Sciences / Santé

Le cannabis rend les rats fainéants

Temps de lecture : 2 min

Des chercheurs canadiens ont trouvé que les rats faisaient moins d'efforts après avoir ingéré du cannabis.

Un rat à Allahabad, le 28 juillet 2015 | SANJAY KANOJIA / AFP
Un rat à Allahabad, le 28 juillet 2015 | SANJAY KANOJIA / AFP

Les rats sous l'influence du cannabis ont tendance à éviter les tâches complexes, même s'ils reçoivent une récompense pour leurs efforts. Dans leur étude publiée dans le Journal of Psychiatry and Neuroscience, des chercheurs en psychologie de l'Université de Colombie Britannique ont examiné les effets du THC, l'ingrédient psyoactif du cannabis, sur vingt-neuf rats mâles.

L'équipe de scientifiques a entraîné les rats à effectuer un exercice facile récompensé par une pastille sucrée, et un plus complexe récompensé par deux pastilles, rapporte The Guardian. Dans des circonstances normales, les cobayes choisissaient de faire l'effort maximal pour avoir la plus grande récompense mais, après ingestion de THC, ils décidaient de s'en tenir à l'exercice le plus simple.

«Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que, bien qu'ils aient moins tendance à accomplir ces tâches difficiles, [les rats] demeuraient néanmoins capables de les faire» explique Mason Silveira, l'auteur principal de l'étude.

Le cannabis semble donc affecter la volonté d'utiliser les capacités cognitives, plutôt que les aptitudes cognitives elles-mêmes.

Optimiser le cannabis

Les chercheurs ont également exposé les rats au cannabidiol, une substance utilisée entre autres comme anti-douleur, et ont trouvé que cet ingrédient n'avait aucun effet sur la propension des rats à faire des efforts.

Pour les chercheurs, ce genre d'étude permet de comprendre comment «optimiser le cannabis pour son potentiel thérapeutique» tout en connaissant mieux ses effets indésirables.

A l'avenir, Silveira pense qu'il peut être possible de développer des cannabinoïdes qui bloquent les effets négatifs sur la cognition tout en étant actifs contre la douleur par exemple. Même si les stéréotypes sur les fumeurs de joints vont dans le sens de l'étude, il faudrait des essais sur des êtres humains pour le confirmer.

«Les preuves anecdotiques sont intéressantes, explique Silveira, vous avez un ami d'un ami qui est feignant quand il est défoncé, mais il est bon d'avoir des modèles en place. Le fonctionnement du cerveau [chez les rats] est similaire, ce qui suggère que la même chose peut se produire chez les hommes, mais des essais cliniques sur les humains sont nécessaires.»

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