étaient stupides, que j'étais quelqu'un de bizarre et d'inadapté. Les gens qui m'aimaient aimaient mon tempérament passionné, les autres me trouvaient agressive. Ils me disaient de rester silencieuse et de ne pas exprimer mes pensées.»

Nicola Clark milite à présent pour que les femmes autistes puissent être plus facilement diagnostiquées et que les petites filles bénéficient de davantage de prévention.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte