Société

Pour résoudre l'énigme de la mort de Lucy, les scientifiques l'ont imprimée en 3D

Temps de lecture : 2 min

Et ces modèles sont mêmes disponibles sur internet.

Gif d'illustration de la possible chute de Lucy, via Nature
Gif d'illustration de la possible chute de Lucy, via Nature

C’est l’australopithèque la plus connue au monde. Lucy, qui doit son nom à une chanson des Beatles, a vécu il 3,18 millions d’années en Afrique avant d’être découverte en 1974 dans l’actuelle Éthiopie par une équipe menée par Donald Johanson, Maurice Taieb et Yves Coppens. Sa découverte était très importante car il était rare de trouver un squelette aussi complet (40% de la totalité des ossements dans son cas), ce qui a permis de mieux comprendre la façon de se déplacer de l’espèce. Mais depuis sa découverte, un grand mystère restait encore à découvrir: celui de la cause de sa mort, que les paléontologistes et paléoanthropologues n’ont pas réussi à déterminer… Jusqu’à aujourd’hui.

Une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature, laisse croire que la jeune femme est morte en tombant d’un arbre. «Notre hypothèse, c'est que Lucy a étendu le bras pour essayer d'amortir sa chute», a déclaré à l'AFP John Kappelman, anthropologue de l'université du Texas. Il a également estimé qu'elle avait «probablement» chuté de plus de douze mètres. «La mort est survenue rapidement», a-t-il conclu.

(Gif via Le Huffington Post)

Un «cold case» de trois millions d'années

Pour résoudre cet incroyable «cold case» vieux de plus de trois millions d’années, une équipe de chercheurs américains a lancé en 2008 des scanners des ossements disponibles. Grâce à des rayons tomographiques, ils ont pu reconstituer les ossements manquants. «Un examen approfondi a révélé des fractures inhabituelles, écrit Nature. Le bout de son humérus droit qui était lié à son épaule avait une série de cassures nettes et des compressions similaires à celles que les chirurgiens orthopédiques voient souvent chez les gens qui essayent d’amortir une chute en tendant un bras. Des dommages au bassin de Lucy, à l’épaule et au genou gauche ainsi qu’à la cheville droite pouvaient aussi être la conséquence d’une chute d’une hauteur.»

L’équipe de Kappelman estime que Lucy dormait dans les arbres pour échapper aux prédateurs mais qu’elle souffrait d’un plus grand manque d’équilibre que ses ancêtres. Cette interprétation va à l’encontre d’hypothèses d’autres scientifiques qui sont persuadés que certaines de ces fractures sont intervenues après la mort, faussant ainsi les tentatives d’explications.

C’est pour cela que l’équipe responsable de cette nouvelle étude a décidé de rendre les modèles 3D de Lucy publics, sur le site eLucy.org, permettant à qui en a les moyens d’imprimer, par exemple, des morceaux d’un genou, d’une épaule ou d’un bras de l’australopithèque et de les analyser. C’est ce qu’a fait le site Nature, qui est allé consulter une anthropologue de l’University College de Londres, Maria Martinon-Torres, qui a confirmé l’idée de fractures par compression.

«Il y a tout un monde d’anthropologie virtuelle, explique la chercheuse. Ils sont capables d’étudier des fossiles, mais sans vraiment pouvoir les toucher car ce sont des fossiles uniques, rares, difficiles à trouver et très fragiles. Avec ça, on peut les toucher, les comprendre, les faire, et les utiliser comme dans de la médecine légale, pour comprendre comment un os se fracture. Et puis pour l’éducation et les professeurs, c’est très important. L’anatomie est quelque chose de visuel, qui a besoin de la 3D.»

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