France / Économie

Entre bluff et 49.3, quand Hollande revisite le débat sur la loi Travail

Temps de lecture : 2 min

La fin de quinquennat est marquée par la publication de nombreuses confidences du chef de l'État sur son action.

Une affiche d'opposants à la loi Travail, le 12 mai 2016 | JOEL SAGET / AFP
Une affiche d'opposants à la loi Travail, le 12 mai 2016 | JOEL SAGET / AFP

À quoi reconnaît-on une fin de quinquennat? À l'accumulation de premiers livres-bilan et à la parution accélérée de tout le (semi-)off que les journalistes ont retenu pendant quatre ans. Cette dernière quinzaine d'août est ainsi marquée par la publication du livre Conversations privées avec le président, d'Antonin André et Karim Rissouli, et par la parution dans Le Monde, sous la plume de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, d'une série en six épisodes sur «les secrets de l'Élysée» sous François Hollande. Deux publications qui jettent notamment une lumière nouvelle sur l'adoption tumultueuse de la loi Travail.

« On a été, je me mets dedans, au-delà de ce qu’on savait pouvoir être accepté par la CFDT. Cela a braqué. Et la menace du 49.3 a été très malencontreuse», expliquait François Hollande, le 11 mai dernier, aux journalistes du Monde. Un «bluff» qui n'a que partiellement fonctionné, comme l'écrivent Antonin André et Karim Rissouli, puisqu'il a fallu en passer par une seconde version du texte, après une première jugée «totalement déséquilibrée» par la centrale syndicale de Laurent Berger:

«[La méthode Hollande] s'est fracassée sur le mur de la loi Travail. Absence de concertation en amont avec les partenaires sociaux: même la CFDT, partenaire privilégiée, est rattrapée in extremis dans le cadre d'une deuxième version du texte. Absence de concertation avec la majorité: les députés socialistes n'ont pas été associés à l'élaboration de la loi. François Hollande a donné le sentiment de vouloir précipiter une loi explosive avec l'illusion que "ça passerait".»

Interviewé par les deux auteurs, le chef de l'État dénonce le «rôle néfaste» joué par le PS («Il a alimenté cette idée que nous aurions renoncé à notre ligne de concertation, de dialogue»), Jean-Christophe Cambadélis ayant souhaité fin février un «rééquilibrage» du texte. Mais il critique aussi «l'erreur majeure de communication» qu'a été l'annonce anticipée de l'utilisation de l'article 49 alinéa 3, via une phrase ajoutée in extremis par Matignon à une interview de Myriam El Khomri aux Échos:

«Sur la loi Travail, reconnaissons-le, il y a eu une prise de distance sans doute parce que la présentation du texte n'a pas été faite comme il aurait fallu. L'évocation du 49.3 par Myriam El Khomri dans l'interview aux Échos a été perçue comme un passage en force. Le passage en force n'est pas ma méthode. C'est celle de Manuel Valls, qui souligne qu'il "tiendra bon"...»

S'il a pu regretter (tout en l'assumant) la forme prise par le débat, François Hollande tient en tout cas le même discours aux quatre auteurs sur le fond: pour lui, la loi Travail n'avait pas pour but l'inversion de la courbe du chômage mais d'être «un exemple de ce que nous devons faire pour le modèle social français» ou encore «une loi qui [...] donne des arguments face à la droite, [qui doit] montrer qu'on avance».

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