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A 16 ans, un ado américain survit à une amibe dévoreuse de cerveau

Capture d'écran d'un reportage vidéo  du Washington Post

Capture d'écran d'un reportage vidéo du Washington Post

Sebastian se plaignait de fortes migraines. Il ignorait alors qu'une amibe mortelle dans 98% des cas s'était infiltrée dans son corps.

En ce mois d'août, le jeune Sebastian et ses parents visitaient un parc d'attraction à Orlando, en Floride. Leurs vacances auraient pu se dérouler le plus sereinement du monde si l'adolescent ne s'était plaint de violents maux de tête. La douleur était si intense qu'il était devenu impossible à ses parents de le toucher.

Très inquiète, la famille de Sebastian le conduit à l'hopital pour enfants de Floride où les médecins le reçoivent en urgence. Le jeune homme affiche certains symptômes de la méningite: aversion à la lumière, maux de tête intenses, nausées... Mais il ne présente pas de raideur au cou, un des signes les plus caractéristique de cette maladie foudroyante.

Les médecins décident alors de pratiquer une ponction lombaire pour lui prélever du liquide céphalo-rachidien et poursuivre les analyses. La chef de laboratoire, Sheila Black, ne trouve tout d'abord rien de particulièrement alarmant. Mais ce médecin a récemment suivi une formation pour détecter la présence d'amibes de type Naegleria fowler, rapporte The Orlando Sentinel.

Cette amibe vit dans les eaux peu profondes, à une température de plus de vingt-cinq degrés. Elle s'infiltre dans le nez des baigneurs et remonte ensuite le nerf olfactif jusqu'au cerveau, «dévorant tout sur son passage», comme le précise le magazine Sciences et Avenir, qui a consacré un article détaillé à ce sujet en 2014. Après un nouvel examen, Sheila Black détecte alors la présence de cette amibe.

Il faut agir très vite. Depuis 1962, l'amibe a touché 138 personnes aux Etats-Unis. Seules trois, soit 2% des cas, lui ont survécu et la rapidité à traiter le malade est cruciale. Avant que l'amibe n'atteigne le cerveau, il faut administrer à Sebastian un antidote. Celui-ci est livré en moins de douze minutes à l'hopital et, comme le rapporte le Washington Post, les parents du jeune homme sont immédiatement prévus de la gravité de la situation. «Je leur ai dit de faire leurs adieux, explique le docteur Liriano, de l'hôpital pour enfants de Floride. Je devais leur dire: dites tout ce que vous avez toujours voulu dire à votre enfant.»

Sebastian est ensuite plongé dans un coma médicamenteux, son corps réfrigéré à près de 33° C. Les médecins attendent avec anxiété de voir si l'antidote fera ou non effet sur cette mortelle amibe.

Près de trois jours plus tard, il est considéré comme sauvé: il n'y a plus de trace de l'amibe dans son corps. L'adolescent a ensuite rapidement retrouvé la forme et, après deux semaines de soins, a pu quitter l'hôpital avec ses parents pour retourner chez lui, au sud de la Floride. «C'est une intervention divine!», s'est enthousiasmé un des médecins, le Dr. Dennis Hernandez, lors d'une conférence de presse donnée pour expliciter les détails de cette guérison inespérée. Ou plutôt une grande réactivité des médecins comme des parents, qui ont permis de sauver juste à temps la jeune vie de Sebastian.

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