Culture

Certains Romains n'étaient pas fans du premier livre

Repéré par Camille Malnory, mis à jour le 23.08.2016 à 15 h 05

Repéré sur BBC

A l'heure du débat ebook-papier, rappelons que le tout premier livre n'a pas fait consensus dans l'ancienne Rome.

Codex Sancti Paschalis | Christopher John via Flickr CC License by

Codex Sancti Paschalis | Christopher John via Flickr CC License by

Ebook ou livre papier ? La bataille du support numérique contre le bon vieux livre relié est toujours d’actualité et les deux camps ont leurs ardents défenseurs. D’un côté, ceux qui arguent que l’ebook est une révolution du monde du livre: il est pratique, léger et on peut en avoir plein à porter de mains sur une tablette. De l’autre, ceux pour qui le livre doit rester en papier, parce qu'il sent bon, qu'il décore les appartements et que les pages qui craquent quand on les tourne font partie du plaisir de la lecture. Si le marché numérique est encore plutôt confidentiel –l’ebook représentait 2.3% du chiffre d’affaires des éditeurs en 2014–, ne doutons pas que notre façon de lire changera dans les années à venir.

Le bouquin n’en est cependant pas à son premier débat. Il y a près de 2000 ans, une nouvelle forme de livre faisait son apparition et provoquait lui aussi des débats, comme le rappelle la BBC.

Au premier siècle de notre ère, les Romains étaient déjà familiers avec l'écriture, et donc avec la lecture. Les monuments étaient gravés de lettre capitales, les citoyens lettrés écrivaient sur des tablettes de cire et les bibliothèques regorgeaient d’ouvrages de philosophie et d’art. Sauf que le livre n’était ni carré, ni relié, ni même en papier. Il s'agissait de rouleaux de papyrus faisant en général trois mètre de long. Compliqué alors de le lire debout, la meilleure technique à l’époque consistait à s'asseoir derrière un bureau. Autre défaut du papyrus: la matière est fragile, se déchire et résiste très mal à l’humidité et aux variations de température. 

Le premier livre après le papyrus

Et puis vient le codex, grande révolution dans l'histoire du livre, qui pallie à tous les défauts du rouleau de papyrus: petit, relié, protégé par une couverture et fait en parchemin, beaucoup plus solide. Le poète Martial (environ 40 ap. JC-100 ap. JC) est le premier à l’évoquer dans ses Épigrammes (écrits entre 84 et 86 après JC):

«Toi, qui aspire à ce que mes petits livres puissent être partout avec toi et qui veut avoir des compagnons pour un long voyage, achète ceux-ci, avec de petites pages en parchemin: donne tes rouleaux aux grands auteurs –une seule main peut me tenir.»

Si on ne connaît toujours pas la vraie origine du codex, reste qu’il a été un immense pas en avant pour le livre. Mais les Romains se déchirent à cause de lui. D’un côté, les païens et les Juifs veulent conserver leur bon vieux rouleau de papyrus, qu'ils ont l'habitude d'utiliser. De l’autre, les Chrétiens s'enthousiasment pour ce nouveau support pratique. On connaît la suite: les païens et les rouleaux de papyrus se sont lentement éteints jusqu’au VIe siècle. Le codex et plus tard le livre tel qu’on le connaît ont donc fait leur chemin dans nos sociétés. 

Aujourd'hui, l'ebook est-il le nouveau codex, le support qui va faire disparaître le papier, comme cela a été le cas pour le rouleau de papyrus? On ne le sait pas encore. Pour le moment, on retourne à la lecture de Guerre et Paix... sur papier.

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