Culture

Les expériences terrifiantes de la CIA qui ont inspiré «Stranger Things»

Temps de lecture : 2 min

La série évoque le surréaliste (mais bien réel) programme MKUltra développé par la CIA dans les années 50.

Image extraite de la série «Stranger Things» | Netflix
Image extraite de la série «Stranger Things» | Netflix

Cet article contient des éléments clés sur l'intrigue de la série Stranger Things.

C’est sûrement la série de l’été. Stranger Things, jolie madeleine de Proust pour fans de SF des années 1980, raconte et mêle l’histoire de la disparition d’un garçon de l’Indiana, des apparitions monstrueuses et une conspiration gouvernementale. On connaît toutes les inspirations issues de la fiction (Spielberg et Stephen King en tête), mais l’on connaît moins les références réelles à l’histoire des États-Unis, et plus particulièrement à la CIA, l’agence de renseignement américaine.

Dans la série, on aperçoit sous forme de flashbacks des tests menés sur le personnage d’Eleven. Le docteur Brenner, son père, lui branche des électrodes ou l’envoie dans une cuve de privation sensorielle pour profiter de ses dons «psychokinétiques» et espionner l’ennemi soviétique à des milliers de kilomètres de là. Cet aspect narratif, très important dans la série, n’est pas un hasard si l’on en croit les créateurs de Stranger Things, les frères Duffer. Dans une interview accordée au site Vulture, ils expliquent:

«Quand nous avons commencé à parler de l’idée [pour la série], nous avons évoqué une intrigue portant sur la disparition d’un enfant aux dons paranormaux. Puis nous avons parlé de quelques-unes des mystérieuses expériences menées par le gouvernement que nous situions vers la fin de la Guerre froide, pile au moment où des [projets] comme MKUltra commençaient à refaire surface.»

Des tests sous LSD pour créer l'ultime sérum de vérité

MKUltra est un nom très familier pour les fans de conspiration puisqu’il désigne un programme illégal mais bien réel lancé par les services secrets américains. Sur son site, le Guardian explique en quoi il consistait précisément:

«Un programme secret de la CIA a commencé dans les années 1950, son champ de recherche s’est largement étendu du contrôle de l’esprit à la télépathie en passant par le sixième sens, la guerre psychologique et la “vision à distance”.»

WIRED avait déjà écrit début 2010 un article très intéressant sur le début du programme, évoquant notamment le développement de «pilules d’amnésie pour créer des superagents de la CIA qui seraient immunisés contre les techniques de contrôle de l’esprit de l’ennemi». «Plus de trente universités et institutions ont participé à la recherche financée par la CIA, écrit alors WIRED, même si elles n’étaient pas toutes au courant que le bénéficiaire était l’agence.»

Malgré la fin du programme en 1973 et la destruction des documents détaillant les procédés employés, une commission sénatoriale découvre en 1977 que des expériences étaient menées à l’aide d’une drogue particulière, le LSD, «dans l’espoir qu’elle serait l’ultime sérum de vérité, capable de briser les défenses des agents ennemis.» Il faut également savoir que la CIA effectuait ces tests sur des patients souffrant de maladies mentales, des prisonniers, des personnes accros à la drogue, des prostituées… Bref, des «personnes qui ne pouvaient pas se révolter», comme l’a expliqué un officiel de la CIA au New York Times en 1999, qui écrit également qu’un patient a reçu la drogue 174 jours de suite.

Depuis, conclut le Guardian, le programme MKUltra alimente la fiction américaine. Les séries X-Files et Fringe l’ont fait à la télévision, et George Clooney l’a tourné en dérision dans le film Les Chèvres du Pentagone (adapté d'un roman de Ron Jonson), où il était censé utiliser ses pouvoir paranormaux pour... abattre de pauvres et innocentes chèvres.

Slate.fr

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