France

François Hollande aime un peu trop les journalistes

Repéré par Aude Lorriaux, mis à jour le 25.08.2016 à 12 h 50

Repéré sur Le Temps

«Stop! Appuyez sur la pédale de frein médiatique!», conseille un journaliste du Temps au président de la République. L'estimation donnée par l'un des conseillers du chef de l'État semble en effet démesurée.

François Hollande parle à un journaliste à côté de l'Arc de Triomphe à l'occasion du 71ème anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, le 8 mai 2016, à Paris | LIONEL BONAVENTURE / AFP

François Hollande parle à un journaliste à côté de l'Arc de Triomphe à l'occasion du 71ème anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, le 8 mai 2016, à Paris | LIONEL BONAVENTURE / AFP

C’est une petite phrase qui interpelle. Le journal Le Temps rapporte un propos d’un des anciens conseillers de François Hollande, que voici: «Hollande passe entre 30 et 40% de son temps avec les journalistes».

A la lecture de cette phrase, le lecteur éberlué sera peut-être en colère, s’il estime que ce temps passé est un luxe que la situation de notre pays ne permet pas. Puis, immédiatement après, il se demandera comment un tel calcul a pu être obtenu. Le chiffre donné à la louche, et invérifiable, pourrait notamment être le résultat (plausible?) de l’addition des nombreuses heures passées par chaque journaliste avec le chef de l’État pour sortir l’un des nombreux livres de cette rentrée politique. Entre février 2012 et mai 2016, François Hollande a en effet rencontré Antonin André et Karim Rissouli, auteurs de Conversations privées avec le président, à trente-deux reprises, selon le JDD et plus d'une soixantaine de fois pour les journalistess du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme:

«Faisons donc le compte depuis 2012, car il est éloquent. Une trentaine de conversations privées avec Antonin André et Karim Rissouli. Une soixantaine accordée aux deux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme qui sont même repartis de l’Elysée avec des documents publiés ces jours-ci avant leur propre livre, annoncé pour octobre. Plus les discussions régulières avec la dizaine de correspondants accrédités à l’Elysée. Plus les conférences de presse. Plus les apartés médiatiques. Plus les déjeuners élyséens offerts aux rubriques politiques des principaux quotidiens ou médias audiovisuels. Plus les SMS…», égraine Le Temps.

Il est impossible de vérifier cette proportion, ces «30 à 40%». Mais la petite phrase reflète une certaine vision qu’ont du président à la fois son entourage, mais aussi les journalistes, qui, bien que profitant de ses confidences, se demandent si elles ne sont pas trop nombreuses:

«Pour tout correspondant étranger en poste à Paris, c’est l’évidence même: Oui Monsieur le président, Arrêtez! Cela ne sert ni la pédagogie de votre action, sans cesse perçue comme plus confuse, ni votre image car tous vos confidents journalistiques finissent par vous trouver fade, peu convaincant, manquant toujours de hauteur à moins d’un an de la fin de votre quinquennat. Donc oui, Stop! Appuyez sur la pédale de frein médiatique!»

«Il ne faudrait pas répondre»

Des confidences très régulières et dont le contenu est critiqué. François Hollande a par exemple affirmé qu’un «journaliste, même un bon journaliste, un journaliste sérieux, on peut toujours le guider, l’orienter. (…) Il suffit donc de lui donner le bon angle, la bonne approche et la bonne information, parfois même une information bidon, ça fonctionne».

«Est-ce que c’est le rôle d’un président de la République de prendre des journalistes dans son bureau comme lorsqu’il était premier secrétaire du Parti socialiste et de se livrer à des confidences comme on le ferait dans son deux pièces-cuisine? Cela abaisse la politique que de faire ça sur un mode de connivence», a critiqué après ces propos François Khalfon, conseiller régional socialiste d’Île-de-France et proche d’Arnaud Montebourg.

«Il ne faudrait pas répondre», lâche le président français dans Conversations privées avec le président. Mais François Hollande, qui a lui-même officié à la rubrique économie du «Matin de Paris» entre 1985 et 1986, aime beaucoup les journalistes. Un peu trop sans doute.  

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