Monde

En 1932, l'Australie a déclaré la guerre aux émeus (et l'a perdue)

Temps de lecture : 2 min

«Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux»

Emu | Kiwi Flickr via Flickr CC License by
Emu | Kiwi Flickr via Flickr CC License by

Quelques années après la fin de la Première Guerre mondiale, et sept ans avant le début de la Seconde, l'Australie a elle aussi mené une guerre sur son sol. En 1932, le pays a décidé de déclarer la guerre aux émeus.

Les émeus, ce sont ces gros oiseaux, incapables de voler, et qui ont causé visiblement pas mal de soucis aux agriculteurs de l'ouest du pays, explique Atlas Obscura:

«Ils vivaient des moments difficiles avec leurs récoltes, après la Grande Dépression, et ces difficultés se sont décuplées avec l'arrivée de 20.000 émeus, qui migraient vers l'intérieur des terres, lors de leur période de reproduction. Les agriculteurs ont fait part de leurs inquiétudes au gouvernement, qui a fait appel à une députation d'anciens soldats de la Première Guerre mondiale, qui ont demandé à pouvoir utiliser des mitrailleuses pour combattre les émeus.»

Des oiseaux en fuite

Une vidéo republiée l'année dernière par British Movietone montre d'ailleurs bien l'ambiance assez folle qui règne à l'époque, et comment les forces australiennes s'en sont prises aux émeus.

«Cette fois-ci, les oiseaux ne ruineront plus les agriculteurs, le vent a tourné. Aucun dégât ne sera fait ici à l'avenir.»

Le petit problème, c'est que ce n'a pas vraiment été le cas ensuite. Résultat, Cracked classe cette histoire parmi les cinq moments les plus gênants dans l'histoire de la guerre. Il faut dire que les émeus ne se sont pas laissés faire. «Seuls quelques-uns sont tombés sous les balles, les autres s'échappant sans laisser de trace. Et la plupart des oiseaux qui se sont enfuis avaient clairement été touchés. Ils n'en avaient simplement rien à foutre des balles.»

L'invulnérabilité de tanks

National Geographic souligne que les oiseaux étaient visiblement «plus intelligents et rapides que ce que les soldats ne l'avaient anticipé». Résultat: après avoir tué tout juste 300 animaux, Melbourne a exigé un cessez-le-feu. Après leur retrait, le Major Meredith était visiblement impressionné par la résistance des oiseaux, indique le Sunday Morning Herald:

«Si nous avions une division de l'armée avec une capacité à encaisser les balles comme ces oiseaux, elle pourrait affronter n'importe quelle armée dans le monde... Ils peuvent faire face à des mitrailleuses avec l'invulnérabilité de tanks.»

Finalement, les Australiens sont repartis au combat à la demande des agriculteurs. Mais après 986 autres oiseaux tués (avec 9.860 balles), et 2.500 blessés, les émeus ont commencé à susciter une certaine sympathie, et la presse a commencé à se moquer de cette guerre. Après des débats sur une solution plus «humaine» pour se débarrasser des émeus, l'armée a finalement reconnu sa défaite. Comme l'indique National Geographic, les habitants ont essayé de faire revenir les soldats pour finir ce combat pour le gouvernement a toujours refusé.

Si pendant des années les émeus ont été chassés, depuis 1999, une loi fédérale les protège. Aujourd'hui, ils semblent plus nombreux qu'avant la colonisation européenne. Et dans certains cas, explique ABC, ils sont élevés pour leur huile, ainsi que pour leurs plumes et leur viande.

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