Monde

Trump n'aime pas les travailleurs illégaux, sauf quand ils travaillent pour lui

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 01.09.2016 à 7 h 15

Repéré sur Mother Jones

Une enquête révèle que l'agence Trump Model Management faisait travailler des jeunes étrangères sans visas et à peine payées.

Un mannequin à l'effigie de Trump, en octobre 2007. TIMOTHY A. CLARY / AFP.

Un mannequin à l'effigie de Trump, en octobre 2007. TIMOTHY A. CLARY / AFP.

La diabolisation des sans-papiers est une constante du discours de Donald Trump, mais au début des années 2000, son agence de mannequins, Trump Model Management, a embauché plusieurs jeunes filles qui travaillaient illégalement aux Etats-Unis. 

Un journaliste du magazine Mother Jones a interviewé trois anciennes mannequins qui expliquent que l'agence les encourageait à mentir aux autorités d'immigration. Une fois sur le sol américain, les jeunes femmes payaient de fortes sommes pour vivre dans des dortoirs à New York. Pour un lit dans une petite chambre partagée, l'ex-mannequin canadienne Rachel Blais payait 1.600 dollars par mois (environ 1.400 euros), soit plus que ce que coûtait un studio dans le même quartier. 

La pratique consistant à faire travailler des mannequins qui ont des visas de touristes est monnaie courante dans le monde de la mode. Selon Politico, la femme du candidat républicain, Melania Trump, a probablement travaillé illégalement aux Etats-Unis quand elle était mannequin. Mais l'agence de Trump se distinguait en ce que ses employées étaient particulièrement mal traitées.

Rachel Blais explique qu'en trois ans de travail pour l'agence, elle avait gagné des dizaines de milliers de dollars, mais que Trump Model Management déduisait tellement de frais de logement, maquillage, transports et gestion qu'il ne lui restait plus grand chose au bout du compte. En trois ans, le seul chèque qu'ella reçu était de huit mille dollars.

En 2014, Alexia Palmer, une ancienne mannequin pour l'agence de Trump, a fait un procès à son ancien employeur pour fraude et «vol de salaire». Elle décrit des conditions de travail proche de l'esclavage moderne, un terme également utilisé par Rachel Blais.

Comme le rappelle Josh Voorhees dans Slate.com, ce n'est pas la première fois que les entreprises de Trump faisaient appel à des employés sans-papiers. Pour démolir un immeuble avant la construction de la Trump Tower à New York en 1979, un sous-traitant de Trump avait embauché deux cent travailleurs polonais sans-papiers payés 4 à 5 dollars de l'heure. (Suite à un procès fait par un syndicat, Trump avait dû payer une amende de 325.000 dollars).

Plus récemment, un article du Washington Post avait révélé que de nombreux ouvriers travaillant sur le chantier d'un hôtel Trump à Washington étaient sans-papiers.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte