Monde

Hillary Clinton hésite entre battre Trump ou chercher à l'écraser

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 25.08.2016 à 9 h 32

Repéré sur Politico, The New York Times

Alors que la candidate démocrate mène dans les sondages, certains membres de son parti veulent pousser son équipe à se battre dans des États traditionnellement républicains.

Hillary Clinton et Joe Biden lors d'un meeting à Scranton, le 19 août 2016 | DOMINICK REUTER / AFP

Hillary Clinton et Joe Biden lors d'un meeting à Scranton, le 19 août 2016 | DOMINICK REUTER / AFP

Hillary Clinton mène actuellement son rival Donald Trump de huit points dans les sondages, et dans ces circonstances, la question chez de nombreux leaders démocrates n'est plus de savoir si leur candidate va gagner, mais comment: va-t-elle juste gagner ou va-t-elle écraser son adversaire républicain?

La question est donc de savoir comment utiliser les ressources financières de la campagne. Faut-il mettre le paquet dans les «swing states», ces États où la course est serrée, comme l'Ohio, le Colorado, la Floride et la Pennsylvanie? Ou bien aussi essayer de s'aventurer dans des «red states», ces États rouges qui votent presque toujours républicain? 

Le site Politico rapporte que certains supporters de Bernie Sanders veulent que le parti en profite pour aider le maximum de candidats démocrates aux élections sénatoriales et congressionnelles (dont certaines auront lieu en même temps que les présidentielles). D'autres rêvent d'une humiliation de Trump afin d'anéantir les idées qu'il incarne. Ainsi, le maire d'Atlanta, Kasim Reed, a déclaré à Politico qu'il faudrait «éviscérer» Trump afin qu'il ne devienne pas un modèle pour l'avenir de la politique aux États-Unis.

«Nous devons lui faire subir une défaite humiliante, il faudrait qu'il perde des États qu'aucun autre Républicain n'a perdu».

Même si la stratégie principale pour l'équipe de Clinton est de rester concentré sur l'obtention des 270 grands électeurs nécessaires avec une activité intense dans les «swing states», des bureaux et employés de campagne seront présents sur tout le territoire. Même dans des Etats comme l'Utah, où les habitants n'ont pas voté démocrate lors des scrutins présidentiels depuis 1964. 

Une guerre psychologique

Le but est de gagner tous les États remportés par Barack Obama en 2012, et la Caroline du Nord. Certains pensent que même la Géorgie, un État du Sud avec une grande population afro-américaine, pourrait voter Clinton. Selon Politico, la présence de l'équipe Clinton partout sur le territoire américain est avant tout une stratégie de guerre psychologique visant à démoraliser les troupes de Trump. En effet, il reste assez difficile pour les démocrates de gagner des Etats traditionnellement républicains (et vice versa). 

Comme le rappellent Jeremy Peters and Giovanni Russonello dans le New York Times, il n'est plus vraiment possible d'écraser son adversaire lors des présidentielles américaines car le pays est très polarisé idéologiquement et peu d'Américains sont prêts à changer de bord.

Depuis que Walter Mondale a perdu contre Ronald Reagan de dix-huit points en 1984, l'élection est en général assez serrée, avec le gagnant aux alentours de 50% du vote populaire (53% pour Obama en 2008, 51% pour George W. Bush en 2004 et seulement 48% en 2000). Il sera d'autant plus difficile pour Clinton d'écraser Trump que cette année, les candidats d'autres partis, le libertarien Gary Johnson, la verte Jill Stein et l'indépendant Evan McMullin totalisent environ 15% des intentions de vote.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte