Sciences

VIDÉO. Comment la technologie change notre définition de la mort

Temps de lecture : 2 min

De l'observation de la décomposition d'un corps au constat de l'arrêt du cœur, la façon d'établir le décès d'une personne a bien changé.

«Sa poitrine aussitôt se mit à haleter rapidement. La langue tout entière lui sortit hors de la bouche ; ses yeux, en roulant, pâlissaient comme deux globes de lampe qui s’éteignent, à la croire déjà morte, sans l’effrayante accélération de ses côtes, secouées par un souffle furieux, comme si l’âme eût fait des bonds pour se détacher. [...] Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s’approchèrent. Elle n’existait plus.»

La mort d'Emma Bovary cliniquement décrite par Gustave Flaubert, fils et frère de médecin, en 1857, permet parfaitement d'appréhender la vision de la mort par les hommes du second XIXe siècle. Rien ne pouvait être fait pour sauver Emma de l'empoisonnement et les signes cliniques de la mort qu'elle présentaient rendaient son décès inexorable.

Mais, les avancées de la science le prouvent au fil des années, le dysfonctionnement du corps ou de l'arrêt de la respiration ne sont plus les uniques signes qui permettent formellement d'établir la mort d'une personne. Une belle vidéo d'animation du site Vox démontre la façon dont la technologie a modifié sa définition. Pendant longtemps, explique le site américain, la seule façon de déterminer si quelqu'un était mort, était de mesurer la décomposition de son corps. L'arrivée du défibrillateur cardiaque dans les année 1950 permet par exemple de «ramener un cœur à son rythme de fonctionnement normal».

Mais, comme le précise un article du Point, la définition de la mort sera sûrement modifiée par de nouvelles avancées de la science dans les décennies ou les siècles à venir (compléments alimentaires anti-âge, thérapie cellulaire...). Sans parler des recherches de Calico, la filiale santé de Google, qui entend «soigner la mort» et trouver la clé de l'immortalité.

Ainsi, la médecine aurait pu sauver Emma Bovary de l'arsenic aujourd'hui, à défaut de soigner son incurable neurasthénie.

Slate.fr

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