Tech & internet / Parents & enfants

Les «invisibles», ces enfants présents en secret sur les réseaux sociaux

Temps de lecture : 2 min

La psychologue américaine Mary Aiken travaille sur un algorithme qui viendrait en aide aux enfants victimes de cyber-harcèlement, et à leurs parents.

Des enfants sur Facebook, en Indonésie en 2012 | SONNY TUMBELAKA / AFP
Des enfants sur Facebook, en Indonésie en 2012 | SONNY TUMBELAKA / AFP

Communiquer avec ses amis sur Facebook, regarder des vidéos sur YouTube, jouer à des jeux en ligne... Une étude établie entre 2011 et 2014 par le groupe de recherche EU Kids Online a interrogé des enfants issus de vingt-deux pays européens et de cultures différentes concernant leurs pratiques sur le web. Tous évoquent ces activités en ligne a priori banales pour des enfants.

Sauf, qu'officiellement, il est interdit à un mineur de moins de treize ans d'avoir un compte Facebook. Même règle pour détenir un compte sur Google (propriétaire de YouTube) –à l'exception de l'Espagne et la Corée du Sud où c'est 14 ans, et du au Pays-Bas (16 ans)–, ou sur Instagram (qui appartient à Facebook).

Un algorithme contre le cyber-harcèlement

Des chiffres qui inquiètent la cyber-psychologue Mary Aiken de l'Université de Dublin. Dans un extrait de son livre The Cyber Effect publié sur le site du magazine The Atlantic, cette spécialiste des pratiques sur internet s'interroge:

«Selon une étude américaine, un quart des enfants interrogés se disent utilisateurs de Facebook, bien que ce réseau social soit destiné aux adolescents et aux adultes. Ce sont les utilisateurs cachés des réseaux sociaux, ceux qui ne sont pas supposés être là, mais qui le sont néanmoins. Je les appelle "les Invisibles". Et ça ne concerne pas que ceux qui ont 11/12 ans: 34% des utilisateurs de Facebook interrogés par les chercheurs de l'étude américaine sont âgés de 8 à 10 ans. Dans l'étude de l'EU Kids Online, un quart des 9/10 ans et la moitié des 11/12 ans utilisent également Facebook. Et quatre enfants sur dix mentent sur leur âge.»

L'auteure se demande alors si Facebook a la possibilité de supprimer les comptes des enfants. Évidemment, avec près d'1,65 milliard d'utilisateurs actifs, il semble complexe de surveiller systématiquement chaque compte. Mais, précise Mary Aiken, un enfant qui poste des photos de lui et de ses amis sur Facebook permet de donner l'alerte: «Si vous ne devinez pas que ces utilisateurs sont des enfants, vous n'êtes pas très malins.»

Un public vulnérable

Mary Aiken souligne enfin que ces (trop) jeunes internautes sont exposés en permanence aux dangers lié au cyber-harcèlement. Danger qui concerne tout particulièrement ce public, vulnérable et naïf. Elle propose à ce sujet de créer un algorithme pour détecter les enfants en danger et prévenir leurs proches:

«Des algorithmes sont créés pour identifier ou estimer des données très complexes, comme par exemple l'âge, le sexe, l'opinion politique et le niveau d'éducation d'un utilisateur de Twitter. Est-ce que ce serait si dur de créer un algorithme pour identifier des comportements inappropriés, ou des cas de harcèlement en ligne ? (...) Je travaille avec une compagnie pour mettre au point un algorithme Aiken. (...) Cet algorithme sera programmé pour détecter automatiquement des messages de cyber-harcélement. Il enverra immédiatement un message de prévention à la victime en lui disant: “Vous avez besoin d'aide. Vous êtes harcelé.” Et une alerte sera également envoyée aux parents ou responsables légaux pour les avertir que quelque chose de grave est en train de se produire pour les encourager à en parler à leur enfant.»

Slate.fr

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