Monde / Économie

Achetez les originaux des designs que Zara est accusé d'avoir volés

Temps de lecture : 2 min

Presse et réseaux sociaux ont amplement véhiculé l'histoire de Tuesday Bassen, artiste qui accuse Zara et ses sous-marques d'avoir volé ses créations. Depuis, une vingtaine d'autres artistes spoliés se sont joints à sa cause et proposent un site regroupant les oeuvres originales à vendre. David contre Goliath?

"WHY", création de Big Bud Press. Une version quasi identique est en vente chez Zara, bien que le designer n'ait jamais été contacté à ce sujet.
"WHY", création de Big Bud Press. Une version quasi identique est en vente chez Zara, bien que le designer n'ait jamais été contacté à ce sujet.

Un fast-fashion faux pas? En juillet, l'artiste californienne Tuesday Bassen accusait la marque Zara et ses sous-marques Stradivarius, Pull&Bear et Bershka d'avoir utilisé ses designs sans permission. Les réseaux sociaux et la presse internationale se sont emparés de son histoire. Depuis, plusieurs dizaines de designers, graphistes, illustrateurs se sont joint à elle, décriant eux aussi l'utilisation non autorisée de leurs oeuvres par le géant de la fast fashion.

Tuesday Bassen a déboursé 2.000 dollars pour qu'un avocat adresse une lettre de sa part au groupe Inditex. La réponse reçue, et qu'elle a publiée, avait de quoi la décourager: les créations de Bassen n'ont rien de suffisamment distinctif pour être associées à son nom par une large part de population, où que ce soit dans le monde. En résumé, une collection de symboles populaires, fédérateurs, communs, dont la représentation faite par Bassen n'est pas empreinte d'une patte assez originale pour en faire une signature. Ou en d'autres termes, ceux de l'artiste: «Les avocats me disent carrément que je n'ai aucune légitimité puisque je suis une petite artiste indépendante, et qu'ils sont une énorme société.»

Un autre artiste qui s'estime spolié, Adam J. Kurtz, a donc entrepris de créer un site Internet sur lequel sont réunies les oeuvres détournées, avec un lien vers le site de chaque artiste ou une page marchande afin de pouvoir acheter les originaux. Intitulée, sans détour, «Shop Art Theft» («Achetez du vol artistique»), la page compare les originaux et les détournements relevés. Kurtz, dont les collaborations avec Urban Outfitters, Pepsi ou le New York Times lui ont valu cette année d'être listé par le magazine PRINT dans la catégorie «Quinze nouveaux artistes visuels âgés de moins de 30 ans», est aussi un auteur traduit en quinze langues.

Sur «Shop Art Theft», il s'exprime au nom de la communauté des créateurs dont les oeuvres ont été utilisées sans autorisation.

«Une fois, c'est une erreur. Mais autant de fois, c'est inexcusable.»

«Nous étions tous surpris de voir que notre travail créatif ornait soudain les produits Zara. Nos oeuvres originales ont été reproduites sous forme de patchs, de broches, d'écussons brodés, d'imprimés sur les vêtements. Bien que certains des thèmes puissent être considérés comme des formes simples ou des icônes, les duplications de Zara sont quasi-identiques, et l'échelle massive de ce vol perpétré au sein d'une scène créative restreinte et soudée implique un choix conscient de la part de Zara, Bershka, Pull&Bear, Stradivarius et de la maison mère Inditex de ne même pas prendre la peine d'apporter de modifications.»

Avant d'inciter les visiteurs à relayer les visuels (téléchargeables en haute définition depuis le site), à acheter les créations originales et à twitter haut et fort leur courroux («Utilisez vos précieux 140 signes pour faire savoir à Zara pourquoi vous vous érigez contre leur vol criant. N'oubliez pas de les tagger, afin que quelqu'un, quelque part, assis derrière un bureau chez Zara, soit forcé de les dé-tagger»), Kurtz rappelle que la fortune du self-made man Amancio Ortega, propriétaire d'Inditex, a «brièvement dépassé celle de Bill Gates, homme le plus riche du monde» l'an passé.

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