Égalités / Monde

Une chanteuse expulsée pour port de bikini lors d'un concert de plage en Israël

Temps de lecture : 2 min

Le ministère de la Culture israélien a annoncé que les artistes qui se produisent à des concerts financés par le gouvernement devront respecter certaines règles de pudeur vestimentaire.

Une photo de Hanna Goor postée sur son Instagram.
Une photo de Hanna Goor postée sur son Instagram.

Sur les plages israéliennes, les bikinis coexistent parfois avec les vêtements couvrants portés par des femmes religieuses musulmanes et juives. Alors qu'en France, plusieurs maires persistent à vouloir interdire les burkinis sur les plages, les autorités israéliennes vont dans la direction opposée.

Lors d'un concert sur la plage d'Ashdod, la chanteuse israélienne Hanna Goor, qui chantait en short et haut de bikini avec chemise ouverte, a été sommée de se couvrir un peu plus. Suite à son refus, des organisateurs l'ont empêchée de finir sa performance, rapporte Haaretz.

«La musicienne israélienne @hannagoor sommée de couvrir son haut de bikini à un festival. Elle a refusé.»

Dans un communiqué, le ministère de la Culture a expliqué:

«Le festival est conçu pour le grand public et financé par de l'argent public. La performance de Goor ne respecte pas le grand public... et il est donc devenu nécessaire de l'expulser de la scène.»

Un officiel du ministère a précisé que désormais, les organisateurs d'événements culturels financés par le gouvernement seraient chargés de faire en sorte que les artistes respectent certaines règles de modestie car le «grand public est composé de diverses communautés».

Ces nouvelles règles reflètent l'influence croissante des juifs orthodoxes dans la société israélienne, comme le note Alona Ferber dans le journal Forward. Les tensions remontent fréquemment à la surface. Par exemple, certaines écoles publiques interdisent le port de shorts pour les filles, même en été, alors que les garçons y ont droit. En 2015, plusieurs lycénnes avaient manifesté pour le droit à porter des vêtements courts.

De nombreux éditorialistes ont fait le parallèle entre l'interdiction du bikini et l'interdiction du burkini en France, comme Alona Ferber, qui écrit que dans les deux cas, «on demande aux femmes de s'habiller ou de se déshabiller pour apaiser la nation.»

Dans Haaretz, Allison Kaplan Sommer souligne l'absurdité similaire des deux interdictions, qui représentent toutes les deux des «défaites pour les femmes»:

«L'interdiction des burkinis représente une pente dangereuse, qui pose de nombreuses questions: est-ce que toutes les femmes qui couvrent leur tête, bras et jambes seront expulsées des plages? Et si elles sont habillées, et ne portent pas un burkini? Qu'en est-il des combinaisons de plongée? De même pour les directives que [la ministre de la Culture israélienne] veut imposer: qui décide quels habits "respectent le grand public"? Des officiels du gouvernement viendront-ils mesurer la longueur de leur jupe et de leur décolleté, comme pour les écolières?»

Newsletters

Les hommes connaissent-ils mal leur sexe?

Les hommes connaissent-ils mal leur sexe?

Désir, émotions érotiques, plaisir prostatique, vasectomie: mal informés, les hommes en 2020 ont encore du mal à discuter de leur membre sans rougir.

Pour les femmes, se masturber, c'est pas gagné

Pour les femmes, se masturber, c'est pas gagné

Les Françaises sont 26% à déclarer ne pas pratiquer l'onanisme contre 5% des hommes. Les inégalités de genre se nicheraient-elles jusque dans nos culottes?

Les parents ne voient pas du même œil la sexualité de leur fils et de leur fille

Les parents ne voient pas du même œil la sexualité de leur fils et de leur fille

L'âge du premier rapport sexuel a beau être quasi équivalent pour les filles et les garçons, les parents n'envisagent pas la vie intime de leur enfant de la même manière selon son sexe.

Newsletters